Mss. Archives de la guerre
2. Danican (Auguste), né en 1763. Simple soldat au régiment de Barrois; colonel de hussards; général de brigade; fit les campagnes de 1793 et 1794 contre les Vendéens. Battu plusieurs fois par les royalistes, il fut accusé par Levasseur (delà Sarthe) d^avoir voulu livrer Angers.
rive ^ et Laffont, tous anciens oflîcîers énergiques et capables.
Sur qui compter? Les forces du gouvernement étaient dispersées. L'armée, dite de Tintérieur, formait une vingtaine de mille hommes éparpillés sur la surface de plus de dix départements. On avait bien songé à les réunir et les deux représentants chargés de ce soin, Delmas et Laporte, avaient même fait un beau rapport* à ce sujet : « C'est en vain que nos armées « prennent Manheim, si nous ne nous mettons pas « en mesure d'empêcher qu'ils ne nous prennent Paris. « Vous devez vous attendre qu'en même temps qu'on « cherchera à troubler cette grande commune contre « l'autorité légitime, on tentera d'exciter des soulè- « vements dans les départements environnants pour « forcer le gouvernement à diviser les forces du camp « sous Marly, comme on a déjà été obligé de le faire « à l'occasion du soulèvement de Chartres. » On avait alors donné des ordres pour faire rapprocher de Paris les troupes installées près de Saint-Germain et pour les faire remplacer par celles du camp de Saint-Omer. Mais la confiance n'en était pas plus grande. Delmas et Laporte passaient pour peu énergiques. Menou et Baraguey d'Hilliers, les deux chefs de l'armée de rhitérieur, ne montraient guère de tendresse pour la Convention, Enfin, parmi les généraux présents à Paris, tels que Verdier, Montchoisy, Brune, Carteaux,
1. DiihouxcTHauteiHve, maréchal de camp, commandant le camp de Soissons en 1792, commanda à Lille, puis en Vendée. Il y eut plusieurs affaires malheureuses, qui le firent passer devant un conseil de guerre. Acquitté, il disparut pour reparaître en vendémiaire. Son neveu, le chevalier Duhoux, commandait Tavantgarde des Vendéens.
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ANNIÊE 1795. 91
Benruyer, Vaehot, Duvigier, Gardanne, Duvigneau, Loîson, Dupont-Ghaumont, Lestranges, de Bar, Desperrières, deux seulement étaient sûrs, Garteaux et Berruyer, mais ils étaient sans valeur. Le général Bonaparte au contraire était disponible. On le disait fort et dans Fespèce, il présentait plus de garantie. Gompromis par ses relations avec les Robespierre, il devait avoir à cœur de se venger de ceux qui depuis six mois l'avaient poursuivi avec tant d'acharnement. Rancune et intérêt, tout le portait donc à soutenir la Convention. Et puis, c'était la seule chance qui lui restât pour échapper aux conséquences de sa destitution.
Quant à ses opinions, elles étaient alors franchement républicaines. Ses lettres à Joseph en font foi. a Je puis certifier, dit Lucien Bonaparte, qui venait « d'arriver à Paris, que, malgré le brillant diadème « dont il s'est coiffé, il a été républicain sincère et « même ardent, pendant les premières années de la « république française. Nombre de ses actes et de « ses écrits en font foi. Ge n'est que quand il a eu en « main le positif de la puissance souveraine, par son a élévation à la suprême magistrature de la répu- « blique, qu'il fut atteint de la vulgaire faiblesse de « vouloir s'entourer aussi du boursouflé, mais vide et (c puéril décorum royal ^. » Ses instincts l'incitaient d'ailleurs à toutes ces intrigues de coulisse. A Ajaccîo, il avait déjà fait preuve de qualités toutes particulières pour ces petites conspirations de clocher. A Paris , il pourrait les développer sur un théâtre autrement vaste. Cette fois, il se retrouvait dans son