Jomini, Les guerres de la Révolution^ t. VII
3. La Toscane signa son traité le 9 février 1795; la Hollande, le 16 mai; les États de Hanovre, de Westphalie et de Saxe, le
ANNÉB 1795. 7
terre en vue de la satisfaction de ses convoitises commerciales, Rome et Vienne, an nom des prétendus intérêts catholiques. La lutte toutefois était circonscrite. Elle eût même fini rapidement, si les puissances n'avaient trouvé des alliés aussi fidèles qulnfatigctbles dans les membres du parti royaliste et du clergé.
Ceux-ci, en effet, depuis cinq ans qu'ils avaient émigré, n'avaient rien appris. Dans ce mouvement tout national, dans ces efforts de tant de braves gens qui couraient se faire tuer à la frontière, ils ne voulaient voir que les résultats de la peur et les dernières convulsions de manants révoltés contre leurs maîtres légitimes. Les victoires de leurs concitoyens semblaient même avoir surexcité leur haine, au lieu de l'apaiser. Aussi, bien loin de désarmer et de chercher dans les suites d'une opposition constitutionnelle la solution désirée, ils ne songeaient qu'à réaliser leurs espérances avec le concours de l'étranger. A Londres, le comte d'Artois et Puisaye* dirigeaient le mouvement, dont les côtes de Normandie et de Bretagne étaient l'objectif. Us s'y trouvaient en rapport avec un comité central catholique et royal' et, en atten-
17 mai ; la République de Venise, par une ambassade extraordinaire; la Prusse, le 5 avril; TEspagne, le 12 juillet; la Hesse- Cassel, le 28 juillet; la Suisse, le 19 août; le Danemark, le
18 août.
A rintérieur, Gharette traitait à la Jaunais, le 18 février ; Stofflet à Saint-Florent, le 20 avril ; Gormartin, le 30 janvier.
1. Le comte d'Artois à Puisaye : « Je vous autorise à vous « considérer comme lieutenant général au service de France et « à vous faire obéir en cette qualité par Tarmée de Sa Majesté « très chrétienne. »
2. I^s agents intermédiaires de ce Gomité étaient : Prigent, Houard, Berlin, Tarillon, Mainaut, Gouin, Macé, etc.
dant qu'ils fussent en état de prendre Toffensive, organisaient de concert avec lord Granville et lord Windham les éléments d'une descente victorieuse. A cet effet, sept régiments d'émigrés^ avaient été formés.
Sur les bords du Rhin, en Suisse, en Piémont, on agissait avec la même hâte, et de Vérone, le comte de Provence présidait aux préparatifs du prince de Condé, des agences de Paris et de celles de Lyon et du Midi ^
Quant au programme de tout ce monde,- il n'avait pas changé. « En attendant qu'on puisse livrer les « bourgeois instigateurs de tout ce mal à la justice, « il faut, écrivait au prétendant l'un des chefs de « l'agence*, les faire observer de très près, adopter et « favoriser par tous les moyens possibles les mesures
1. Traité passé entre le duc d'Harcourt, lord Granville et M. Windham (voir aux pièces à Tappui).
Ces régiments étaient à 1550 hommes, sans compter Fétatmajor. « L'uniforme était rouge doublé de blanc avec gilet et « culottes de même couleur que la doublure. La cocarde était « blanche, le drapeau blanc et orné de trois fleurs de lis. Les « couleurs distinctes des régiments étaient pour d'Autichamp, « le bleu clair, pour Viomesnil le blanc, pour Béthisy le jaune, «-pour Mortemart le noir, pour deCastries le vert gai, pour de « Dresnay le vert foncé, pour d'Hervilly la couleur peau de buffle. « Ils étaient soumis à la même discipline que les troupes an- « glaises et traités sur le même pied.
:i. L'agence de Paris comprenait alors le chevalier. Du verne de Presles, l'abbé Brottier, le chevalier Des Pomelles, Le Maître et de Villeheurnoy.
« Le roi donne pouvoir aux sieurs Brottier et Duveriïe de « Presles, ses agents à Paris, d'agir et de parler en son nom eu « tout ce qui concerne le rétablissement de la monarchie; ils « pourront se donner un adjoint à leur choix, qui partagera « leurs fonctions et leurs pouvoirs. » Signé : Louis.