‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799, d'après les documents inéditsChapitre 45 sur 185 · Mss. Cabinet du roi. Juillet · texte numérisé non relu

Mss. Cabinet du roi. Juillet

« soit le rétablissement de la monarchie, cpmme « absolument inévitable.

« Ils emploierant tous leurs efforts et un million de « crimes, s'il le faut, pour placer un prince étrangei « sur le trône. On ne peut douter que leurs princi « paux chefs, et notamment Tabbé Sieyès, n'aient « déjà un plan formé à cet égard. Il ne serait pas abso- « lument impossible que ce plan trouvât de puissants « appuis au dehors et il est au moins prudent de ne « pas regarder cette conjecture, comme absolument « chimérique... »

Le ministère anglais, par l'intermédiaire du duc d'Harcourt, ambassadeur in partions du comte de Provence, jugeait autrement les choses. Il prêchait la tolérance.

« Il ne peut être question, disait lord Gran ville, « le 22 juin 1795, d'imposer à la France par la « force extérieure une forme de gouvernement qui « soit réellement contraire aux vœux de ses habi- « tants.

« ... Il s'agirait en premier lieu de concilier et de « rassurer la grande masse des habitants de la France, « en leur montrant dans le rétablissement de la « royauté, l'assurance de cette tranquillité... Si, par « des mesures prématurées, par des démonstrations « formelles, les puissances étrangères se donnaient « l'apparence de vouloir dicter la loi à la France dans « ce moment de crise, de vouloir décider pour elle « cette grande question de laquelle dépendent son « bonheur et sa tranquillité, peut-être cette conduite « ne servirait-elle qu'à retarder l'accomplissement de «• nos vœux? Peut-être nuirait-elle essentiellement « à la cause commune, en donnant lieu à des insi-

« nuations perfides et en excitant des jalousies mal « fondées...

« Si, par Teffet des divisions intestines, par la triste « expérience des maux passés ou par la perspective « effrayante des malheurs dont le régime républicain « paraît encore les menacer, les Français, dans quelle « province que ce fût, viennent à reconnaître le droit « de leur souverain, en rappelant parmi eux et en « lui montrant la possibilité de s'y soutenir par leurs « efforts, aidé par les secours qu'il pourrait espérer « du dehors, une reconnaissance formelle et publique « se rapportant à cet événement serait un coup de « fortune dont on pourrait, dans de pareilles circon- « stances, retirer les avantages les plus solides.

« Le duc d'Harcourt n'ignore pas les mesures qu'on « a déjà prises ici pour préparer cet événement en « Bretagne et dans les provinces qui l'avoisinent ^.. »

Ces conseils étaient justes; ils n'étaient pas écoutés. A la petite cour de Vérone, on voulait bien de l'alliance anglaise et de son argent, mais on prétendait la renier au besoin. « Atténuez le mauvais effet « que peut produire en France la confiance appa- « rente accordée aux Anglais, écrit le régent à Cha- « rette, le 23 août. Si vous apprenez que le roi est à « l'armée de Gondé, que cela ne vous étonne pas... 11 « est essentiel que l'Angleterre n'en soit pas prévenue, « car voyant le roi avec M. le prince de Gondé, elle « pourrait le laisser sur le Rhin dans la dépendance « de l'Empereur ^ »

Pour le reste, le régent ne voulait également rien

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