‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799, d'après les documents inéditsChapitre 41 sur 185 · Mss. A. E · texte numérisé non relu

Mss. A. E

W BONAPATÎTTÎ A PARIS,

Cette appréciation était juste. Elle était sincère. Doulcet comme Debry avaient été frappés de la netteté des idées de Bonaparte, en fait de conduite de la guerre, principalement à propos de la campagne d'Italie, La question, du reste, n'était pas nouvelle pour lui. Il Tavait traitée à fond et devant des hommes autrement forts, autrement énergiques que ses auditeurs actuels. Il n'est donc pas étonnant qu'il les ait convaincus. Le décret du 31 août en est la preuve.

« Le commandement de Tarmée des Alpes est « confié au général Kellermann^ et celui d'Italie au « général Schérer.

« Ces deux généraux agiront de concert et d'après « les mêmes instructions. Ils ne se rendront au poste « qui leur est assigné qu'après s'être concertés sur les « opérations ultérieures qui leur sont confiées.

« Les représentants du peuple Real et Ghiappe sont « spécialement attachés à l'armée des Alpes *. »

La mesure était flatteuse pour Bonaparte qui en était le réel promoteur. Seulement elle avait l'inconvénient immédiat de diminuer ses chances de départ en Turquie. Il le comprit bien ainsi, car le 5, il écrivait à Joseph : « Le Comité a pensé qu'il était impos- « sible que je sortisse de France, tant que durera la « guerre; je vais être rétabli dans l'artillerie et proie bablement je resterai au Comité. » Et le lendemain , il ajoutait : « Le consulat de Chio est vacant, mais tu « me dis que tu ne veux pas d'une île, j'espère quel- « que chose de mieux en Italie.

1. KeUermann (François-Christophe, duc de Valmy), né à Strasbourg, le 30 nnai 1735 ; mort le 12 septembre 1820. Volontaire en 1752, sénateur, duc, maréchal; vota la déchéance en 1814, pair de France.

Page 1