Saliccti au Directoire, 26 mars 179G (Arcli. G
2. Mémoire du clicf de batnillou du pénic Paulinier de Fontcnille; quatrième partie (Arcli. G.; 110 104).— D'après ce mcme mémoire, Cliauvet aurait été au mouicut de sa nomination à Tarmée d'Italie, secrétaire général des bureaux de la "ucrre
3. Bonaparte à Garnot, de Plaisance, 9 mai 1796 (Arch. G.). °
mais il n'a pas assez tle feu et de tête pour être en chef* . » Mais il fallait quelqu'un de grand, Il l'avait senti quand il disait qu'il faudrait <( un commissaire-ordonnateur en chef, habile et de génie. Je n'ai que des pygmées qui me font mourir de faim dans l'abondance, car je suis dans le pays le plus l'iche de l'univers *. » Quoi d'étonnant, dès lors, que Bonaparte eût à se plaindre : « Quant à la partie administrative, cela ne va presque pas, on ne tire profit de rien ; il n'y a ni ordre ni travail, ni activité^. »
Il fallut cependant que Bonaparte attendît trois mois*, pour que l'ordonnateur Denniée vînt prendre enfin la place si malencontreusement laissée vacante par Chauvet,,
Les entrepreneurs des divers services fonctionnèrent d'ailleurs à leur guise, sans que Lambert pût ou sût les réfréner, les surveiller, les uns accomplissant leur tâche en conscience, ou tout au moins avec régularité, les autres ne songeant qu'à se soustraire à leurs marchés pour s'arrondir et s'engraisser aux dépens de larmée et du pays conquis. Plusieurs d'entre eux semblaient du reste exercer une sorte de préemption toute naturelle, en raison des avances de fonds qu'ils avaient consenties au jeune général, oudes pots-de-vin, grâce auxquels ils avaientobtenu l'entreprise^. Le mal était aussi criant d'ailleurs avant l'arrivée de Bonaparte-, il était « général, érigé en système, en pleine organisation ». La masse des employés y était « dirigée vers un but unique, celui de s'enrichir à quelque prix que ce fût. Son dogme fondamental est c\n il faut faire sa fortune dans six mois ». Leurs appointements daiUeurs ne pouvaient suffire à payer même leur logement; aussi « auxvoleurs parinclination, se sont joints les voleurs par besoin », et il n'est sorte de procédés illicites auxquels ces ellrontés pillards n'eussent recours, dont celui de « diminuer les rations » n était pas le seul à rapporter de sérieux bénéfices. Gagner dO centimes par ration, 1,000 francs par jour, 30,000 francs par mois, était le minimum du gain, « ce qui paraîtra bien modéré ». En général, on évaluait à la moitié de ce que paie la République ce qui se consomme dans les magasins, les inspecteurs exigeant des fournisseurs « le salaire de leur complaisance », à ce point qu'un entrepreneur qui livrait 10,000 quintaux, obtenait un récépissé de 50,000. Ces a sangsues publiques ne prennent pas même le soin de cacher leurs brigandages*' ».