Voir p 528, note
regarde comme « peu de monde » la perte de ses soldats que Piuma estime énorme. On ne répond pas à de telles divagations.
Il est naturel toutefois que le colonel Graham s'étonne, en lisant le chiffre de Bonaparte, et dise, p. 231, qu'il est impossible que les Français n'aient pas plus souffert, alors qu'ils furent constamment •exposés à un feu terrible, obligés de se replier trois fois de suite à cause des ravages causés dans leurs rangs, et lui aussi s'en prévaut pour taxer Bonaparte de férocité et pourgémirde tantde sanginutilement répandu. La surprise de Graham s'expliquerait entièrement si les faits s'étaient réellement passés comme il le dit, comme l'a dit Bonaparte, mais nous croyons avoir montré qu'il n'en fut rien et que le danger couru par la colonne de grenadiers et de carabiniers fut très atténué par de petites circonstances accessoires, très heureuses, sans quoi elle n'aurait jamais passé. Du reste, il est puéril pour un vaincu de se consoler de sa défaite en exagérant les pertes de son adversaire et l'Autriche n'en est pas là.
Bonaparte a évidemment caché la vérité lorsqu'il a osé parlé de 150 h. tués ou blessés dans son rapport au Directoire; il ne l'a pas respectée davantage à Sainte-Hélène lorsqu'il accuse une perle de « pas plus de 200 h. ». Saliceli, le 11 mai, écrivait aussi au Directoire 200 h. (chiffre copié par l'adjudant-général Valcri). Le colonel Hi'islow. plus réservé ■que Graham, lîotia, Piuma, estime que les perles françaises ne furent pas inférieures à celles des Autrichiens; c'est aussi notre sentiment; et puisque les Autrichiens ont eu 335 h. tant tués que blessés, il nous parait adiMissiI)le (jue les Français ont perdu de 4 à UOO h. Tout chiffre, même approximatif, est d'ailleurs impossible à déterminer officieHement à cet égard. Les Histori({ues des demi-brigades engagées à Lodi n'indiquent pas tous le chilïrc des pertes; quelques-uns n'indiquent que les portes des compagnies d'élite. C'est ainsi que nous n'avons relevé que 20 h. tués et 50 blessés pour la 29"= légère qui passa le pont avec Dupas; la 27" légère (AUobroges) est muette sur ses pertes; la 32= note 4 h. tués, 9 blessés; la 18% 7 tués, 13 blessés; le iO' cliasseurs eut 4 tués, 3 blessés; le 15« dragons, 1 tué, 3 blessés; l'arlillorie, 1 sergent tué; on peut juger par ces quelques chiffres, les seuls connus, qui s'élèvent déjà à 37 tués, 78 blessés, que, en supposant les mômes chiffres pour les demi-brigades dont on ne connaît pas la perte, le total des pertes doit approcher bien près de 400, sinon de 500.
Quant aux officiers subalternes frappés, la 27= légère avait perdu le lieutenant Balland, des carabiniers, tué; la 29« légère avait eu l'adjudant-major Germain, tué; le capitaine François Philippe, blessé grièvement (Voir sur ce jeune officier, l'ouvrage d'André FoUiet : Les Volontaires de la Savoie, p. 237 à 239 et son « Journal de Marche », p. 273 à 306); la 18=, l'adjudant-major Thoiret; la 32", le lieutenant Doni, tous deux blessés.
Furent cités également dans la 29» légère le sergent-major Corte, le caporal Fontaine, le carabinier Vacher , le grenadier Laforge, de la 32«, qui seul tua 5 hulans et mit un escadron entier en déroule, etc. (Registre G. 3 a/6, Arch. G.).