Mémorial de Sainte-Hélène, 6 mv. ISn
5. Sur Stengel et le rôle utile et brilmnt qu'il joua à la bataille de Valmy, consulter le remarquable ouvrage d'Arthur Chuquct : Valmy, p. 63, 64 et 194.
masque puissant, aux traits durement accentués, son grand nez, sa mùclioire saillante, sa longue moustache tombante, rappelaient les rcîtres du moyen âge.
C'était un Allemand du Palatinat', servant la France depuis l'âge de seize ans ; un vrai hussard de ce régiment de Chamborant, « celui qui marche avant le Bon Dieu quand celui-ci part pour la guerre »; un homme de coup demain, actif, résolu, entreprenant, impétueux; qui « réunissait les qualités de la jeunesse à celles de l'âge avancé » ; sachant enlever ses escadrons, parce qu'il se prodiguait à leur tête et sabrait au premier rang. « Général- consommé..., excellent officier de hussards..., adroit, intelligent, alerte... c'était un vrai général d'avant-postes... Malheureusement il avait la vue basse, défaut qui lui devint funeste et contribua à sa mort. » Stengel, tout habile éclaireur qu'il fût, était capable, lui aussi, de déchaîner de ces « tempêtes équestres » qui désagrègent les bataillons ennemis, tout comme le fitMui'at, son élève au demeurant. Il était homme à se complaire au cliquetis des sabres entrechoqués et aux tourbillonnantes chevauchées.
Ce ne fut pas, à vrai dire, seulement la myopie de Stengel qui causa sa mort, mais la nécessité, pour lui, de prêcher sans cesse d'exemple à ses cavaliers, et s'il succomba, c'est pour avoir trop dû s'exposer. Lui disparu, personne ne le remplaça, et Bonaparte écrivait : « Depuis la mort de Stengel, je n'ai plus un officier supérieur de cavalerie qui se batte. Je désirerais que vous me pussiez envoyer deux ou trois adjudants généraux sortant delà cavalerie, qui aient du feu et une ferme résolution de ne jamais faire de savantes retraites ^ . » Mot cruel qui ne caractérise que trop le peu d'entrain des officiers de cavalerie de cette époque et de cette armée, où pourtant servaient Murât, Leclerc, Junot et Lassalle et où allait arriver Kellermann fils, le futur auteur des charges de Marcngo I
Des deux divisionnaires qui commandaient la cavalerie sous les ordres de Stengel, l'un, du moins, le général Kilmaine, « excellent officier* », n'était pas de ceux qui fuient l'occasion d'échanger des coups de sabre. C'était un véritable et profond génie militaire au dire de ceux qui l'ont approché ^.
Kilmaine était un géant Irlandais de 5 pieds 7 pouces^, aux cheveux blonds, aux prunelles bleu clair ; son nez long et
1. II n'était donc pas Alsacien, ainsi que l'indique Napoléon [Mémorial, ut supra.).