‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 61 sur 622 · H. Taiiic, p · texte numérisé non relu

H. Taiiic, p

;!. U. Silvagni,t. U, p. 352 à 3C4.

i. Ahel Hugo, t. 11, p. Ti; g-i l'elleport, t. l", p. 37: X. B. Saintino, p. 32".

.'i. Conilii avait 22 ans, FrOdOiic II, 2'J ; Cyrns avait 30 ans, Alexandre, 22 et Annil)al, 20. On citerait maints autres exemples déjeunes généraux vaimiueurs à la Heur de l'àgo : Alcil)iadc avait 33 ans quand il couquit la Sicile : Alitliridate , 34 et Mai'ius

réniéraire, 32, à la bataille de Montldéry; Bayard, 36, à Agnadel: Frani;ois I»', 21, à Marignan; Henri IV, 37, à Ivry: Gustave-Adolphe, 36, à I.iitzen; Charles XII est tué a 3t) ans; c'est à 32 ans, que Turenn?, le prince Kugène et Montecucolli sont généraux en chef; Mariborough l'est à 38, et Guise délivre Metz à 33 ans. Les chefs vendéens sont fous jeunes; Cathclineau a 34 ans; Charcttc 30; La Rochcjaquelein, 22. A la l)ataill(î d'York-Town, La Fayette n'a que 26 ans et le duc d'Aumale n'en a que 2j quandil conquiert la Smala d'Abd-cl-Kadcr.

au firmament pour lui seul; il la voit et il la suit. Mais son fatalisme n'a rien de déprimant et ne paralyse en rien l'aclion, ni la parole qui doit lui conquérir, lui assujettir les âmes. Au début, du reste, la chance paraît tourner contre lui et fouette son sang ; il ne semble pas être le favori du destin. Non seulement il trouve une armée dénuée de tout, mais la marche sur Voltri le gène ; Augereau est en retard le 12 ; La Harpe le 13 ; Wukassovich surgit inopinément le 14; c'est miracle que ce jour-là son seul courage l'arrête '. Sa volonté opiniâtre ramènera la chance incertaine. « La Fortune, elle aussi, dans un tel homme reconnaît l'espèce qu'elle aime à servir * ».

Voici donc Bonaparte, avec son indomptahle résolution, sa science, son âpre vigueur, son génie, Bonaparte jeune, Bonaparte amoureux, Bonaparte atTamé, Bonaparte ambitieux, jaloux de conquérir pour Joséphine, pour les siens, pour lui-môme, illustration, gloire et fortune, le voici qui entre eu scène ! Il est jeune ; il est amoureux; il est pauvre ; triple raison pour l'éussir ! Il est instruit, capable, résolu ; il veut vaincre, il vaincra!

Moins pur qu'Annibal, moins généreux qu'Alexandre, son influence sur les destinées du monde ne peut être comparée, comme on le lit, à celle de Jésus. Son œuvre fut moins durable que celle de César ou de Charlemagne; son génie politique moins vaste que celui de Richelieu; son patriotisme moins intense, moins rare, que celui de Jeanne d'Arc; son rôle même dans la défense de la pairie inférieur à celui de Danton. Il a été pourtant plus puissant cl plus adulé que la plupart de ceux dont l'éclat devrait éclipser le sien. Jamais homme, jamais demi-dieu, ne vit le monde courbé devant lui dans une si universelle prostration. Jamais phénomène psychique ne se développa en plus favorables circonstances. Ce qui domine chez lui, ce quile place au même rang, sinon plus haut, qu'Alexandre, Annihal ou César, c'est l'instinct puissamment guerrier qui l'anime. Il n'a pas seulement le génie de la guerre; il en est le Dieu même. Son premier essai atteint, aux champs d'Itahe, la perfection idéale.

Si vigoureuse que fût l'impulsion imprimée par le général Bonaparte à l'armée d'Italie ; si prépondérante qu'y fût l'action puissante de son génie militaire, il ne fut point, il faut le rccon-

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