I. Madame Joubert devint plus tard madame Macdonald
Reinhardt chargé d'expédier les derniers ordres. Le 20 septembre, Yittallîs se disposait à les porter.
Mais au ministère, il y avait alors « un homme obs- « tacleïiy Bernadotte. Très intelligent, très fin, très dévoué aux institutions républicaines, Bernadotte savait voir. C'était gênant. Il fut sacrifié. Le 14 septembre, il recevait brusquement avis de son renvoi.
ce Le Directoire exécutif, citoyen ministre, d'après « le vœu que vous lui avez si souvent manifesté de « reprendre votre activité aux armées, vient de vous <( remplacer au ministère de la guerre. Il charge le « général de division Milet-Mureau du portefeuille de « la guerre par intérim. Vous lui en ferez la remise. « Le Directoire vous recevra avec plaisir pendant le « séjour que vous ferez à Paris, pour conférer sur K tous les objets relatifs au commandement qu'il vous « destine ^ »
A cette dépêche était joint l'arrêté suivant :
« La démission donnée par le citoyen général Ber- « nadotte de ses fonctions de ministre de la guerre « est acceptée.... »
Le procédé était plus que léger. Jamais Bernadotte n'avait parlé de son désir de quitter le ministère. Il se contenta de répondre :
« Je reçois à l'instant votre arrêté d'hier 28 et la « lettre obligeante qui l'accompagne. Vous acceptez « la démission que je nai pas donnée. »
Cet événement était grave. Joint aux mesures de rigueur prises à l'égard des journaux de l'opposition, il dénotait l'approche d'une crise. Dans les Conseils l'effet fut immense.
1. Mss. A. G. Paris, 28 fructidor an VII (14 septembre 1799). La lettre était' signée ; Sieyès.
ANNËB 1799. 813
« C'est le prélude de quelque coup d'État, disaient « ceux qui voyaient d'où le coup partait... »
« C'est du moins, disaient les plus modérés, la « preuve ceriaine que la guerre est déclarée aux « républicains! songeons tous à nous défendre... »
« Jurons qu'on ne nous enlèvera de dessus nos « chaises curules qu'après nous avoir donné la mort !» s'écriait Jourdan ^.
« Nous pouvons différer d'opinion sur les moyens de sauver la patrie, mais d'intention et de but jamais... »
« 11 faudra, disait Augereau, me faire tomber la « tète avant de commettre un attentat sur un seul « d'entre nous. »
(( Je viens réunir ma déclaration à celle de mes « collègues, répétait à son tour Lucien Bonaparte, « je viens répéter avec Augereau que si une main « sacrilège voulait se porter sur les représentants du « peuple, il faudrait penser à leur donner à tous i< la mort, avant que de violer le caractère d'un c( seul...
« J'ai demandé la parole pour rappeler une loi « rendue sur la proposition de Français de Nantes, « qui a prévenu les craintes qui vous occupent; c'est
X. Jourdan^ fils de Roch Jourdan, maître chirurgien juré, et de Jeanne Foréan Franciquet; né le 29 avril 1762, à Limoges, mort le 24 novembre 1833.
Volontaire en 1778; libéré en 1784; lieutenant élu en 1790; çénéral de brigade en 1793; général de division en juillet 1793; démissionnaire en 1796 ; aux Cinq-Cents, en mars 1797 ; promoteur et rapporteur de la loi sur la conscription, 5 septembre 1798; commandant en chef de l'armée du Danube, 14 octobre 1798; démissionnaire en 1799; exilé au 18 brumaire; inspecteur général en 1800; maréchal en 1801; chevalier de Saint-Louis, pair de France, comte, gouverneur des Invalides ou 1830.
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« celle qui met hors de la loi quiconque porterait « atteinte à la sûreté de la représentation nationale, « Cette loi, n'en doutez pas, si un attentat se machi- « nait, serait exécutée. »
A la suite de ces protestations, Jourdan réclama la permanence des Conseils. Sa proposition fut rejetée par 245 voix contre 151. C'en était fait. Le 18 brumaire se trouvait virtuellement accompli. Il ne s'agissait plus que d'attendre le moment favorable, c'està-dire le retour de Bonaparte.
Et pourtant, les événements eux-mêmes semblaient se donner le mot pour empêcher l'accomplissement de cette nouvelle infamie. C'était sur les malheurs publics, sur les défaites de nos troupes que les royalistes, que Barras, que Sieyès fondaient la nécessité d'un bouleversement à l'intérieur. Un instant, tout avait semblé leur donner raison et maintenant, tout revenait au beau. Les victoires succédaient aux victoires. Au Nord comme au Midi, à Bergen, à Castricum, comme à Zurich, les armées françaises remportaient des succès induis.
La conscription avait produit tout son effet ^ <( Quoi qu'en disent les malveillants, écrivait Sandoz « à son roi, l'autorité du Directoire |est encore dans « toute sa force. La levée de deux cent mille cons- « crits s'effectue dans la capitale et dans les dépar- « tements sans éprouver la moindre résistance. Ce « n'était donc pas une assurance trop présomptueuse « du ministre de la guerre, lorsqu'il m'a assuré que (( dans un mois, les conscrits seraient rendus aux « frontières. Les communes avancent les frais de