ROLE DE LA CAVALERIE A LODP
L' « ordre du jour » du 11 mai, délimite exactement le rôle delà cavalerie : « La cavalerie a passé le gué à pied, malgré les difficultés qui se présentaient, et a poursuivi l'ennemi. » Rien de plus, et le rapport au Directoire, que nous avons cilé, confirme qu'elle fut « empêchée de donner ». Le colonel Rùstow, p. 136, dit également que Kilmaine et Beaumont ne trouvèrent pas les gués qu'ils chercliaient et que Bonaparte les attendit en vain. Faut-il mettre exclusivement sur le compte des difficultés du passagelc rôle à peu près nul joué à Lodi parla cavalerie? Une lettre confidentielle de Saliceti au Directoire, du 11 mai (Arch. G.), est plus explicite que les rapports de Bonaparte et accuse nettement la mollesse des chefs. Il y est ditquc « la cavalerie a mal secondé les autres armes ; qu'elle n'a rien fait, pas même exécuté les ordres ; que les officiers supérieurs y sont trop vieux ; qu'elle a apporté une négligence qu'on ne peut dissimuler; que les colonels, tous vieux, se soucient peu de se battre, n'ambitionnent pas de blessures, etc. ». Il constate que Kilmaine et Beaumont « ne me paraissent pas, et ne sont pas à coup sur par leurs principes, capables d'inspirer de la confiance et de l'énergie à leurs soldats ». Ceci est à rapprocher du mot de Masséna, doucement ironique, que Kilmaine «ne donnaitjamaisrienauhasard »,etde ce qu'écrit le lieutenant Desvernois que Beaumont, né comte, suspect par son origine, était pour cela antipathique à l'armée {Carnet de la Sabrelache, février 1898). Aussi, Saliceti, dans sa lettre, pose-t-il carrément la candidature du « citoyen » Murât qui « par son courage, par son audace, par les talents militaires qu'il a déployés, serait à même de remplacer très avantageusement Beaumont». Voir également Marmont: Mémoires, yi. 321, qui écrit à sa mère : « Il est difficile de dépeindre le peu de courage de