Bonaparte ;i Carnot, de Lodi, 11 mai 1796 (Arch. G
2. liMii.iiKirte au Directoire, île Clierasco, 28 avril IIDG (Arch. G.),
3. IJoiiaparte au Directoire, de Bologne, 21 juin 1796 (.Arch. G.).
4. .\iitoiiie Denniée, nommé le 12 prairial IV (31 mai 1796) ne rejoignit son poste qu'à Castiïlione. le 21 messidor IV ^9 juil. 1796) (Arch. G.).
•i. Foucfié aurait touché 500,000 Ir de la comp'' Flaehat (g"> Thiébault, t. III, p. 364). 6. Mémoire de Rcboul, du 23 lév. 1796 [Arch. Nation., sér.^AF III, cart. 183, liasse 849)
L'ÉTAT-MAJOR 9j
S'ils consentaient des avances de fonds, ils comptaient bien se faire rembourser ensuite avec usure, si la victoire les favorisait.
La compagnie CbrislopbeFlacbal, Laporte et Castclin eut l'entreprise des grains, concurremment avec la compagnie Flosque qui avait celle du blé, avec Hébert comme agent en chef des vivres-pain. La compagnie CoUot eut celle des vivres-viande ; la compagnie Auzou, succédant à la compagnie Navarre, Roy et Barry, celle des fourrages; la compagnie Jean, celle des transports de vivres; la compagnie Morel, celle des transports pour hôpitaux, effets et fourrages; la compagnie Thévenin, celle des transports des équipages militaires '.
Le Bernois Haller était administrateur général des finances de l'armée, dont le juif alsacien Cerfberr était un des banquiers. Le banquier génois Emmanuel Balbi, devait avec son associé Régny, servir de dépositaire, ou pour mieux dire de « receleur » à l'armée, négocier et encaisser les traites, monnayer les prises, être l'intermédiaire pour faire passer en France les richesses issues de la conquête et du vol, tant contributions forcées que rapines*. On le choisit parce qu'il était « le négociant de Gênes dont la fortune et le crédit sont le mieux établis » et qu'il s'était « montré dans des temps difficiles véritablement ami de la France ». Ses pi'incipes comme sa solvabilité dictaient la confiance*. Cela semble indiquer qu'il avait été avec Saliceliplus accommodant que les autres bailleurs de fonds à laporte desquels celui-ci avait en vainfrappé. Il fallait donc payer à Balbi ses complaisances.
En face de Haller et autres forbans autorisés, le rôle du contrôleur des dépenses devait être aussi dangereux que difticile pour un fonctionnaire probe et décidé à faire tout son devoir. Le Gros s'en aperçut au bout de peu de jours, et dut prévenir le Directoire que, depuis l'arrivée de Bonaparte, de Saliccti et de Chauvet, on n'avait plus «respecté » les agents de la Trésorerie, et que ce trio s'était fait rendre compte des fonds en caisse, ordonnant et réglant lui-même la dépense, arrêtant seul les états de distribution. Le Gros voulut représenter au général en chef qu'il ne pouvait disposer des fonds de la caisse que jusqu'à concur-
1. Ordre du 4 avril 1796 (P.eïistre G n» 5, du elicf d'Etaf-M.ijor, Arcli. G.).
2. Arroto de Bonaparte et Saliccti, du 20 mai 1796 {l"' prairial IV) prescrivant l'envoi à Gùncs, ès-mains de Balbi, de toute l'argenterie et bijoux qui se trouvent dans la caisse du payeur de l'armée ou ceux qu'on tirera du pays conquis; Balbi devra en outre payer les lettres de change que pourraient lirer sur cette place des princes d'Italie en acquit des indemnités ((u'ils doivent à la République. — Arrêté du même jour autorisant l'ordonnateur en chef à ne faire que des inventaires sommaires et descriptifs des objets d'argenterie et bijoux, avec distinctionde provenance, remis àBalbi sous la surveillance de Falpoult (Arch. Nation., série AF III, carton 185).
3. Saliccti au Directoire, 23 mai 1796 (Arch. Nation., série .AF III, carton ISo).
06 BOiNAPARTE EN ITALIE
rcncc du monlant des autorisations que la Trésorerie nationale adressait au payeur; Bonaparte le menaça de le faire « fusiller sur-le-champ, s'il apportait aucune entrave à ses mesures » , et le malheureux contrôleur, mis hors d'état de contrôler « n'insista plus' ». Il fallait bien lâcher la bride aux appétits d'Haller, de Saliceti, des fournisseurs, pressés de rattraper leurs avances! Que voulait ce bureaucrate importun avec de telles observations? A vrai dire, le service de la Trésorerie « tomba dans la confusion », et la conduite du général en chef risquait de trouver des « imitatours parmi les autres généraux à l'égard des payeurs des divisions », d'autant que le Trésor était placé à lavant-garde, exposé aux Barbets, à tous les accidents, « courant des dangers véritables» ; mais Le Gros le confesse : « Il n'y a rien à dire avec Bonaparte », ce qui nempèchait pas l'austère Salicetide s'écrier, dans un accès de vertu, qui chez lui, serait presque comique : « L'administration était si horriblement gangrenée », qu'on n'a pu encore tout corriger ; mais « peu à peu les dilapidateurs seront démasqués- ».
Enfin le Dii'cctoirc envoya un « commissaire pour les contributions », un certain Pinsol, qui arriva au quartier général dans les premiers jours de juin, « chargé spécialement de surveiller l'envoi et l'arrivée des sommes » prélevées sur les contributions et destinées au jninistrc des finances. Il devait les diriger sur « les endroits indiqués par le Gouvernement, après s'être concerté avec le général en chef ». Ce Pinsot qui « paraît entendre la partie du change », et dont Bonaparte attendait de « très grands services », se tint toujours à portée du général en chef et du payeur général de l'armée qui devait l'avisoi' de toutes les entréesdc fonds qui se ])roduiraient dans sa caisse''. Son rôle assez peu défini et mal déliu-ité ne pouvait qu'être une source de conflits. Il eut, comme on pense, à maintes reprises, discussions et disputes avec Saliceli, dont il divulgua les tripotages et qui riposta en l'accusant d'usurpation, lui reprochant de lancer des diatribes contre la République*.
Ces fournisseurs n'étaient pas tous, il est juste de le reconnaître, des filous, des vampires uniquement occupés à s'enrichir,
1. Rapport sur la situation du service de l;i Trésorerie à l'armée d'Italie, depuis l'arrivée du g»' lionaparte, aux commissaires do la Trésorerie Nationale ; envoyé au Directoire, le 18 mai 1796 (29 floréal IV), signé de Le Gros, certifié conforme par les commissaires à la Trésorerie Declerck, Desrcz et Gombault (Arcli. Nation., série AF m, carton 18o).
2. Saliceti au Directoire, avril ou mai 179G (Arcli. Nation., série AF III, carton 18S).
3. Bona|iarte au Ministre des Finances, de Milan, 8 juin 1796 ; instruction pour lo citoyen Pinsot, même date ; Bonaparte à Carnot, même date (Arch. G.).