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une sorte de crânerie tapageuse qui touchait le soldat et pouvait le faire considérer comme «bravache plutôt que brave ». Au fond il était très certainement brave et même vaillant, quoi quon ait pu dire. « Il se montrait avec tant d'énergie et d'éclat, son audace était si entreprenante et si heureuse.., qu'il semblait prendre à tâche de prouver qu'il méritait la première place en exécutant les ordres... avec toute la vigueur dont il était capable... ' » a écrit de lui le général Victor qui le vit à l'œuvre sur divers champs de bataille. Aussi s'explique-t-on mal qu'un autre de ses compagnons ait pu écrire du même homme, qu'il était « d'une bravoure médiocre, disposant bien ses troupes avant le coml)at, mais les dirigeant mal pendant l'action, parce qu'il en était babilucUcment trop éloigné *»; et que lo sage Dcsaix ait pu le dire « soldat à peu prés ^». Ce ne peut être là qu'une imputation calomnieuse et Augcreau méritait plus de justice. Dans ces armées de la Révolution, où la bravoure n'était plus citée, tant elle y était commune, Augercau pouvait être considéré comme un des plus braves entre les braves. Si la noblesse de son caractère, son instruction, son éducation, avaient été à la hauteur de son courage, il eût marqué parmi les plus grands. Bonaparte l'appréciait bien ainsi, puisqu'il écrivait sur Augereau cette note : « Beaucoup de caractère, de courage, de fermeté, d'activité ; a l'iiabitude de la guerre ; est aimé du soldat ; heureux dans ses opéi'alions *. » Il faut s'en tenir sur son compte à cette opinion aussi éclairée que désintéressée. Il est vrai que lorsque Bonaparte la dictait, c'était au lendemain de Castiglioue ! Un an après, Augereau n'était plus qu'un « factieux », et même il le jugeait « bête et vaniteux '^ ». Plus tard encore, après la chute, Napoléon n'atténuait guère son opinion, inscrivant après la mention « bon général » accolée au nom d' Augereau, ce correctif, très explicable aloi's : « mais méchant homme... plein de défauts et de vices". »
Il est certain néanmoins qu'à part ses mauvaises mœurs et ses façons vulgaires, Augereau avait puisé dans la pratique de ses divers métiers militaires, une grande habitude des goûts et des besoins du soldat qu'il affectionnait et qu'il entourait de soins constants. Celui-ci le lui rendait en dévouement. Il avait acquis surtout cette science des manœuvres tactiques où il excellait, ce