‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 546 sur 622 · D'uiircî Bcccatirii qui l'appelle Rusignoli · texte numérisé non relu

D'uiircî Bcccatirii qui l'appelle Rusignoli

2. Salicpti au Directoire, 2.'^ mai (Arcli. Nal., carton 183, liasses 849 à 853).

3 Lamliert, onlonnatciir en clicl', à Bonaparte, 18 mai (Arcli. G.), soit 1,227,178 livres, IC sois eu nionuaii.' ilc Parme.

■i. Carnet ■■ Bcnai.artc, Iti mai (g"' .lumiiii, t. VIU, p. 379). Lanfrey, t. 1°'. p. ilC, A p.iif'iitemei^i discerné que ^es actes d'iialiile et généi-eiise politique ont ",tc, lion pas seM'cm^nt S'iggiirôs, iv;ais imposés par le Directoire a Bonaimrte.

Ce n'est que le 24 mai, au moment de son départ de Milan, comme en recliignant et avec embarras, qu'il se décide à écrire une lettre aux municipalités de Milan et de Pavie pour faire rouvrir les cours de l'Université de Pavie, afin de lui « redonner une existence plus brillante ' », et qu'il envoie à Barnabe Oriani cette lettre fameuse dont il s'est targué depuis^, comme si elle provenait de son initiative toute spontanée, alors qu'elle lui était dictée et qu'il ne s'acquittait que tardivement, et presque du bout des lèvres, de cette noble mission :

« Les sciences qui honorent l'esprit humain, les arts qui embellissent la vie et transmettent les grandes actions à la postérité doivent être spécialement honorés dans les gouvernements libres. Tous les hommes de génie, tous ceux qui ont obtenu un rang distingué dans la République des lettres sont Français, quel que soit le pays qui les ait vus naître. »

« Les savants dans Milan n'y jouissaient pas de la considération qu'ils doivent avoir. Retirés dans le fond de leur laboratoire, ils s'estimaient heureux que les rois et les prêtres voulussent bien ne pas leur faire de mal. »

« Il n'en est pas ainsi aujourd'hui; la pensée est devenue libre dans l'Italie. Il n'y aplus ni inquisition, ni intolérance, ni despotes. J'invite les savants à se réunir et à me proposer leurs vues sur les moyens qu'il y aurait à prendre, ou les besoins qu'ils auraient poui' donner aux sciences et aux beaux-arts une nouvelle vie et une nouvelle existence. Tous ceux qui voudront aller en France SCI ont accueillis avec distinction parle gouvernement. Le peuple franc.ais ajoule plus de prix à l'acquisition d'un savant mathématicien, d'un peintre de réputation, d'un homme distingué, quelque soit l'état qu'il professe, qu'à celle de la ville la plus riche et la plus populeuse. »

Oriani, abasourdi, vint en personne le remercier, « tout interdit», timide, ne pouvant parler. « Il revint enfin de son étonnement : Pardonnez, me dit-il, mais c'est la première fois que j'entre dans ces superbes appartements, mes yeux ne sont pas accoutumés. Il ne se doutait pas qu'il faisait, par ce peu de paroles, une critique amère du gouvernement de l'archiduc'. »

Si, par ordre et par nécessité, Bonaparte réquisitionnait, il s'efforçait du moins d'apporter de l'ordre dans le versement et la gestion des contributions. Il se méfiait de la plupart des administrateurs, des fournisseurs et munitionnaires, tous gens aux

1, Bonaparte aux municipalités de Wilan et de Pavie, 24 mai (Arcli. G,).

2, Bonaparte au citoyen Oriani, astronome, 24 mai (ArcU. G.). '6. Bonaparte au Directoire, 21 juin (Arcli. G.). " .

aguets pour réaliser sans risques de gros bénéfices. Fort de Tapprobatiou du Directoire qui l'engageait à faire des exemples, « seul moyen d'extirper cette fureur de rapine que l'impunité et la connivence ont étendue si désastreusement" »,il était parfaitement résolu à faire « tomber la première et la juste punition >< sur ces « vauipires débontés », mais le loisir manquait ; et d'ailleurs n'étaient-ils pas de ceux qu'il fallait encore ménager? « L'administration était si horriblement gangrenée » qu'on n'a pu encore tout corriger et ce n'est que peu à peu queles dilapidateurs seront démasqués ^.

Pour l'instant donc il se borna à prescrire l'envoi à Gênes, — puisque les créauciers génois étaient les plus exigeants, — de toute l'argenterie et de tous les bijoux, entre les mains du banquier Balbi, sous la surveillance de Faipoult. Balbi était cboisi pour dépositaire, parce que « c'est le négociant de Gênes dont la fortune et le crédit sont le mieux établis. Sa probité est généralement reconnue; il s'est montré, dans des temps difficiles, véritablement ami de la France. Nul autre par ses principes et sa solvabilité ne nous a paru plus digne dans le pays de la confiance nationale ^. »

Le Directoire avait d'autre part désigné pour le recouvrement des contributions un agent nommé Pinsot que Salicetivit arriver avec un certain déplaisir, et qui s'installa au palais Greppi, dans le lieu même qu'habitait Saliceti*.

Il fallut en outre en venir à une extrémité nécessaire que Bonapaite et Saliceti préparaient depuis six jours, et qui s'imposait

1 . Carnot à Bonaparte, 16 mai (g»' Jomini, t. VHI. p. 378. « Point de quartier pour les admiiiisti'ateurs mlidèles ([ui dcvorcnt les sulisislancos et dilapident les ressources des armées républicaines. .. Vous êtes sur les lieux. ; vous connaissez leurs turpitudes et leurs vols scandaleu.x, faites-en des exemples nécessaires... « Dans une lettre antérieure, du 7 mai (Jomini, t. VIII, p. 372), le Directoire avait désigné un quatrième ordonnateur, Foulet, en sus de Lambert, Sucy et Gosselin, avec autorisation de nommer ordoimateur en (•lief celui que désirerait Bonapai'te. D'autre part, Gandolplii, « observateur à l'armée d'Italie >>, dénonçait pour malversations Constautin, garde-inagasiu des fourrages àLoano; Botiny, expert dans les vérifications ; Tumin et Gayet, inspecteur et sous-inspecteur; Rey et Carbouel, garde-magasins; Jeaa Batta-Lodo, etc. (Arcli. Nat., série AF III, carton 183, liasses 84^ a 853.)

2. Saliceti au Directoire, mai 1796 (Arch. Nat., série AF III, carton 185).

3. Saliceti au Directoire, 23 mai 179G. Arrêté du 20 mai, l»' prairial an IV, qui prescrit l'envoi à Balbi de toutes matières, l'autorisant à payer les lettres de change. Second arrêté du même jour, autorisant l'ordonnateur à ne dresser que des inventaires sommaires et descriptifs (Arch. INat., caiton 185).

4. Pinsot n'arriva au quailier général que le 7 ou S juin, s'il faut en croire la lettre

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Cil raison des circonstances devenues pins délicates. On ne pouvait abandonner en ellet au Congrès d'État de Milan tel qu'il était composé, le soin dont il était chargé de répartir les contributions de laLomJjardie; on en changea en bloc les membres. Antonio Battaglia, Albcrti Allemagna, Carlo Strataforella et Cristoforo Busti, « sur les témoignages de leur patriotisme et de leurs talents », furent nommés en remplacement des treize personnages qui s'y trouvaient de par la grâce de rarchidnc, et durent entrer iminédialement en fonctions •. Il est évident qu'il importait d'écarter des emplois publics « les créatures de l'Empereur et de l'archiduc*», « les personnes qui, nommées par Ferdinand, ne peuvent mériter notre confiance * », et qu'un gouvernement entièrement nouveaunepeutmaintenir ni l'organisme, ni les hommes du passé*. Que ce fût le club des patriotes qui fût l'instigateur de la mesure, ainsi que des nouveaux choix qui furent faits, c'est assez vraisemblable, mais on ne saurait l'accuser d'avoir été ainsi «cause de tout le mal= », car, c'était là, à plus ou moins bref délai, une nécessité inévitable.

La réforme dut au contraire s'étendre à toutes les autorités, car Bonaparte, en prévision des résistances qu'il devinait, ressentait le besoin de s'appuyer auprès de la population sur des magistrats en lesquels il pût placer toute sa confiance, et qui, issus de la population, devaient exercer sur elle une réelle influence.

Si le Congrès d'État, chargé de l'administration dans toute la Lombardie, était provisoirement maintenu en tant qu'institution, son personnel fut entièrement renouvelé, réduit au nombre de 43 à 4 membres, et n'exerça ses pouvoirs que sous la surveillance et l'autorité des Français. Si, dans chaque commune de la Lombardie, on maintenait également les administrations municipales •=, Bonaparte entendait par contre supprimer purement et simplement les autres rouages, émanation directe et incarnation de l'ancien système gouvernemental aboli.

Avant tout, cette gaiiita créée in extremis, le 9 mai, par édit de l'archiduc, au moment de sa fuite, pour exercer en son absence

du 8 juin, de Bonaparte à Ramel, ministre des finances, dont copie aux Arcliives de la Guerre.

1. Arrêté, signé de Bonaparte et Saliceti, daté du 3 prairial, 22 mai, nommant pour remplir les fonctions de la Congrégation d'État (Arch. Nat., série AF III, carton 185, liasses 849 à 8o3).

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