NOTI£S
plupart des Européens en Grèce. Tout occupes de leurs intérêts personnels, de leurs animosités particulières, de leur vaine gloire , on les a vu, depuis quatre ans, se disputer les titres de colonels, de généraux, s'injurier entre eux, se battre en duel, envenimer les troubles des Hellènes par le spectacle de leurs propres divisions, créer de nouveaux partis, intriguer, régenter le gouvernement , enfin donner tour à tour en spectacle leur avide cupidité, leur pédanterie, leur vanité. Les uns sont allés chercher des matériaux pour faire des livresd'autres , sous prétexte de surveiller les intérêts des Grecs, ont trouvé moyen de faire fortune à leurs dépens; les plus désintéressés n'ont songé qu'à acquérir de la renommée , sans résultat pour le pays qu'ils allaient servir : ne voyant dans la Grèce qu'un théâtre où ils pouvaient s'illustrer comme l'avait fait jadis la noblesse française sous les ordres du duc de la Feuillade. Lors du siège de Candie, si fécond en actes de fermeté et de bravoure, et où la plupart des amiraux vénitiens se montrèrent gigantesques , Louis XIV, voulant secourir Venise sans se brouilleravec les Turcs, permit à la République d'enrôler dans ses Etats; ce fut une sorte de croisade chevaleresque où courut la Jleur delà noblesse française. Candie et son gouverneur Morosini se défendaient depuis long-temps avec une énergie admirable. Les Turcs ne se montraient pas moins persévérans et moins énergiques : trente mille des leurs avaient trouvé la mort dans les fossés et sous les murs de la ville, et, malgré la flotte vénitienne, de nouveaux renforts arrivaient sans cesse au» assiégeans, tandis qu'il fallait trop de temps au sénat pour vaincre les difificultés et changer son or en hommes. La garnison était fort affaiblie ; les Français,
attendus avec impatience , ne venaient point pour empêcher la place d'être prise : que leur importait? mais pour se distinguer par des actions d'éclat. Le duc de la Feuillade insista donc pour que l'on fît une sortie; le gouverneur, qui en connaissait parfaitement l'inutilité, la lui prouva, et fut ferme dans son refus. Alors, les Français firent la sortie à eux tout seuls , sans plan , sans unité. Leur chef se donna la satisfaction de sortir de la ville, un fouet à la main, pour chasser cette canaille turque : ils se battirent fort bravement; nombre d'entre eux furent hachés sur le champ de bataille , et enchantés de cette belle prouesse qui n'avait pas fait reculer d'un pas les lignes ennemies , ni détruit un seul des ouvrages des Turcs , ceux qui avaient échappé se rembarquèrent , les blessés, les mutilés, les bien portans, et s'en furent pêle-mêle raconter leurs hauts faits à Versailles , laissant Candie s'en tirer comme elle pourrait : ils en avaient fait assez pour leur gloire '.
Note 3o, page 194-
« La citadelle d'Athènes s'était rendue le 6 juin , après une longue sécheresse. •
Le 24 novembre, les Grecs livrèrent un assaut qui réussit en partie, et dans lequel ils s'emparèrent d'un puits situé en dehors de la citadelle, et où les assiégés allaient s'approvisionnerd'eau. Ceposte futdéfendu avec courage , et coûta beaucoup de sang aux Grecs. • Depuis la nuit, pendant laquelle ce poste fut enlevé aux Turcs
' r'o^ez le Siège de Candie, dans V Histoire de la République de Venise , par Daiu , tome IV.
3i)0 NOTES.
jusqu'au 22 de juin, jour de la capitulation (selon M; Waddington, auquel j'emprunte ce récit), la gar nison , cpti se compcsait d'einiron seize cents personnes, avec bon nombre de chevaux et de bêtes de somme, n'eut d'autre approvisionnement d'eau que celle contenue dans les citernes delà citadelle; encore fut-elle peu ménagce| au commencement, l'attente continuelle des pluies si ordinaires dans l'Atlique ;« cette époque de l'année faisant espérer qu'elle se renouvellerait bientôt. Cependant, l'hiver et le printemps se passèrent sans qu'il tombât une averse. Les malheureux assiégés épiaient chaque nuage qui s'élevait au-dessus de la mer Egée , et s'avançait en roulant vers eux. A mesure qu'il semblait s'approcher, ils préparaient des vases , des éponges; ils étendaient leurs schals, leurs turbans, elles voiles même des femmes, afin que pas une précieuse goutte ne se perdît , tandis (|u'ils invoquaient à haute voix le nom d'Allah et du prophète : pas une goutte d'eau rCarrivait jusqiCà eux. Les nuages , se dissipant en pluies abondantes, arrosaient les plaines au-dessous, les oliviers , les vignes des villages voisins , et même une ou deux fois la ville d'Athènes ; mais ils se dispersaient invariablement autour de l'Acropole, comme s'ils eussent évité le pavillon rouge qui flottait au-dessus.
» Ceci n'est point une fable ; et il se trouva naturellement beaucoup de gens disposés à y voir l'intervention spéciale de la Providence. Quoi qu'il en soit, les cieux continuèrent à montrer la même partialité pendant un siège de sept mois ; et les Turcs, voyant de jour en jour leur nombre diminuer, affaiblis, découragés, capitulèrent enfin. Je dois ajouter, pour compléter ce récit extraordinaire, que le troisième jour, après que les
NOTES. "JQ!
Turcs curent quitlé la place, il tomba un torrent de jiluic (jui inonda l'Acropole, et cela au moment où la sécliercsse de la saiaon rendait celle circonstance toutà-lait remarquable. » (^Visite en Grèce, par îVadlUngton. )
Peu de temps après, Odyssée faisant débarrasser la citadelle des cadavres de l'ennemi et des ruines qui l'encumbraicnl, découvrit lu clef d'une voûte qui conduisait, par un escalier secret, à un temple antique dans lequel se trouvait une source d'eau très-pure.
Note 3i , page 2o3.
« Candie était aux Musulmans par la honteuse défection des Sphacciotes. »
Celle peuplade , la plus belliqueuse de l'île de Crète , était parvenue à se faire respecter des Turcs, même pendant leur domination. Elle usait de ce privilège pour opprimer et dépouiller les Grecs des plaines. Elle prit part à l'insurrection générale «juand il fallut se batlre et chasser les Turcs ; mais ensuite , elle voulut dominer à son tour et refusa d'admellre l'égalilé de droits : elle avait trop à y perdre. Abusant donc de la facilité de Tombazis, nommé par le gouvernement gouverneur de la Crète , les Sphacciotes commencèrent par demander que tous les genres d'autorité leur fussent confiés; que les capitaines, les chefs, etc., ne fussent choisis que dans leurs rangs. Tombazis crut devoir temporiser avec ces prétentions absurdes, mais il ne put satisfaire à toutes, et les Sphacciotes mécontens firent un traité secret avec les Turcs, leur promettant de leur livrer la Crète, à la condition qu'ils la leur laisseraient gouverner.
Sga NOTES.
Dès que l'ennemi se montra, ils réclamèrent, comme les plus braves , le droit de défendre les postes les plus îraporlans, qu'ils cédèrent peu à peu aux Turcs. Ils ne recueillirent de cette infâme trahison que la honte et les plus odieux traitemens. Leurs principaux chefs furent livrés aux plus horribles supplices , et moururent dans les ^ortures.
Note 32, page 2o5.
« Il peut y lire l'inscription, etc. »
Divers bruits se sont répandus depuis sur la mort d'Odyssée : on a prétendu que la corde dont il se servit pour s'échapper de ta tour où il était renfermé s'étanl rompue, il était tombé sur le pavé et s'était tué. L'on a dit aussi qu'il avait été assassiné dans sa prison par les ordres secrets du gouvernement, ou par une vengeance personnelle de Gouras. Quoi qu'il en soit, le favori d'Ali Pacha, seigneur de Livadie, flétri comme traître à la patrie, repose maintenant dans un coin obscur à la base de TAcropoIe.
Note 33, page 206.
a Le comte de Santa-Rosa , entré comme volontaire au service de la Grèce, etc. »
Le comte Sanctorre de Santa-Rosa naquit le 18 octobre 1 788, à Savillan, ville du Piémont méridional, d'une famille noble et militaire. Son père se distingua dans la guerre des Alpes, et particulièrement à la bataille de Mondovi. Le jeune Santa-Rosa fut dcbonne heure maire de Savillan , puis sous-préfet de la Spczzia , puis officier
stipciicur de la garde royale. Avant la révolution de 1820 , il àla'it adjudant-général attaché au ministère de la guerre.
Quand vint la révolution piémontaise , il insista pour qu'elle ne se mît pas sous le drapeau de la constitution des Cortès. M. de Santa-Pvosa était trop homme d'État pour tenter deux choses à la lois : il ne voulait que l'indcpendancede l'Italie. Lamaison de Savoie n'avait pas de sujet plusfidèle. Oui sans doute, il a conspiré, mais contre l'Autriche,mais avec le prince héréditaire, pour l'illustration et l'agrandissement de la couronne piémontaise; le prince trahit; lui, resta fidèle à sa parole, et se dévoua. Les temps du malheur arrivés , chaque homme prit sa place, et cet homme si modéré , mais si intrépide , fut porté de toutes parts à la dictature. Il j déploya la grandeur de son ame, et l'infatigable activité de sa tête; mais en vain. Les Napolitains battus, Carignan passé à l'entienii, il fallut céder. Que fit M. de Santa-Rosa ? Il proposa aux ambassadeurs étrangers de s'exiler à perpétuité, lui, et troi.s de ses amis, qu'il désigna sans les consulter, à condition qu'une honorable amnistie fût accordée à tout le reste, avec quelques espérances de garanties politiques.
A la rentrée du roi Charles-Félix, il se retira en Suisse, où il écrivit .sa Révolution j>iémontaisc ^ monument durable de loyauté, de magnanimité , d'impartialité et de bon .«ens politique. Il vint à Paris : ce fut alors qu'il connut M. le professeur Cousin, et que commença la mâle et tendre amitié qui lia si étroitement deux âmes dignes de se comprendre et de s'appiécier. M. de Santa-Rosa fut arrêté. Son ami se fit un devoir et un bonheur de partager sa prison ; ils ne se séparèrent que lorsque M. de Santa-Rosa quitta la France pour
se rendre en Angleterre. Il y vécut quelques années solitaire. Vers la fin de 1824? il se décida à partir pour la Grèce. Voici l'admirable lettre qu'il écrivit à M. Cousin la veille de son départ; lettre qui ne trouva plus M. Cousin à Paris , et ne lui fut remise qu'à son retour : déjà l'iAfortuné n'était plus,
Londres, 3i octobre 1824-
« Demain, mon ami, je pars pour la Grèce avec Collegno. Si tu as reçu la lettre que je t'ai écrite, il y a environ six semaines > et que le comte de *** a dû te remettre à son arrivée à Paris, tu ne seras pas étonné de ma résolution... Mon ame avait la conscience d'un devoir à remplir encore dans la vie active. J'ignore si je pourrai être utile; je vais préparé à toutes sortes de difEcultés, résigné à toute espèce de désagrémens. Il le faut bien : songe que B*** m'a déclaré que le comité anglais, ou au moins plusieurs de ses membres, désapprouvaient mon voyage. Je veux croire que leurs motifs sont droits; j'ignore s'ils sont fondés. Mais, dans tous les cas, pouvais-je, devais-je retirer ma parole? Les députés grecs seuls avaient le droit de me retenir , eux à qui j'avais offert mes services sans aucune condition. Ils ne l'ont point fait, et je pars.
» Mon ami, je n'avais point de syrapattie pourl'Kspagne, et je n'y suis point allé, puisque par cela seul je n'y aurais été bon à rien. Je sens au contraire pour la Grèce un amour qui a quelque chose de solennel : la patrie de Socrate ! entends - tu bien ? D'ailleurs , le ])euple grec est brave, il est bon, et bien des siècles d'esclavage n'ont pu détruire entièrement son beau ca-
raclèrc. Je le regarde d'ailleurs comme un pcuj)lc frère. Dans tous les âges, l'italif et la Grèce ont entremêlé k'ur destinée, et , ne pouvant m;iintenanl rien pour ma patrie , je considère presque comme un devoir de consacrer à la Grèce quelques années de vigueur qui me restent encore. Je le le répète, il est très-possible que mon espoir de faire (juelque bien ne se réalise point. Mais dans celte supposition même, pourquoi ne pourrais-je pas vivre dans un coin de la Grèce , r travailler pour moi? La pensée d'avoir fait un nouveau sacrifice à l'objet de mon culle, de ce culte qui seul est digne de la Divinité, m'aura rendu cette énergie morale sans laquelle la vie n'est qu'un songe insipide.
■> Tu n'as pas répondu à la lettre dont je l'ai parlé. Dieu me préserve de pensçr que tu aies voulu me punir de mon silence en l'imitant! écris-moi, maintenant, je t'en conjure; fais-moi [)arvenir tes lettres à Napoli de Romanie , siège du gouvernement grec dans le Péloponèse. Cherches-en les moyens sans perdre de temps.
» J'emporte ton Platon. Je l'écrirai ma première lettre d'Attènes. Donne-moi tes ordres pour la patrie de tes maîtres et des miens.
• Tu me parleras de ta santé, et avec détails; tu me diras que tu m'aimes toujours, que tu reconnais ton ami dans le sentiment qui lui a commandé ce voyage. Adieu! adieu ! Personne sous le ciel ne t'aime plus que moi. »
Note de M. Cousin , tirée du Globe.
« Quand la première lettre où M. de Santa-Rosa m'annonçait sa résolution parvint à Paris, au mois de sep-
tembre 1824? jVtais déjà parti pour Dresde : et quand il m'écrivait une seconde fois de Londres, le 3i octobre, pour m'annoncer son départ, déj.'i j'étais dans les prisons de la Prusse ; et je n'en suis sorti que quelques jours avant sa mort. Je revoyais mon pays, quand lui succombait à Sphactérie. Ne sachant rien de moi comme je ne savais rien de lui , il a dû me croire tranquille à Paris , comme en prison je le croyais tranquille dans sa retraite de Nottingbam. Il a dû me croire tranquille à Paris , et il ne recevait de moi aucun signe de vie! Je sais que ses derniers raomens ont été admirables, mais tristes. Je lis dans sa lettre à M. Pecchio : Les lettres de NottingJiatn rrCont consolé et touché. Celte ligne me déchire le cœur. Que s'est-il passé dans cette ame aussi tendre qu'elle était forte ! Cependant j'ai la ferme espérance que Dieu en aura détourné tout doute cruel, toute idée amère.
M Jeudi , novembre 1826. »
M. de Santa-Rosa laisse une femme vertueuse à Turin , avec quatre enfans , pauvres aujourd'hui , après avoir connu l'aisance; mais l'Italie un jour ne leur manquera pas. Sage, vertueux, sévère pour lui-même, miséricordieux et tendre pour les autres , M. de Santa- Rosa fut chrétien , chevalier et soldat. Pour récompense d'une si belle vie, Dieu lui devait une mort héroïque.
Note .34, page 218.
« Quelque effrayant que soit l'aspect de la Morée en ce moment, etc. »
Les bruits sinistres qui s'étaient répandus sur le dé-
NOTIÎS. ^^97
couragemeal des Grecs, se démentent tous les jours. Ibrahim vient d'être défait sous les murs de Missolonghi : un journal grec rédigé à Napoli de Romanie , et arrivé depuis peu , donne un tableau des nouvelles ressources que se sont créées les Hellènes. Le corps discipliné par le colonel Fabvier a été reçu à Athènes avec les plus vifs transports. Colocotronis vient de se battre : on parle de la reprise de Tripolitza , d'une victoire navale remportée sur la flotte du Capitan-Pacha : des frégates ont sauté : des vaisseaux de transport ont été pris : enfin la malheureuse Grèce n'a fléchi qu'un moment sous le poids de si grandes infortunes : elle est encore debout; elle est encore vivante.
Note 35, page 225.
« Je n'accuserai point de fausseté cette quantité de rapports divers qui nous arrivent de la Grèce, »
Et qui presque tous se contredisent. Selon un écrivain anglais, Mavrocordato est un homme plus que suspect, un ambitieux; un autre auteur affirme au contraire qu'il est de bonne foi , que sa physionomie est franche et ouverte, et qu'il possède les plus grands talens. L'un dit qu'Odyssée est un traître qui s'est joint aux Turcs ; l'autre qu'il n'a jamais appelé , ni accepté l'aide de l'ennemi. L'un représente le colonel Fabvier comme le chef du parti gallique , qui, suscité par des a^ens français, veut assurer le trône de la Grèce
au fils du duc d'Orléans; l'autre le dépeint comme un patriote désintéressé , plein de valeur , de dévouement, el dont les services sont de la plus haute importance à la cause qu'il sert. C'est surtout en Angle-
398 Î^OTES.
terre qu'on voit se multiplier les écrits les plus conlradictoires sur la Grèce ; et peut-être cela s'explique-t-il par l'absence d'iniérèt général , et la foule d'intérètspa/ticuliers qui, dans la Grande-Bretagne, se rattachent à la question de l'indépendance des Grecs. Pour beaucoup de gens, le prêt n'a été qu'une spéculation dont on a cherché à tirer parti par tous les moyens possibles. Les mieux intentionnés ont vu dans la formation d'un comité, le moyen de se donner de l'importance, et une sorte d'influence politique : des hommes vils y ont cherché , à leur éternelle honte, un moyen de s'enrichir, et quand les Grecs les ont menacés de dévoiler leurs turpitudes, ils ont élevé la voix les premiers pour étouffer les cris de ceux qu'ils sacrifiaient; ils ont calomnié les Hellènes; ils ont feint le regret de ne pouvoir plus rien pour eux, parce qu'ayant fait leurs propres affaires, ils n'avaient plus que de la honte à recueillir : ils se sont retirés petit à petit , en décourageant tous ceux qui auraient pu prendre leurs places. Un journal anglais, Tlie Litcrary Gazette, dont assurément le témoignage ne peut être suspect, s'exprime ainsi sur ces dégoûtantes menées : « Qu'est devenu le comité grec de Londres? Il ne s'assemble jamais : il ne fait rien : esl-te la contagion du jeu de bourse et des spéculations qui l'a interrompu? et lesquels de ses membres sont à blâmer? D'abominables agiotages ont eu lieu pour le prêt et les garanties fournies par les Grecs. Nous soupçonnons que la cause n'a été qu'un prétexte pour satisfaire des vues avides, mercantiles et personnelles. Un pays entier a été mis en danger, sinon sacrifié, pour le gain de quelques louis, de queUjues schelings, de quchpics sou. M. Blaquière eut une heureuse idée pour la Grèce, si on aspirait
réellemenl à lui l'aire prendre rang parmi les nations ; il donna l'exemple d'amener de jeunes Grées en Angleterre , où une cducalion bien dirigée devait les rendre également propres à la guerre et à la législation. Quel a été le résultat de celte démarelie? Ces enfuns ont été riditulement promenés en parade, regardés, flattés, au risque d'en faire des sots. Et il ne s'est point trouvé de fonds pour leur enseigner ce qui pouvait leur être d'un avantage durable ainsi qu'à leur pays? De l'argent a été envoyé en Grèce, comme la pomme de discorde, juste ce qu'il en fallait pour allumer des liaines, pour faire que les Grecs s'enlre-égorgent ; mais il n'en restait plus hors de la rue au Change (Change-Alley ) , pour payer l'éducation de ces enfans. Puis , les patriotes quakers ne voulaient soutenir et élever que des Quiélistcs, et les patriotes radicaux ne voulaient en faire que d'impitoyables sabrcurs; desorte que l'union surnaturelle des protecteurs de la Grèce n'existait plus que sur un point, le désir d'avoir le plus d'argent possible, et de le prendre partout où il y en aurait à gagner. Des neuf jeunes Grecs arrivés de la Grèce (le dixième est mort pendant la traversée), cinq sont à l'Ecole du Bomg (^ Boi oug^h School) ^ mais à la veille d'en sortir, faute de pouvoir payer leur nourriture et leurs maîtres ; et l'on a disposé des quatre autres d'une manière assez bizarre; car , tandis que la société des amis en a adopté un pour en faire un bomnie tout pacifique, Jérémie Bentbam en a pris un autre pour le convertir en une espèce de doctrinaire, en Benthamiste. C'est ainsi que les hommes ,
<c Play suchjanstoitic tricks before high heaven ^s mahe the angels weep »
Note 36 , page 234-
« Ce chef, qui rougissait d'émotion et de plaisir en apprenant que son nom était connu et respecté au loin. »
Voyez sur Odyssée , les Mémoires deRaybaud ; l'Histoire de la Grèce par Pouqueville et JVaddington 's Visit to Greece.
Note 37, page 26 r.
Voici la traduction en prose de ce Chant, telle que nous l'a remise l'auteur, M. Démétrius Mourousi.