‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 558 sur 622 · Cusani, t. IV, p · texte numérisé non relu

Cusani, t. IV, p

officier impalicnté ne l'avait jeté à terre, en le traitant de fou, de coquin, et en le rouant de soufflets et de coups '.

Le système do réquisitions, loin de se ralentir, fonctionnait à jet continu, et à la contribution générale de 20 millions Tenaient s'ajouter des réquisitions en nature qui devaient être remboursées sur le produit de la contribution ou venir en défalcation, promesse qui ne fut pas plus tenue qae beaucoup d'autres analogues.

« L'Italie était une ferme qu'on exploitait sans pitié ; la guerre n'était plus qu'une opération financière bien conduite*. » En outre, « aux confiscations officielles, se joignaient les rapines particulières^ ». Le 21 mai, enfin, un arrêté de Bonaparte et de Saliceti autorisait, «vu l'urgence», l'ordonnateur en chef à requérir, pouiobvier au dénuement de l'armée, le drap nécessaire pour 15,01)0 habits, 50,000 vestes et 50,000 culottes, 100,000 chemises, 20,000 chapeaux, sans compter 2,000 chevaux de trait. Tout cela livrable dans les huit jours et sous la surveillance des agents militaires chargés des « moyens d'exécution qui pourront faciliter » la réquisition *.

Les spoliations ne se limitaient pas, on le sait, aux objets de première nécessité et s'étendaient aux œuvres d'art et de science, aux tableaux et aux statues. Milan, par ses mille églises, ses riches bibliothèques, offrait à l'avidité du vainqueur des trésors d'un prix inestimable. S'il n'était pas possible « d'extraire » la grande fresque de Vinci : La Cène, juste orgueil des amateurs d'art milanais, on enlevade Sainte-Marie des Grâces et des autres églises, des chefs-d'œuvre du Titien, de Salvator Rosa, de Bernardo Luini, de Giorgione, de Procaccini et de Gaudenzio Ferrari. La Bibliothèque Ambroisienne se vit ravir par le commissaire Poignon, d'autres toiles des plus illustres peintres; les cartons de l'Ecole d'Athènes par Raphaël ; le fameux papyrus de Flavius Josèphe « ayant onze cents ans » ; un Virgile, annoté par Pétrarque ; des manuscrits de Dante, de Galilée, des parchemins, des dessins de Léonard de Vinci, des vases étrusques. A Brera, on enleva

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