Pièce du 6 mars 1780 (Arch. G
après les actes incohércnls qu'on lui prête si généreusement. Celui à qui le vieux et rude Kcllermann rendait le témoignage qu'il avait commandé, en 1793, le centre de l'armée en Italie, « avec la plus grande distinction' », n'était peut-être pas un grand général. C'était, en tout état de cause, un homme brave et un brave homme, qui avait dignement et vigoureusement fait son devoir pendant sa longue et pénible carrière, y récoltant trois blessures, sans jamais se couvrir du ridicule qu'on ne lui a cependant pas épargné après sa mort-.
Tels étaient les chefs des sis divisions d'infanterie de l'armée. Quant aux armes spéciales, artillerie et génie, elles avaient respectivement pour les commander les généraux Dujard et Vital, vieux officiers, presque sexagénaires, vieillis dans le métici', lents et routiniers, trop formalistes, tfop dépourvus d'iuitiative pour contenter l'actif génie de Bonaparte. Comme Dujard avait été son colonel au 4" régiment d'artillerie, il le ménagea quelque temps. Ne parvenant pas à vaincre son inertie, il le remplaça par le chef d'état-major Sugny, puis parle général Lespinasse, « vieil officier, brave de sa personne, et fort zélé ^ ». Dujard alla peu après périr misérablement sous les coups des Barbets.
Quant au général Vital, son expérience de vieil officier du génie était réelle, mais son activité, son zèle avaient quelque peu faihli avec l'âge, et il n'était « d'aucun poids dans le conseil * ». La présence à ses côtés du commandant Maubert, officier « doué do beaucoup de connaissances, d'un grand zèle, dune bravoure et
1. Kcllcrm;inii au Ministre de la Guerre, de Cliambéry, 22 iiluviûse V (Arch. G.).
2. Ou trouvera sans doute que uous nous souunes trû|) éleudus sur les erreurs cnriccrnaut le g"' Macquard, mais outre l'intérêt de la vérité à rétablir sur le crjiniife d'uu biave soldat, cette tào'lie nous a seuihlé d'autant plus uécessaire, lorsque nous avons vu « les blagues », de Marliot accuei'lies avec tant de faveur, non seulonient parle gros public, frivole en ses lectures, mais acceptées comme aiticle de foi, même par des ofliciers ou des historiens que leurs lumières auraient dû préserver d'une pareille trom]ierie. Ce u'est pas sans regret uou plus que uous avons vu un peintre militaire de grand talent, M. Eugène Gliafieron, consacrer ses pinceaux à fixer sur la toile, au Salon de 1S'J5, le pseudo-])ortrait de l'infortuné g«' « Macard », conformément aux données de Marliot. Si agié.ihle que soit la lecture de ces récits il faut bien se dire que les Mémoires de Marbot sont à l'éfiopée napoléonienne ce que sont pour les règnes de Louis Xlll et de Louis XIV Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas, suivis de Vinrit ans après et du Vicomte de Bragelonne.
3. Napoléon : Campat/nes d'Italie. — •■ Lespinxsse, vi';illard estimable, ffrand, figure ridée. >' (N'Oies du g»' Desaix ; .\rcli. G.)