Mss. A. E. Dépêche de Sandoz-Rollin, avril 1799. Jil
.TtH BONAPARTE EN EGYPTE. -
mauvaises. L'opinion s'en prenait au gouvernement. Inquiets, quelques-uns des membres du Directoire, Treilhard, La Réveillère-Lepeaux et surtout Barras s'entendirent avec le ministre des relations extérieures pour envoyer Brueix à la recherche de Bonaparte et de ses troupes. La dépêche est du 26 mai, elle est précise. « Les efforts extraordinaires, citoyen géné- « rai, que TAutriche et la Russie viennent de déployer, « la tournure sérieuse et presque alarmante que la « guerre a prise, exigent que la République concen- « tre ses force»/ Le Directoire vient en conséquence « d'ordonner à l'amiral Brueix d'employer tous les « moyens en son pouvoir pour se rendre maître « de la Méditerranée et pour se porter en Egypte^ à « Veffet d'en ramener rai^mée que vous commandez. Il « est chargé de se concerter avec vous sur les moyens « à prendre pour l'embarquement et le transport. « Vous jugerez, citoyen général, si vous pouvez avec « sécurité laisser en Egypte une partie de vos forces, « et le Directoire vous autorise à en confier le com- « mandement à qui vous jugerez convenable.
« Le Directoire vous verrait avec plaisir à la tête « des armées républicaines que vous avez jusqu'à a présent si glorieusement commandées. »
La lettre de Talleyrand est aussi concluante : «Voilà « votre mission revenue à votre première idée, (( mon cher Brueix; j'en suis enchanté! Vous voilà « hors du vague; vous avez un but, un but prescrit, « un but de la plus grande importance. Le Directoire « n'écrit qu'un mot à Bonaparte ; je lui envoie une « lettre dé Barras à laquelle j'ai joint quelques lignes. « Le Directoire s en rapporte à vous pour Vinstruîre « de notre situation intérieure et extérieure. Ramenez-le.
« On VOUS recommande le secret le plus absolu sur « votre mission. Adieu, je vous embrasse et vous « aime bien. » Ces dépêches trouvèrent Tamiral à Vado, le 6 juin. Le 10, Brueix répondait au président du Directoire : « J'étais au mogillage de Vado, près Savone, et fort occupé des besoins de a l'armée d'Italie, lorsque je reçus la dépêche par « laquelle le Directoire exécutif m'ordonnait d'abord « d'opérer ma jonction avec les Espagnols, de bat- « tre ensuite l'ennemi et dCaller prendre Bonaparte « après,.,, *• »
Le moment est donc psychologique pour les Bonapartes et leurs amis Barras et Talleyrand. Dépêches officielles, dépêches particulières, journaux, tout afflue aux endroits d'où partent les courriers.
Lequel de ces documents parvint an général? il est impossible de le savoir d'une façon précise ; mais ce qu'on est en droit d'affirmer, c'est qu'il en arriva. Sur ce point le doute n'est pas admissible. Plusieurs faits le prouvent.
« C'est par la voie de Tunis, dit Bonaparte, que « j'ai eu des nouvelles de ma famille et des événe- « ments d'Europe. »
C'est le 20 juillet qu'il prévient en secret Murât et Gantheaume de se tenir prêts à partir.
« Vous trouverez ci-joints les papiers d'Europe jusqu'au 10 juin, » écrit-il à Kléber et à Menou,