vendémiaire an IV (Mss. A. G
« Rapport au Comité de Saîut public,
« La commission ne voit aucun inconvénient à ce que le Comité de Salut pnblic fasse droit à la demande que fait le général Buonaparte d'emmener avec lui en Turquie le chef de bataillon d'artillerie Songis et le citoyen Marnont. Ces deux officiers ne peuvent que remplir les vues du gouvernement en secondant le général Buonaparte, tant par leur zèle que par leurs connait-
■ Quant aux citoyeos Roland, Aguetaud, Biaise de Villeneuve et Bourgeois, a commission ne peut rien dire sur leur eompte, ne faisant point partie du €«rpi de l'artilicrifl.
« BlMUKCH. •
96 BONAPAKTE A PARIS.
champ de bataille. Il sait tirer du succès tout le parti désirable. C'est le 20 vendémiaire qu'il a été rétabli dans Tarme de Tartillerie et nommé au commandement en second de l'armée de l'intérieur; le 24, il réclame le brevet provisoire de général de division, et dix jours après, le 4 brumaire, c'est-à-dire le jour où la Convention nationale tient sa dernière séance, où Barras donne sa démission de commandant en chef de l'armée de l'intérieur, il obtient la faveur de le remplacer et la confirmation de son titre de divisionnaire ^
Coïncidence étrange, en vérité, que celle de l'élévation de cet homme et de la clôture des séances de la grande Assemblée!
Quelle était donc cette position de général en chef de l'armée de l'intérieur?
Lors de l'existence du Comité de Salut public, elle était plus honorifique qu'eff'ective. Elle consistait uniquement à exécuter des ordres et à n'en donner aucun. La Convention, prévoyante et méfiante, n'aurait jamais permis qu'un pouvoir quelconque, surtout un pouvoir militaire, se constituât auprès d'elle. Mais au lendemain du succès de vendémiaire, au moment d'un changement de gouvernement et d'une réorganisation militaire, une telle situation prenait tout naturellement une amplitude dont un chef tant soit peu habile devait savoir tirer plus d'un profit. Tout
1. Âmpliation (ffun arrêté du Comité de Salut public^ en date du 4 brumaire an IV de la République, une et indivisible (iMss. A. G.).
■ Le Comité de Salut public arrête que le générai de division Buonaparle es « nommé général en chef de l'armée de l'intérieur.
« Charge la 9e commission de lui expédier des lettrts de service en exécu* « tton du présent arrêté* »
d'abord, elle le mettait en rapports constants et journaliers avec les nouveaux directeurs et lui facilitait les moyens de s'entremettre pour quantité de gens.
Or, Bonaparte n'était pas homme à négliger une semblable bonne fortune. Il commença à l'exploiter au profit de sa famille. En cela, ii était fidèle à ses habitudes, car, il faut le reconnaître, il a fait énormément pour les siens. Il s'est montré pour eux d'une bienveillance inépuisable; aussi, plus tard, à Theure des désenchantements, il a eu quelque peu raison de se plaindre de leur ingratitude? A tout prendre, cette conduite n'était-elle que le résultat d'un calcul? En agissant comme il le faisait, en se multipliant pour ses parents et ses amis, pensait-il déjà à se créer des clients fidèles, dont l'intérêt était de le soutenir et de le faire arriver au pouvoir? Tout est admissible de la part de cet homme extraordinaire.
Pour l'instant, il ne perd pas une minute et s'occupe de tout et de tous. Le jour même de sa nomination, il vient s'installer à la maison de commandement de la rue Neuve des Capucines. « J'ai ici, « logement, table et voiture à ta disposition, écrit-il à Joseph.
Son frère Louis est à l'École de Ghâlons; il le fait revenir, nommer lieutenant et placer auprès de lui en qualité d'aide de camp^ Détail curieux et qui montre le soin avec lequel il pense à tout, il lui fait