‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 57 sur 622 · Michelet, t. II, p · texte numérisé non relu

Michelet, t. II, p

3. Un volontaire de 1702 (le g»' Mireiir), par Jean Lombard. — Voir également dans le Carnet de la Sabretac/ie de mars 1898, un article sur la Loge de » Saint- Louis », à l'orient du régiment d'infanterie du Roi en l'an 178 i, où il est rappelé

créant dès le début, presque dans chaque cité, des relations favolables parmi des hommes habitués à diriger l'opinion de leurs concitoyens et susceptibles de créer un foyer d'agitation et de propagande.

Cette terre des merveilles antiques allait voir s'édifier une autre merveille, celle de sa fortune. Il en avait comme le pressentiment, et d'instinct autant que de réflexion, son ardente prédilection le portait vers ce pays où, nouvel Antée, il devait, en frappant le sol du pied, y puiser des forces suprêmes.

Tout se réunissait donc chez lui, naissance, passé, penchants, aptitudes, relations, pour échauffer en son cœur ambitieux Tardent désir de conquérir des lauriers dans cette Italie dont le sol l'attirait, comme s'il en devait tirer une force secrète ». Tout frais émoulu de sa petite île de Corse, tout plein des parfums rustiques de son pays, si semblable par le langage à l'Italie et où revit encore, dans les mœurs, la sombre Italie du moyen âge, avec ses continuelles rivalités de famille, ses meurtres quotidiens, ses guerres intestines incessantes, il se trouve vraiment comme chez lui sur cette terre qui lui rappelle par tant de points la terre natale.

C'est le hasard seul des événements quil'y a conduit; il y a vécu, confiné dans des rôles subalternes; il a pu quand même étudier le pays plus à loisir, en pénétrer le ressort, y discerner, avec sa rare sagacité, l'esprit, l'âme des peuples, la sienne au demeurant. Quand il dirige ses colonnes d'artillerie sur les ])ords de laRiviera, ou dans les sentiers de l'Apennin ; lorsqu'il les guide dans les premières plaines du Piémont, il aperçoit déjà, par delà, resplendir la route triomphale, blanche sous le clair soleil et le ciel bleu, bordée d'oliviers et de lauriers-roses. Il s'y voit en rêve, passer au bruit d'acclamations proférées dans la langue harmonieuse et sonore du lieu natal, qui lui donneront l'illusion si douce de rentrer en vainqueur au berceau qui le vit enfant.

L'Italie sera pour lui « ce que la Gaule avait été pour César; non seulement la route du pouvoir, mais le champ de manœuvre et le champ d'expériences de l'Empire. . . Il s'y essaie au gouvernement delà République *». Sa pensée évoque l'unité, la nationalité de l'Italie et il prononce le mot magique : Italiam 'I Son ardeur pour

(p. 148) que Masséna, alors qu'il était simple adjudant au régim' Royal-Italien, était Vénérable de la Loge « La Parfaite Amitié », spéciale au régiment. Artliur Cliuquet dans la Jeunesse de Napoléon, t, II, p. 31, s'est posé la question de savoir si Bonaparte était lui-même franc-maçon. Il n'a pu la résoudre, mais il incline visiblement pour l'affirmative. C'est également notre avis.

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