mars
2. Le Conservatoire de musique ne fut ouvert que le 3 août, et l'Institut des sciences et des arts, le 25 octobre.
3. La Décade philosophique ^ le Bulletin de littérature des sciences et des arts, les Mémoires, les Magazines,
4. La Pen^uque blonde, de Picard ; la Pauvre femme, de Marsollier; la Supercherie par amour, de Damguy, et des pièces patriotiques, telles que Viala ou le héros de la Durance, Encore une victoire^ Quintus Cinciimatus, etc., avaient le don d'attirer la foule.
expression indéniable du mouvement des idées correspondait à un sentiment nouveau, celui d*un peuple libre qui se sentait maître de ses destinées. En effet, jamais année n'a été plus glorieuse pour nos armes que celle-là, 1794. Bientôt sans doute, quand les passions politiques se seront calmées, la France rendra la justice qui est due à ce merveilleux effort de nos pères. « Qu'on en cherche un semblable dans les an- « nales de l'Europe I » s'est écrié Fox en plein Parlement.
Le 21 octobre, en présence du peuple assemblé, le président de la Convention avait proclamé la délivrance du territoire de la République.
« 27 victoires dont 8 en bataille rangée, 120 com- « bats, 90 000 prisonniers, 116 villes ou places im- « portantes prises, 230 forts ou redoutes enlevés, « 3,800 bouches à feu, 70,000 fusils, 1,900 milliers de « poudre, 90 drapeaux tombés entre nos mains, » tels avaient été les résultats de cette merveilleuse campagne.
Mais aussi quelles armées! Épurées et profondément dévouées aux institutions républicaines, elles sont comme les dépositaires de la grande idée nationale. Et puis, quels chefs, ces généraux et ces représentants aux armées ! 11 semble en vérité que la flamme patriotique qui les anime leur ait donné une physionomie identique. Voyez leurs portraits, ils ont un air de famille. Tous ont la tête vaste, pleine, bien posée; le regard est franc et bon. Ils n'ont pas encore pactisé avec leur conscience, mais aussi que de changements dans ce personnel de citoyens galonnés! Du 1" janvier 1792 au 20 janvier 1795, 110 généraux de division, 263 généraux
0 BONAPARTB A PARIS,
de brigade, 138 adjudants généraux ont été des* titués, suspendus ou ont donné leur démission^ Grande leçon de bonne administration militaire ! En présence de Tennemi, il n'y a plus ni camaraderie, ni droits acquis. Un peuple a le devoir de rechercher les officiers qui le mènent à la victoire, car il s'agit de son existence et de son honneur. C'est ce que fait journellement le chef d'une société industrielle quelconque. Un incapable, un impotent ou un maladroit compromet-il ses intérêts et ceux de ses actionnaires, il le renvoie. Or, une nation n'est qu*une société à compétence plus étendue. Sa responsabilité est plus grande. Son devoir est donc plus strict encore. En ne l'accomplissant pas, ses représentants commettent un crime de lèse-nation.
Les conséquences de cette rigueur inouïe, on les connaît, A l'étranger, elles furent immenses. Jomini l'a dit ' : « Par la série non interrompue des succès « obtenus dans la campagne de 1794, la république « avait tranché de son épée redoutable le nœud de la « coalition; et la politique, toujours soumise à la « victoire, ne cherchait plus qu'à garantir ceux qui « se croyaient exposés à sa vengeance. Telle est, dit « Machiavel, la destinée d'une nation qui s'est fait « une réputation par la guerre ; chacun désire son « alliance, chacun cherche à éviter le coup qu'elle « peut lui porter. » Le fait était exact. Partout l'on traitait^. Seules, l'Angleterre, l'Autriche et Rome se montraient résolues à continuer la guerre, l'Angle-