‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799, d'après les documents inéditsChapitre 118 sur 185 · La lettre de Brueix à Bonaparte était ainsi conçue · texte numérisé non relu

La lettre de Brueix à Bonaparte était ainsi conçue

« Croyez que ce sera pour moi le plus beau jour et pour la brave armée que je commande, un jour de gloire et de bonheur, que celui où elle pourra rendre à la patrie les héros qui l'ont tant illustrée.

« P. S. J'ai promis au grec qui vous remettra cette lettre que tous lui feriex un présent de 500 louis. Je pense, citoyen général, que, malgré l'énormité de cette lomme, tous n'bésiteres pas à la lui donner. »

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« de voir les Français évacuer TÉgypte; les Turcs « pour délivrer leur territoire d'un ennemi; les An- « glais, parce que cette évacuation les rassurera sur « leur établissement dans l'Inde.

« ... Je crois devoir proposer d'entrer en négocia- « tion sur l'objet dont il s'agit avec la Porte et les <( Anglais en même temps.

« ... Mais où doit être entamée cette négociation? . « Je pense qu'elle doit l'être à Constantinople, siège « de la puissance qui a le plus d'intérêt apparent dans « l'évacuation de l'Egypte par les Français...

« Je ne dois pas déguiser que si cette convention « pour le retour de notre armée avait lieu, elle con- <( tiendrait pour principale condition la promesse de « la part des généraux, officiers et soldats, de ne pas « servir pendant la durée de la guerre actuelle. Il « sejait possible que la Porte ne l'exigeât pas d'elle- « même, parce que peu lui importent, en général, « les affaires des chrétiens; mais elle ne peut échap- « per à la sagacité et à la haine des négociateurs « anglais.

« Cette condition sera dure, sans doute, pour Bona- <( parte et ses compagnons, ainsi que pour le gou- « vernement français, qui verra par cette clause tant « de bravoure et de talents frappés de paralysie; « mais il faudra bien y souscrire pour sauver ces « Français, puisque nous n'avons ni la Syrie, ni une « flotte puissante sur la Méditerranée.

a Se rendre dans l'Inde serait le parti le plus avance tageux que Bonaparte pourjgait prendre dans la « situation où se trouve ce général; mais dès qu'il ne (( l'a pas tenté, il faut croire qu'il trouve dans cette « expédition des obstacles insurmontables.

« Les Etats de Barbarie jusqu'au détroit de 61- <i braltar, ne lui présentent non plus aucune issue « favorable. 11 sont devenus nos ennemis et de plus c( la peste y exerce ses ravages. Bonaparte aurait par « conséquent à combattre les hommes et la conta- « gion. Il faut donc renoncer à cette voie.

« Pour parvenir à ce résultat et surtout à la

« convention pour l'évacuation de l'Egypte, le négo- « ciateur devra prendre toutes les précautions imagi- « nables pour que le ministre russe n'ait pas con- « naissance de sa mission. S'il en était instruit, il « ferait tous ses efforts pour s'opposer à son succès, « car l'évacuation de l'Egypte par les Français ren- « drait l'assistance de la Russie inutile à la Porte et « par conséquent y diminuerait son influence et sa « domination. Si la convention projetée a lieu, Bona- « parte sera libre d'y adhérer ou de la rejeter. Il se « déterminera à cet égard d'après sa véritable posi- « tion en Egypte. S'il ne la croit pas aussi critique « qu'elle nous le paraît, il pourra refuser la capitula- « tion qui aura été adressée par lui à Constantinople, « et alors la responsabilité du Directoire exécutif est « à l'abri de tout reproche ultérieur. C'est pourquoi il « me paraîtrait convenable de tenter tous les moyens (( possibles pour informer Bonaparte de la négo- « dation si elle est entamée^ La saison dans laquelle « nous allons entrer est favorable à cet égard. Ainsi i< prévenu, le général pourra fixer d'avance ses réso- « lutions et ranimer le courage peut-être abattu de « ses compagnons par l'espoir d'un prompt retour « dans leur patrie. »

Sept jours plus tard, Reinhardt, le successeur de Talleyrand, faisait approuver le projet par le Direc-

toire *. Il raccompagnait d'une note confidentielle * fiur les moyens d'exécution.

« On propose, disait la noie, Osman-Aga, négoce ciant tunisien, pour aller en Orient.

« L'importance extrême de cette mission et les renseignements avantageux qui existent de toutes parts, sur la probité, la loyauté et la fidélité de ce tunisien, en ce qui regarde ses engagements, ont déterminé le ministre des relations extérieures à le sonder sur ses dispositions à se charger d'une dépêche pour Bonaparte, qu'il ferait passer de Tunis à Bonaparte.

« ... En supposant que le parlementaire mette à la voile le 15 vendémiaire (6 octobre), il doit arriver à Tunis le 30 du même mois, au plus tard. En sup-

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