Mss. À
24 Fructidor an VII.
Ministère des relations extérievres,
« Je prie le Directoire exécutif de Touloir bien reTêtir de son approbation les propositions suivantes :
lu Le ministre des relations extérieures est autorisé à faire négocier à Constantiuoplc l'évacuation de l'Egypte par les Frauçais, à la condition qn'il fera fournir au général Bonaparte, à son armée et à ses agents civils et niililuircs qui lui sont attachés, à quelque nation que ce fût, des moyens sûrs et solides de rentrer en France..
2o M. de Bouligny, ministre du roi d'Espagne auprès de la Porte sera chargé de cette négociation...
3» Il sera réservé dans tous les cas au général Bonaparte la faculté d'obtempérer ou non à la convention qui pourrait avoir lieu. »
Reinhardt.
appprouTé par le Directoire exécutif;
Pour expédition conforme : Le Président du Directoire exécutif,
SlEYÈS.
2. a La note que j'ai l'honneur de présenter au Directoire cx^s ciuif renferme les bases d'une négociation à entamer avec la Porte ottomane.
« Mon prédécesseur^ M. de Talleyrand, me l'a remise comme étant le résultat de son dernier travail avec le Directoire exécutif, dans sa séance du 17 de ce mois. »
posant qu'il faille un délai de soixante jours, et c'est beaucoup phis qu'il ne faut, pour que l'homme expédié de Tunis à Alexandrie puisse s'y rendre, la dépêche y sera au 1*' nivôse (21 décembre) pour le plus tard.
« Osman exige pour cette affaire le plus profond secret et c'est avec raison, parce que si elle transpirait, il courrait de grands risques.
« Comme la dépêche doit être soigneusement cachée par le porteur, Osman demande qu'elle soit sur parchemin, afin qu'elle ne puisse être déchirée par les frottements.
« Elle sera chiffrée.
« Quoique cette dépêche doive contenir beaucoup de choses, il faut qu'elle tienne peu d'espace, afin qu'on puisse la soustraire aux regards de la curiosité et aux recherches du soupçon.
« Elle devra être rédigée en style très concis.
« Elle devra contenir plus de résultats que de développements.
« Il semble au ministre des relations extérieures qu'elle devrait être terminée par une invitation au général Buonaparte, de faire les recherches les plus profondes pour voir s'il n'y aurait pas moyen d'envoyer par terre ou par mer environ 8,000 hommes de son armée dans l'Inde, pour secourir et soutenir les princes indiens qui ont commencé la guerre contre les Anglais et qui succomberont infailliblement si des troupes européennes ne leur parviennent pas. »
La dépêche destinée à Bonaparte était conçue dans Tordre d'idées indiqué par la note.
« Général, le Directoire exécutif m'a autorisé^ à faire
1. Mss. A. E. 2« jour complémentaire an VII (18 septeubre 1799).
négocier à Gonstantinople révacuation de TEgypte parles Français, à condition qu'il vous fût fourni, ainsi qu'à votre armée, aux agents civils et militaires de quelque nation que ce soit qui vous sont attachés, des moyens sûrs et solides de rentrer en France. M. de Bouligny, ministre d'Espagne à Gonstantinople, sera chargé de cette négociation...
« La faculté d'obtempérer ou non h la convention qui pourra avoir lieu vous sera réservée... Tant de moyens qui ont été tentés pour vous instruire directement de nos affaires ayant manqué, je tente celui de vous faire passer une simple lettre. ..
« Depuis peu dejours,nous connaissons votre retraite de Saint-Jean d'Acre par les papiers anglais. Nous vous supposons de retour en Egypte. De votre côté, vous aurez appris nos revers exagérés. Joubert est mort «ur le champ de bataille de Novi, le 28 thermidor. La nation a pleuré sur sa tombe comme sur celle de Hoche. En Suisse, Masséna se soutient ; Lecourbe fait des prodiges tantôt sur les frontières des Grisons, tantôt dans les montagnes de Schwitz et de Glaris. Une armée nouvelle, formée dans le département de l'Isère par Ghampionnet, va se réunir à l'armée d'Italie. Moreau passe à l'armée du Rhin, dont Muller aie commandement provisoire...
« Vous voyez, général, qu'il nous faut du courage, et nous en avons. Une conscription de 200,000 français, citoyen, nous a déjà rendu l'égalité du nombre dont la supériorité seule avait donné à nos ennemis les moyens de nous vaincre. Un emprunt forcé de cent millions a été décrété et se perçoit en ce moment.
« .... La grande majorité du Gorps législatif seconde les intentions et les membres du Directoire. Si partout
les esprits sont exaltés, si les passions s'agitent, partout la nation se montre attachée à la Constitution. Une vaste conspiration royaliste qui avait éclaté dans le département de la Haute-Garonne, a été comprimée sur le champ par la levée en masse des citoyens.
« L'Espagne reste alliée fidèle. Massaredo commande une escadre de quatorze vaisseaux qui jointe à la nôtre est venue de la Méditerranée à Brest. Brueix commande Fescadre combinée...
« ...Le Directoire exécutif, général, vous attend, vous et les braves qui sont avec vous. Il ne veut pas que vous vous reposiez exclusivement sur la négociation de M. de Bouligny; il vous autorise à prendre, pour hâter et assurer votre retour, toutes les mesures militaires et politiques que votre génie et les événements vous suggéreront. »
Un Grec, nommé Vittallis, fut chargé de porter cette fameuse note à Bonaparte. Sa mission ne devait pas être longue. Parti de Paris le 6 octobre, il rencontrait à Aix celui qu'il allait chercher si loin*.
En résumé, deux invitations de retour ont donc été adressées à Bonaparte en 1799; l'une émanait de