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un tel rêve estd'aulant plus profonde qu'ila « rame italienne, fille aînée de la civilisation moderne, imbue de son droit d'aînesse, obstinée dans sa rancune contre les Transalpins, héritière haineuse de l'orgueil romain et du patriotisme antique ' ».
Appelé au Comité de Salut public, au bureau des opérations militaires, ce petit Italien, « au teint hâve et livide, à la taille voûtée, à l'extérieur frêle et maladif ^ » que Pontécoulant regarde avec une curiosité sympathique empreinte de pitié, y complète encore par l'étude, par l'analyse d'innombrables rapports, lettres et documents de toute provenance, les notions profondes qu'il possède. Courbé sur ses cartes, il y prépare, il y combine, il y improvise, pour d'autres, pour Carnot, pour Doulcet de Pontécoulant, des plans de campagne dont il est si fort pénétré que, quand plus tard il les mettra en pratique, on pourra se demander, tant ils seront identiques à ceux de ses devanciers, s'il n'en est que le copiste, alors qu'il en a vraiment été l'inspirateur. Coup sur coup, fiévreusement, il les rédige, toujours semblables, mais toujours de plus en plus creusés, plus affinés et condensés, plus parfaits.
Nommé enfin au commandement en chef de celte armée d'Italie, mirage si longtemps poursuivi, il ne se sent pas encore suffisamment armé pour la lutte ; il ne croit pas s'être assez profondément imprégné de ce génie italien qui pourtant revit en son âme.
Il entend se nourrirplus intimementde son histoire, y chercher les affinités secrètes existant entre cette terre et sa propre nature^ afin d'en mieux assurer la conquête, matérielle et morale.
Son premier acte de général en chef* devance sa nomination ; c'est pour demander au dépôt de la guerre, dont le directeur est alors un ancien conventionnel, le général Calon, toute une série délivres, d'atlas et de cartes, où il va puiser ses inspirations ou plutôt confirmer et raviver celles qu'il a déjà, car ainsi qu'il l'a dit : « Ce n'est pas un génie qui me révèle tout à coup, en