‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 567 sur 622 · Ordres à Augereau. à Sérurier, 19 mai (Arch · texte numérisé non relu

Ordres à Augereau. à Sérurier, 19 mai (Arch

A la vérité, avant de se lancer dans cette nouvelle et périlleuse enti'epi'ise contre un adversaire renforcé, Bonaparte aurait désiré combiner ses mouvements avec Moreau et l'armée du Rhin. Il imaginait, dès le 11 mai, « qu'à l'heure qu'il est on se bat sur le Rhin'», mais il imaginait mal. Bien qu'il redoutât, non sans raison, que l'armée d'Italie, agissant seule, courût le risque d'être « écrasée », il allait pourtant falloir qu'il marchât seul, puisque l'armée du Rhin s'éternisait dans ses cantonnements, par ordre peut-être du Directoire qu'épouvantait le plan grandiose de Bonaparte d'aller, par le Tyrol, donner la main à Moreau, au cœur de la Bavière. Il semblait que Carnot, déplaçant les réalités stratégiques, voulût, tout au rebours du bon sens, laisser l'armée de Sambre-et-MeuseetccUe deRhin-et-Moselle,«dansle dénuement le plus extrême » attendre la moisson, attendre que l'Autriche « consternée » eût « distrait des forces de ses armées sur le Rhin pour les opposer aux nôtres en Italie- ». Il semble que la théorie inverse eût été plus juste, puisqu'on ne pouvait accorder à l'armée d'Italie un efl'ectif en rapport avec les services qu'on attendait d'elle. En ne tentant pas de diversion en temps utile sur le Rhin, on risquait de voir Bonaparte vaincu, l'Italie perdue, mais qu'importait à Carnot? L'Italie, il n'en faisait « pas plus de cas que d'un crachat' »; et quant à distraire des renforts au profit de Bonaparte, si Barras cède aux plaintes de celui-ci et propose de faire appel au généreux Iloche, Carnot s'y oppose obstinément*.

Carnot avait beau flatter Bonaparte, en lui disant plaisamment que « les carabiniers à pied de l'armée d'Italie ont procuré, par leur valeur, des moyens de remonter les carabiniers à cheval de celle de Rhin-et-Moselle^ » , le jeune général n'était point dupe de ces caresses et comprit bien que le plan temporisateur de Carnot qui le privait du concours de Moreau et de Jourdan, était la condamnation du sien, pourtant « si digne de la République, de l'armée et des destinées de la France " ». Mais comme l'armistice sur le Rhin n'expirait que le l®''juin et qu'il ne pouvait vraiment attendre cette date pour en finir avec Beaulieu, il résolut d'affronter seul la lutte. Une telle perspective n'était point faite d'ailleurs pour l'effrayer, avec l'armée qu'il commandait, et dont il allait exalter encore le moral par une de ces vibrantes proclamations « A ses frères

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