‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799, d'après les documents inéditsChapitre 113 sur 185 · Sur Vinfluence des passions, p · texte numérisé non relu

Sur Vinfluence des passions, p

« chances de succès et de revers et semble s'être « chargé de répartir également le bonheur entre les « hommes. Ils ont pour ennemis le besoin qu'a le public « déjuger et de créer du nouveau^ d'écarter un nom « trop répété y d'éprouver l'impression d'un nouvel « événement; enfin la multitude, composée d'hommes « obscurs, veut que d'éclatantes chutes relèvent de « temps en temps le prix des conditions privées et « prêtent une force agissante aux raisonnements « abstraits, qui vantent les paisibles avantages des (( destinées communes.

« Les places éminentes se perdent aussi par le <( changement qu'elles produisent sur ceux qui les « possèdent»" L'orgueil ou la paresse, la défiance ou « Vaveuglement naissent de la possession continue de « la puissance. »

Mais c'était un conte de Mercier, intitulé les Lunet" tes ^, qui l'avait plus particulièrement intéressé. Il s'agissait d'un marchand ambulant, d'un charlatan, offrant des miroirs, lunettes et autres objets magiques, doués de la propriété de faire lire dans le grand livre de l'avenir.

« On honorait Misnar comme le plus vaillant capi- (( pitaine de l'Inde ; au milieu de la foule empressée, « l'admiration, le respect que son nom inspirait per- « mirent une libre approche au marchand. Il fut un « des premiers qui obtinrent ce présent. Il le reçut « avec un sourire ironique, comme indifférent ou « supérieur à sa propre destinée. Misnar attacha un « regard du côté du bonheur. Il vit la victoire en-

1. Les Lunettes (songe 18), Des visions philosophiques de Mercier, p. 118.

Page 1