‹ Bonaparte et le dogeChapitre 14 sur 21 · UN, HÉROS ET UN SAGE · texte numérisé non relu

UN, HÉROS ET UN SAGE

Pour faire raison de l'uu ou de l'autre, il suffit d'un imbécile armé d'un fer aigu. Recueil de Maximes,

C'ÉTAIT dans le palais Serbelloni, dans celte demeure somptueuse, toute en granit poli, en marbre, que le ciseau a creusé avec génie; c'était dans un cabinet situé au bout de la belle galerie, que trois jeunes gens travaillaien t. L'un, avec qui déjà on a tait connaissance, se

nommait Andoche Jiinot, aide-de-camp; il dédaignait les fondions paisibles de secrétaire, et dédaigneusement regardait parfois la plume qu'il écrasait dans sa forte main plus faite pour manier un sabre.

Auprès de lui, un au ire jeune homme, remarquablement beau , partageait le même travail; il portait aussi un costume mililairè orné des épaulettes de colonel ; l'écharpe annonçait qu'il était pareillement aide -decamp. Sur sa figure franche et martiale se peignaient de noiiles vertus; on voyait dans elle tout ce qui présage la générosité, la bravoure, les sentimens délicats; il était certain que celui-là fournirait une carrière dans laquelle trébucherait peut-être son camarade également investi de belles qualités, mais le surpassant par une prodigalité à tel point insensée, que l'empereur dirait unjourrlls sont deux que je renonce à pouvoir enrichir : Junot et Marmont.

Le troisième, dont je n'ai rien dit encore, possédait pareillement ces avantages exlé-

rieurs qui ont tant de prix au bel âge; homme distingué par l'expression de ses yeux, de sa physionomie, paré d'une taille superbe que laissait paraître dans toute sa perfection un costume élégant, il plaisait au premier instant, tout comme les deux militaires (hii ne l'était pas )J' mais il ne sortait pas aussi bien d'un examen attentif. Chaque fois qu'on parlait d'argent ou d'or; chaque fois qu'une forte somme lui était présentée, ou que, momentanément, et en dépôt, on lui confiait des millions, cetle physionomie riante, gaie, expressive, disparaissait; la bouche se contractait, les yeux, sortant de leur orbitre, dardaient des éclairs; on comprenait que celui-là ayant toujours faim et soif des métaux corrupteurs, céderait souvent au désir de les posséder, et, pour en avoir beaucoup, ne reculerait pas devant des actions déshonorantes.

— « Allons, Messieurs, puisque des messieurs nous sommes ', pressons-nous; le gé-

(i) Au sortir du règue de La Montague, et au moment 1. 17

lîéral a hâte de recevoir ce travail , disait le colonel Laiines, lui-même ne cessant d'écrire et sans lever la tête.

— « En vérité , dit Junot , j'aimerais mieux aller à la parade que d'être ici comme ces culs de plomb.

— « Qui te valent, Junot; car je suis noble, ajouta le troisième.

Junot. Je m'en moque.

Lannes. Fi du mal élevé !

Junot. Pourquoi ne dis-tu pas plus franchement? Vive celui qui ne déguise pas sa pensée !

Le troisièsie. Bah! je me moque bien de

des conquêtes de Napoléon en Italie ^ en 1796, l'armée d'Allemagne , commandée pai- Moreau, s'était trop frottée à la noblesse germanique pour n'en pas avoir repris un peu de la vieille politesse nationale ; aussi appelaiton les officiers de cette armée les messieurs. Celle de Napoléon, toute en rapport avec des républicains (les Italiens) , conserva plus long-temps la qualification populaire de citoyen.

Augereau prit texte de cette différence pour blâmer dans un ordre du jour la tournure féodale des officiers de Moreau. Ce que dit Lannes est une contre-vérité.

ET LE DOGE. iSç)

son opinion sur mon compte; s'il avait la charge de régler le prix du travail, à la bonne

beure A propos, Lannes, sais-lu ce que

tu devrais dire au général ?

Lannes. Quoi ?

Le troisième. Qu'il devrait avoir égard à l'augmentation de besogne depuis une décade, et la payer plus cher.

Jqnot. Mon gentilhomme , tu ne rêves qu'à de l'argent.

Le troisième. A quoi penser qui vaille mieux?

JuNOT. A la gloire.

Lannes. A la patrie.

Le troisième. Maîtresse en consistance de fumée; la mienne au moins on la voit, on la palpe.

Junot. Tiens, l'ami, regardes-le donc? vois sa bouche qui fait la moue, et ses yeux... la singulière expression!.... Il adore l'argent, et pourtant il n'est pas avare; c'est un panier percé... Hé bien, les Pantalons sont venus.

Le [thoisième. Se plaindre de. toi, certainement... tu as tellement fait l'extravagant!

JtJNOT. Si je le savais , je leur ferais manger mon sabre, ou plutôt je courrais à Venise provoquer en duel le doge et les inquisiteurs d'État.

Dans ce moment, un individu de trèspetite taille, non sans soupçon d'être bossu, entra presque furtivement.

— « Qui est-ce? demanda Junot que la mauvaise mine et l'air inquiet du personnage mécontentaient autant que la manière avec laquelle il s'introduisait.

— « J'ai une audience du général en chef.

— « Toi !

— - « Je suis le comte de M...

* — « L'espion... à la bonne heure; il y a ordre de vous admettre , mais pas avec les imbéciles, les honnêtes gens. L'ami, votre place n'est pas ici, à moins qu'en raison de votre titre, notre gentilhomme ne veuille vous faire les honneurs du salon. »

Le troisième secrétaire, que celte raillerie

ET LE DOGE. l6ï

offensait, se contenta de hausser les épaules. Le nouveau venu reprenant la parole, et s'adressant au colonel Lannes :

— « Citoyen, dit-il, à la décence de vos formes, je reconnais que vous êtes ici le chef; veuillez me conduire sans retard auprès du général en chef; mais sans retard, entendez-vous ?

Lannes. Alors , c'est donc bien pressé ?

— « Il y va de la vie de Bonaparte. »

A cette révélation qui tomba inopinée comme un coup de foudre, Junot, poussant un cri, s'élança vers une porte intérieure. Le colonel, se levant, vint avec empressement auprès du comte de M... et le pria de lui donner les lumières dont il aurait besoin pour sauver les jours de son chef. Le troisième ajouta, en postscriptum , quelques mots à une lettre, et la fît partir pour Paris.

Junot n'était pas encore hors du cabinet, lorsque le général entra par la même porte,

et si vite qu'il se heurta contre son aide-decamp ; aussi lui dit-il :

— « Étourdi , tu as failli me renverser. Où courais-tu ?

— « Vous sauver.

— « De quoi ?

— « D'un crime.

— « Qui le débite ?

— « Cet... homme... ce... comte. »

Napoléon, alors, regardant dans le sens que

son aide-de-camp lui indiquait , reconnut le pèlerin qui déjà l'avait vu avant que d'aller à Venise, et, faisant vers lui deux pas :

— « Ah! M c'est vous.

— « Oui, général.

— a Vous venez de Venise ?

— « J'en arrive.

— « Où allez-vous?

— « Ici d'abord , puis à Vérone.

— a Comment et ce prin... le préten...

le comte de Lille, y est encore? Hé bien , que brasse-t-il contre moi.^

— « Lui , Sire , il est incapable de pensée

ET LF DOGE. îlGS

de meurtre; mais d'où je viens, c'est différent.

— « Fort bien ; les Trois ont décrété ma mort... J'aurai leurs têtes avant quelamienne ne tombe.

— « Leur assassin est en route.

— « Quand arrivera-t-il ?

— « Aujourd'hui.

— u Seul ?

— « Non : on l'a mêlé avec le cortège du provéditeur Pesaro.

— « Qui ne sait rien de cette abominable trame, je le gage.

— « Et vous gagneriez; il aurait refusé sa mission s'il se fût douté qu'elle cachât un crime.

— « Oh! gouvernement amolli, énervé, avili, qui, n'ayant pas la force de pointer un canon , espère se sauver avec l'aide d'un poignard !

— cf A votre place, je chasserais dehors et déjà cette députation.

— « M..., je ne vous demande pas ce que

VOUS feriez à ma place; non seulement Pesaro aura son audience, mais encore il remportera la paix, s'il accepte, au nom delaSérénissime, ce que je lui proposerai. Je ne suis ni haineux ni vindicatif; je souhaite avant tout ce qui est au profit de la France. »

Un lieutenant annonça que le provéditeur Pesaro sollicitait une audience; que, pour marque d'empressement, il était venu au palais Serbelloni avant d'avoir pris du repos.

— « Entends-tu ça, Junot? et entends-le aussi, Bourrienne; toi, gourmand avant tout, toi, paresseux outre mesure.... j'en estime plus le signor Pesaro. »

Bonaparte, faisant signe au colonel Lannes, lui donna des instructions secrètes et promptes. Pendant ce temps, le comte de M... se sauva avec la frayeur de rencontrer les Vénitiens avant de disparaître; il donna un renseignement précis au héros, et, sortant avec Lannes, il acheva de compléter sa révélation.

Cependant Junot, tirant son large sabre, se mettait devant Bonaparte.

— « Que fais-tu ?

— « Mon devoir.

— « Comment !

— « Ces brigands viennent, qu ils me tuent avant toi!

— « A quartier pousse-toi, j'aime à voir qui m'attaque; je ne crains aucun danger.

— « Cela n'empêche pas que tous ces Italiens, à commencer par la Vénétie et à finir par la Corse , ne soient de satanés brigands.

— « Merci du compliment que tu me fais chaque jour.

— «Bah! es-tu Corse; toute la France te veut Français. Et certes qui a reçu un plus beau baptême de sang que toi ? »

Les deux battans de la porte donnant du cabinet dans la galerie furent ouverts avec fracas; une voix italienne cria : La sua eccellenza il générale di capo ( son excellence le général en chef). Aussitôt on vit venir de l'intérieur celui dont la gloire tarderait peu à peser sur le monde. Il portait un habit de général républicain à la mode de l'époque,

c'était un frac bleu, large, coupé droit, et puis finissant en queue de poisson; le collet rabattu; les manches, le tour des poches, la baguette, le long des boutons et des pans, étaient chargés d'une très-simple , très- médiocre broderie appliquée par principe d'économie; il y avait là dessous un gilet de piqué blanc dont on ne voyait que le haut, un col de soie noire, un pantalon rouge avec un large galon d'or aussi rapporté; des bottes à retroussis complétaient la parure. Je dois ajouter des cheveux poudrés, plats, s'alongeant de chaque côté, droits et coupés carrément au dessous de l'oreille, mode bizarre que le peuple de Paris désignait en disant qu'elle rappelait des oreilles de chien. Napoléon portait un petit chapeau fort crasseux ou déchiré comme si un coup de sabre l'eût atteint; un autre maigre galon le décorait, moins toutefois qu'un panache de plumes tricolores qui, dans les occasions solennelles, s'alliait à une large ceinture de soie et d'or, marque distinctive du général en chef. Un

simple ceinturon de peau soutenait cette bonne épée déjà si redoutable, et dont avant peu la renommée serait sans borne; enfin de forts gants en peau d'Espagne, parfumés et jaunes d'ocre, recouvraient ses mains qu'il avait merveilleusement belles : aussi sa coquetterie consistait à les montrer de temps à autre et à faire étalage de sa propreté excessive. Leur blancheur, leur mignonneté, frappaient les yeux, et par elles le héros devenait un petit-maître.

Si sa simplicité était excessive, outrée même, il ne l'étendait pas sur ses alentours; il voulait au contraire un grand luxe dans ses généraux, ses officiers d'ordonnance, ses aides-de-camp. Leur foule se montrait brillante, dorée, éblouissante; et, dans ce moment où tous restaient rangés derrière lui, ils formaient une muraille radieuse.

Les Vénitiens se présentaient en contraste. Le provéditeur Pesaro, procurateur de Saint- Marc, homme ayant déjà passé parles grandes charges de la république, ensevelissait son

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front sous la perruque patricienne qui lui était commune avec les deux sénateurs et les douze gentilshommes d'honneur. La coiffure exagérée de Louis XIV et de sa cour avait fait la conquête de l'Europe. La France, depuis quatre-vingts ans peut-être, l'avait abandonnée, et Venise, l'ayant accueillie, s'imagina de lui ouvrir le livre d'Or. En conséquence, si, dans le laisser-aller de la vie journalière, un noble vénitien se dispensait de la porter, il la reprenait dans toute son ampleur, aussitôt que l'État le conviait a une fonction quelconque.

Pesaro portait la robe violetle, longue, traînante, aux manches ducales, telles que celles des procurateurs, ornée, de plus, de l'étole et de la ceinture d'or. Les deux sénateurs avaient vêtu la robe rouge, et lesgentilshommes d'ambassade, celle noire et ordinaire aux patriciens.

Cette forme de vêtement bizarre rappelait aux Français les ex-conseillers au parlement de Paris-, il en résulta une sorte de considéra-

lion involontaire qui , dans le premier moment, donna presque de l'avantage aux Vénitiens ; cela dura peu. Le général en chef, à la suite des complimens de début, invita Pesaro à passer dans son cabinet, ce qu'il fit; les deux sénateurs le suivirent.

— «Signori, leur dit Junot, on ne passe pas. »

Pesaro, ayant entendu la défense intimée aux deux patriciens, s'arrèla et dit :

— « Si ces signori ne peuvent me suivre, ma mission est finie.

— « Je suis seul, répondit Napoléon, et je ne suis pas en mesure de faire assassiner un d'entre vous.

— « Que veut faire entendre la sua vostra eccellenza , demanda Pesaro en pâlissant, par ces paroles pénibles pour l'homme d'honneur qui doit les souffrir?

— « ProvéditeurPesaro, vos chefs, qui n'ont pas vos vertus, se livrent à des crimes qui, pour vous, seraient incompréhensibles. Il y a

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parmi votre suite un bravo chargé de me poignarder. » H

Aussitôt que cetîte révélation eut été faite, les aides-de-camp, les simples soldats, les Français, non en activité dans l'armée, et même les Italiens de la Lombardie, poussèrent ensemble un cri d'indignation et de rage; Junot et Lannes se précipitèrent devant leur général. Bourrienne se remit à écrire une nouvelle lettre et on l'entendit ruminer.

— « A la baisse , morbleu ! »

Les traits du procurateur blêmirent plus encore; une morne stupeur s'empara de toute sa personne. Les deux sénateurs ressentirent un contre-coup pareil. Les douze jeunes patriciens, accoutumés à une dissimulation d'enfance, tâchaient de se maintenir dans une indifférence jouée. Il n'en fut pas de même parmi leurs maisons respectives; ici fut vive l'émotion qui s'y laissa voir; tous ces visages s'enflammèrent, s'apâlirent. Qui redouta des Français la vengeance vénitienne ? Qui se

flatia d'être choisi en victime, à tel point le fanatismeestcapable d'égarer de clignes cœurs. Le seul Piédro, qui s'était senti découvert à cette accusation du général Bonaparte, se perpétuant dans son impassibilité sans pareille, releva la tête qu'il tenait inclinée, et promena fièrement autour de soi un regard impérieux. Sa contenance contrastait tant avec celle de ses camarades, que ceux-ci, par instinct, ayant reconnu le meurtrier, s'éparpillèrent dans la vaste galerie; si bien que le groupe du provéditeuretdeses deux acolytes, renforcé de celui des douze gentilshommes , fut le seul obstacle qui empêcha les yeux de Napoléon de surprendre, de leur premier regard, l'abominable secret qui éclatait dans toute la personne du fanatique Marni.

— « Général ! s'écria Pesaro indigné, prouvez celte accusation; votre gouvernement peut vouloir la ruine des meilleures familles de la Venétie; mais il fallait la demander par de moins odieuses inculpations.

— «Provéditeur, repartit Napoléon, je vous

le répète : on vous a trop estimé pour vous souiller en vous confiant une trame aussi odieuse; mais, quant au crime, on me l'a fait connaître, et, quant au meurtrier, lui-même se dévoile à moi. Français, Italiens, Yenètes, voilà le satellite de l'infâme tribunal des Trois.»

Pesaro, dans la vivacité de sa défense, ayant changé de place, avait laissé voir Marni toujours de plus en plus sous l'enivrement du coup de foudre qui venait de le frapper. En même temps, plusieurs Français se précipitèrent sur !e bravo qui déjà mettait la main sur son stylet. Il l'aurait lancé avec une adresse incomparable qui eût peut-être enlevé la vie à notre héros, si Lannes, plu? leste que ses camarades, ne fût tombé sur le Vénitien avec une vélocité dévorante qui ne laissa pas à Marni le pouvoir de développer sa volonté.

L'étreindre dans ses bras de fer élastiques, le renverser sur terre, saisir ses mains, arracher à la poche secrète le stylet de verre

signalé par Napoléon lui-niême, l'élever au dessus de sa tête, puis l'écraser sous ses pieds, le broyant à coups de talon de botte ; tout cela prit beaucoup moins de temps en réalité qu'il ne m'en faut pour le décrire.

La consternation se répandait dans le palais Serbelloni, Les Vénitiens , encore libres , formaient deux groupes , sur lesquels tous les Français portaient les yeux; là, nul ne parlait, à tel point la violence du cas commandait impérieusement le silence.

Piédro, écumant de colère et de honte , trahi sans savoir comment, sans conserver la consolation de la vengeance, se maintenait plus que tous les autres dans une réserve dédaigneuse. Bourrienne, qui venait dépasser dans la chambre à coucher du général en chef , où il avait surpris celui-ci avalant un verre d'eau pure, reparut presque soudainement pour demander de la part de Napoléon le provéditeur Pesaro.

— «Moi 5 dit le noble Vénitien.:, son excellence ne croit donc pas... ?

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— « Le général vous mande.

— « Seul ?

— «Non, avec les deux signori sénateurs; il veut en outre que l'assassin, fortement enchaîné, soit retenu ici très-près de sa personne, de manière à pouvoir être traîné devant lui , si une confrontation de lui avec tout autre individu devient nécessaire. »

On exécuta ce double commandement. PesarOy envisageant dans cette audience prochaine, qu'il n'espérait pas, un moyen de justification que lui réservait la Providence, quand elle semblait . s'être reculée de lui , jeta successivement un regard de satisfaction sur Lande et Da Ponte , et, se mettant à leur tête, passa dans l'autre pièce où, cette fois, il était impatiemment attendu.

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