‹ Bonaparte et les GrecsChapitre 17 sur 32 · LES DERNIERS ADIEUX DU KLEPHTE · texte numérisé non relu

LES DERNIERS ADIEUX DU KLEPHTE

a Hâte-toi ! Du bord étranger

Lance-toi ! Nage vers nos rives ;

Tes bras sont les rames actives ,

Que ton corps soit l'esquif léger !

Fends les flots mutinés sous ta large poitrine :

Que Dieu, que la Vierge divine Te conduisent au porti 0 fortuné séjour! Asile du conseil , rendez-vous de nos braves :

Cavernes , rochers , purs d'esclaves !

Âmi, te souvient-il du jour

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Où , joyeux de tant d'abondance , De deux chevreaux qu'avait conquis ma lance ^ Partageant les morceaux , et la coupe à la main , Chacun de nous chantait , égayant le festin? Ah ! si nos compagnons te voyant seul paraître

Te disent : « Où donc peut-il être? »

Ne leur réponds pas : « Il est mort ! » Non ; pauvret que je suis , fais-leur plaindre mon sort :

Dis-leur que fiancé sur îa rive étrangère

Mon épouse, c'est la poussière,

Que la pierre froide est ma mère ,

L'insensible caillou mon frère ; Qu'en vain vers mon pays mon regard s'est tourné , Que je ne verrai plus la place où je suis né 1 »

Un des traits remarquables de cette poésie est ce besoin d''animer tous les objets , de les faire participer aux revers ou aux bienfaits du sort. Les klephtes, qui improvisaient la plupart de ces chants pendant le repos, avant ou après les combats, adressaient leurs plaintes à une nature toute sensible. Ils liaient amitié avec les bois , les rochers, au milieu desquels ils habitaient : c''étaient autant de témoins de leur vie aventureuse, de leur gloire. Relégués loin des autres hommes, ils répandaient sur tout ce qui embellissait leur solitude la tendresse et la bienveillance dont leurs cœurs

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étaient pleins: ils étaient reconnalssans envers la source qui leur apportait ses eaux, envers Tarbre qui leur donnait son ombrage et ses fruits. Ces biens leur venaient du ciel: ils n^étaient pas soumis à la dime comme les productions de la plaine; leurs tyrans ne pouvaient les leur ravir, ni en altérer la pureté : c''était pour eux la manne du désert que Dieu envoyait à son peuple afin de lui rendre des forces pour continuer son pénible voyage jusqu''à la terre promise. On serait tenté de croire aussi que les klephtes respectent , dans les créations qui les entourent, cette puissance qui échappe à la main des hommes. Ils parlent aux fleuves, aux plantes, comme à des amis libres, comme à des êtres qui ne relèvent que du Créateur, et qui pourtant se laissent fléchir par la prière. Une femme arrive sur le bord d''un torrent, et le conjure de se faire petit, pour qu'elle puisse passer sur Tautre rive et rejoindre son fils '.

Les oiseaux qui égaient , par leurs chants , les heures de repos ou de veille, sont aussi des objets de prédilection pour les Grecs. Ils les

*- Recueil des Chants populaires de la Grèce moderne , par M, Fauriel.

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associent à leurs chagrins et à leurs joies. Un guerrier prisonnier ou tombé dans le combat, les charge d^aller annoncer sur ses montagnes natales sa mort ou sa défaite. C'étaient les seuls messagers que la tyrannie des Turcs leur eût laissé : aussi les invoquent-ils sans cesse.

LA MÈRE MORÉATE.

Si les gémissemens plaisent à ton oreille ,

3i, dans ton coeur blasé , la pitié ne s'éveille

Qu'aux cris du désespoir , A'iens , aborde en nos ports :

La mère y pleure un fils , le fils pleure la mère ;

Les larmes et le sang ont détrempé la terre ,

Et l'argile a manqué pour recouvrir les morts.

La Morée est en deuil ! à ces barreaux collées ,

Aux fenêtres , vois-tu ces femmes rassemblées?

Les vois-tu? plus obscurs que l'aile des corbeaux

Flottent leurs vêtemens en lugubres lambeaux.

Entends leurs cris plaintifs 1 De ses petits privée,

Moins triste la perdrix gémit sur sa couvée.

L'air saisit les débris de leurs cheveux épars.

Sur la mer suivras-tu leurs avides regards ?

Vois poindre à l'horizon , vois , sur l'onde apportée,

S'avancer une barque , et la vague agitée

Sur son dos écumeux balancer les vaisseaux.

« Barque , léger vaisseau , nacelle , » Avez-vousvumon fils? » — « Sou fils, que nous dit-elle?»

Etlti barque a fondu les eaux.

— « Son fils ! n'est-il que lui de martyr dans la Grèce? » Et la voile court sur les vents.

— « Ton fils? hélas I peu sont restés vivans , » Femme! nous plaignons ta détresse ;

» Mais si nous l'avons vu , signale-nous ses traits , » Et du malheur commun isole la misère. »

— « Mon fils est droit comme le droit cyprès ,

» Vaillant entre les Grecs , et beau comme son père.

» A son doigt brille un anneau d'or ; » Mais sa main brille plus , et bien plus son visage. »

— o Nous l'avons vu. Le sable de la plage » Est de son sang humide encor.

» L'aigle faisait festin ; les vautours menaient joie ; » Un seul, un bon oiseau, semblait plaindre son sort.

» Ah ! ne dédaigne pas la proie , »

A dit ton fils , avec effort

Ouvrant sa bouche desséchée , « Mais si tu plains ma vie à la gloire arrachée , •> Prête-moi ta vitesse , et porte mes adieux. » J'écrirai trois billets sur ton aile légère ; » L'un , quand ma triste sœur y jettera les yeux

» Fera pleurer ma pauvre mère :

» Quand ma mère à son tour lira , » Les larmes jailliront des yeux de ma maîtresse ; » Et quant aux derniers mots qu'exhale ma tendresse » Ma belle de sa voix prêtera la tristesse ,

» Ah I le monde entier pleurera ! »

Ce chant , composé anciennement , et qui semble faire allusion à cette dime de sang que les Turcs levaient jadis sur les Grecs, en s'em-

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parant de leurs enfans à la mamelle pour les faire musulmans et en recruter leurs armées ', est à lui seul un poëme plein dMntérêtet d^action : tout y fait image; Ton comprend jusqu''à la bizarre sympathie que le poëte établit entre cette mère désolée et ces barques cinglant à Phorizon, les voiles déployées, semblables à de beaux oiseaux qui , de leurs ailes blanches , effleurent à peine la surface de Tonde. Les nations de PEurope dont Pimagination est le plus refroidie par les progrès du luxe et d"'une civilisation qui dissipe tous les prestiges, ne sont pas tout-à-fait exemptes de Fillusion qui fait voir dans un vaisseau , un être animé, presque susceptible de sentiment et dépensée. Cette frêle machine, qui se meut avec tant de puissance et de grâce, qui domine et traverse les mers, qui nous transporte au loin dans des régions nouvelles , qui partage nos dangers , devient pour nous comme une seconde patrie à laquelle notre cœur s^attache. On a vu des marins chérir leur vaisseau

' M. Fauriel pense que cette chanson peut être applicable aux diverses calamités des Grecs, peut-être à une guerre, peut-être à cet horrible impôt. Voyez Recueil des Chants Grecs, p. i85, tom. II.

à régal d^un ami, et pleurer sa perte avec une douleur profonde. Chez les Grecs esclaves, cette affection était encore plus naturelle et plus vive. A bord de leurs nacelles ils retrouvaientla liberté: ils se confiaient sans terreur auv caprices des vents et des flots, couime s^ils eussent attendu appui et protection de tout ce qui n'obéissait qu''à Dieu. Ils semblent ne connaître d''obstacles que les Turcs : rendus à leurs rochers, à leurs forêts, à leurs barques, ils ne redoutent plus rien.

Une Souliote, au service de M. Pouqueville, entreprit de se rendre à Prévésa, éloigné de vingt-sept lieues de Pendroit où elle était. Le consul voulut lui faire seller un cheval: «Non, j'irai plus vite à pied. » — « Mais tu ne pourras faire vingt-sept lieues en un jour. » — « Oh! que si. » — « Les Turcs et les Albanais qui remplissent la plaine t'insulteront. » — « Ils n'oseraient : je suis Souliote'. Puis, est-ce que je passe par la plaine? je prendrai les montagnes. » —

' Elle ne s'exagérait pas la terreur qu'inspirait sa belliqueuse origine. Un jeune homme battu par elle vint se plaindre au consul. « Que ne le lui rends-tu? » — « Je m'en garderais bien. C'est une Souliote , elle me tuerait. » Elle portait toujours à ion côté un long coutelas dont elle eût su se servir au besoin.

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«Mais, malheureuse, tu y trouveras des loups.» — (( Je ne les crains pas ; je monterai sur un arbre. »

Cette intrépidité, commune à presque tous les montagnards de la Grèce, était le plus sûr garant de leur indépendance; et ce qu'elle aurait pu avoir d^eff rayant et de sauvage était adouci par les goûts les plus simples. Les klephtes jouissaient avec délices du beau ciel de la patrie, du parfum des fleurs, du chant des oiseaux. H y a quelque chose de profondément touchant dans cette alliance entre ce que la nature a de plus gracieux et ce quVlle a créé de plus fort. Ces hommes terribles qui dormaient les armes à la main , s'éveillaient pour écouter le rossignol. Tous portaient une lyre sur laquelle ils accompagnaient leurs improvisations. Ils passaient continuellement de Fexaltation guerrière aux douces joies des champs. Aucune chanson grecque ne donne mieux Fidée de ce bizarre mélange que celle du Tombeau du Klephte, qui est, d'un bout à l'autre, une peinture fidèle et poétique des mœurs de ce peuple, à part de tous les autres.

Le soleil se couchait ; Dimos parle , il ordonne : - — « Enfans , apportez l'eau pour le repas du soir.

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To! , près de moi , neveu : plus près... que jo te donne

Mon pauvre sabre ; en loi qu'ils puissent me revoir.

De mes armes couvert, sieds-toi leur capitaine !

— Vous , mes braves , mes fils , coupez de verts rameaux,

Qu'on en dresse ma couche , et courez dans la plaine

Quérir un confesseur qui soulage mes maux ;

Qu'il sache mes péchés : je fus Klephte , Armatole ;

Devant moi cinquante ans j'ai vu l'Albanais fuir :

Sur ma tète aujourd'hui la mort tournoie et vole,

Et mon heure est venue , et je m'en vais mourir.

Ah ! que je pusse encore assister à la charge 1

Que du fusil l'écho me répétât le coup !

Bâtissez mon tombeau : qu'il soit haut , qu'il soit large ;

Que j'y puisse viser et combattre debout!

Qu'à droite , une fenêtre , ouverte à l'hirondelle ,

Me laisse respirer les parfums du printemps ,

Et que le rossignol , de sa voix pure et belle ,

Me raconte que mai fleurit encor nos champs. »

Les Grecs ne comprennent pas la mort; pour eux tout est vivant, animé, même dans un tombeau'. Ce vieux chef, qui a résisté à cinquante ans de guerre , ne peut croire que sa vigueur s^éteigne ; il veut pouvoir se lever dans son cercueil,et répondre àPappel des braves qu"'il laisse derrière lui; il veut mourir sur la verte feuillée; il veut être égayé dans sa dernière demeure par la visite et le chant des oiseaux. Je ne connais

* Voyez les notes à la fin du volume.

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rien qui peigne un amour plus vif et plus vrai de la nature que ces quatre derniers vers.

De tout temps , la liberté plaça son trôp^ sur des rochers inaccessibles , loin des délices qui corrompent Tame , qui préparent à la tyrannie, et nous en consolent. Cest là que la vie a toute son énergie , que les plaisirs simples doublent d^intensité; c''est sur les montagnes que naquirent Tamour de Tindépendance et la poésie. L''écho apprit , le premier, la rime à Foreille ravie du berger nonchalant : le son retentissant et cadencé de Tonde , qui bondit de roc en roc, enseigna la mesure et les nombres. Les habitansduTaygète, de rOlympe, duPinde,de Souli, étaient sans doute inspirés par cette harmonie mâle et sauvage, quand ils chantaient les exploits de leurs braves, et qu'ils défiaient avec tant d'^audace leurs barbares oppresseurs.

STERGHIOS.

o Au Turc nos défilés 1 l'Albanais les foudroie : Qu'importe ! n'est-ce pas ma proie Que les cojiortes des pachas?

Le Klcphte ne flécliira pas Tant que de sa blanche couronne L'hiver viendra parer vos fronts,

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Rochers, où l'on mourt libre, cl qu'en vain environne

L'infidèle que nous bravons.

Sterghios est vivaijit I il rit de leur colère.

Plutôt du loup partager le repaire Qu'être parqués dans leurs palais impurs.

L'esclave a la ville et la plaine ,

Nous , nos rochers et liotre haine ; Mais pour pacha Dieu seul , et l'horizon pour murs ! «

Un des plus anciens et des plus populaires de ces chants guerriers est celui de Boucovallas qui , s'il faut en croire la tradition, remonte à plus d'un siècle. Le début en est si frappant, et prépare d'une manière si admirable au récit du combat, qu'on ne doit pas s'étonner qu'il se soit perpétué jusqu'à présent, et qu'il serve même de prologue à plusieurs autres pièces de vers. Ce chant a sur les Grecs un effet prodigieux ; ils le chantent en marchant contre les Turcs ; ils le chantent après la victoire ; quand ils sont rassemblés, pendant leurs danses, pendant leurs repas; enfin il semble convenir à tous leurs sentimens, à toutes leurs situations. Je crois qu'il faut attribuer cette popularité à l'expression énergique et particulière de ces vers, qui, dans l'original, ont une sorte d'harmonie imitative. Les mots se précipitent et peignent le désordre qui se met

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dans les rangs ennemis, la rapidité avec laquelle les coups se succèdent, enfin la défaite des Turcs.

BOUCOVALLAS.

Oli ! quel bruit! quel fracas 1 Egorge-t'on des Lœufs? Est-ce , au fond des forêts , se décLirant entre eux Le cri des animaux féroces ?

Non : ce n'est loups , ni sangliers, ni bœufs : Et la terre a tremblé comme si des colosses En courant y creusaient leurs pas.

Ecoutez... c'est Boucovallas!...

Boucovallas , ce roi de la bataille î Sur deux mille Osmanlis il lance la mitraille ; En un seul coup l'écho réunit mille coups : Les balles et le feu vont pleuvant comme grêle j C'est un affreux conflit... mais soudain , jeune et belle , Une fille s'élance , et crie: « Arrêtez^vous ! » Boucovallas fait cesser le carnage !

» Que la poussière tombe , et qu'en léger nuage » S'élève le brouillard... Guerriers, comptez vos morts!..»

Les Turcs trois fois se sont comptés et tremblent , Dans la poudre , sans vie , ils laissentcihq cents corps ; Mais les nôtres , nos Grecs , à leur tour se rassemblent : Trois braves seulement ont déserté l'appel ; Deux couraient chercher l'eau , le pain. Ivre de gloire, Sur son fusil couché , sourd aux cris de victoire , Le plus vaillant s'endort du sommeil éternel.

Qu^avons-nous à opposer, nous autres peuples si fiers de notre littérature, à ces élans

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sublimes,» ces inspirations de gloire qui soulèvent et raniment des nations entières ; à cette poésie vierge, qui, sans règles et sans modèle, crée des beautés du premier ordre, qui s'échappe brûlante de Famé , et qui d''un même jet conçoit la pensée, Timage et Texpression? Et encore de combien de prestiges n''est-elle pas dépouillée pour nous? C'est au milieu des sites agrestes de la Thessalie ou du Pinde, dans les cavernes retentissantes du Monténégro ou du Magne, qu'elle conserve toute sa puissance. C'est au milieu des bois, la nuit, dans un khan abandonné par les Turcs, qu'il faut l'entendre chanter en chœur par les soldats des Botzaris ,

des Gouras: alors que l'harmonie du lanoaoe ■*• no

vient compléter sa magie.

Tandis que depuis un siècle on disputait en France sur les règles de la versification , sur la possibilité de sortir ou non de l'ornière tracée les Grecs , qu'on croirait appelés à signaler au monde le beau en tout genre, inventaient une poésie héroïque et pleine de vigueur; elle naquit sur leurs montagnes avec leur liberté, et promet de grandir avec elle. Souple et docile aux volontés de ses créateurs, elle ne leur oppose pas des formes arrêtées; ellesephe à leurs caprices, elle est progressive par sa nature même.

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En Grèce tout se chante, les moindres événemens comme les plus importans. L'imagination si active chez les Grecs s''empare d\in fait, le grandit, Torne à sa manière; d^ailleurs, les poètes auteurs de ces chants, en étant les seuls dépositaires , les récitent euxmêmes et les modifient selon Pimpression qu ils veulent produire ; ilsn''ont ni le temps, ni l'espace nécessaire pour y placer des lieux communs. Un public impatient les écoute et les juge : il veut être ému par de vifs appels à son cœur ; son esprit veut être amusé par des tableaux ; enfin il hâte la conclusion qui soulage son anxiété: de-là cette vivacité, ce dramatique , cette concision si remarquables dans ces chants. Le rapsode sait que s'il ne marche pas rapidement au but , en excitant autour de lui des émotions, il court risque d'être délaissé et de ne pas recueillir le fruit de ses travaux. Il lui arrive parfois de faire des variantes à mesure qu'il s'abandonne à sa verve, et d'après le degré d'attention que lui montrent ses auditeurs; s'ils sont parftiitement satisfaits, alors il ne change plus rien à son œuvre, et il la transmet à ses humbles confrères, qui, moins favorisés du sort, se contentent de répandre ces chants dans la Grèce; mais ceux

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qui les font et ceux qui les récitent, ne sachant pas écrire , ils passent , à mesure que d'autres prennent leur place, parce que la mémoire de riiomme est bornée et son intérêt mobile. Les superstitions très-multipliées parmi les Grecs sont aussi une source de compositions fort originales; quoique d'un intérêt moindre que les chants héroïques , elles sont curieuses en ce qu'elles nous initient aux détails de la vie domestique ; elles peignent d'une manière naïve les affections tendres et profondes qui unissent entre eux les membres d'une même famille. Celle qui suit est propre à faire juger le caractère qui les distingue.

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