ANN^E
ce retour à un passé terrible que le rappel des excès qui rayaient signalé. On faisait surgir les fantômes habituels : le spectre rouge et Tordre social en danger. Les membres du Manège d'ailleurs n'étaient pas en majorité dans les Chambres; quant à leurs collègues des centres, ils n'étaient plus animés de ce feu sacré qui, en 1790,1791 et 1792, leur avait fait adopter tant de patriotiques ordonnances.
On se contenta de voter les dispositions militaires urgentes, entre autres l'application itlhconscription^ et d'arrêter le choix d'un ministre de la guerre expérimenté, Bernadotte. Pour le reste, on ne fit rien.
« C'était un faux bruit, dit Sandoz au roi de « Prusse, que celui répandu hier que le Directoire se « mettrait en permanence et proposerait aux deux « Conseils d'en faire autant... Le représentant Bona-- « parte (Lucien) que j'ai vu dans le même jour y trou- « vait de la possibilité! Il prétendait qu'elle n'avait « échoué que parce que Barras et Rewbell s'y étaient
« opposés Talleyrand avec qui j'ai conféré hier
(( sur le même objet a présenté ce bruit comme sorti « de l'antre des Jacobins, où l'on cherchait à incen- « dier et à ameuter les esprits. Je n'ai pu y croire ' . . .»
Sur ces entrefaites, les élections survinrent. Elles furent déplorables, on le comprend de reste. La peur est mauvaise conseillère. Dans le public, la presse aidant, on s'en prenait aux Directeurs des défectuosités de la Constitution et des revers subis. Le public est ainsi fait, il ne juge que par les apparences; 11 ne voit pas ce qui se passe derrière la coulisse et ne veconnaît pas les meneurs.