Mss. A. E
ANNÂË 1*796. 155
dWgine, il se savait des amis et des compatriotes un peu partout ; son frère Joseph habitait Gênes depuis neuf mois. Tout concourait donc à faciliter son entreprise.
La nécessité d'opérer en Italie s'imposait d'ailleurs de plus en plus. On n'était plus au temps où Bonaparte écrivait à Robespierre l'aîné* : « Il faut frapper l'Alle- « magne, jamais l'Espagne m Vltalie. Si nous obte- ^ nions de grands succès, yamaes Von ne doit prendre <c le change, en s' enfonçant en Italie ^ tant que l'AUe- « magne offrira un front redoutable et ne sera pas « affaiblie. »
Les circonstances avaient changé. A la date du 20 décembre, notre agent diplomatique en Toscane, M. Cacault, écrivait au Directoire : « ... Permettez- « moi de répéter qu'il ne faut pas négliger la belle tt occasion d'avancer en Italie. Si on en reste là, « qu'avons-nous fait ? Nous avons battu nos ennemis, « Mais quid inde ? Si tout l'avantage consiste à nous a être soutenus et avancés dans un pays neuf, cela <c nous donne-t-il ou ôte-t-il aux autres uii pouce « de terrain? J'entends qu'il serait bien bon de « détacher auparavant les Piémontais et que cela « rendrait les choses bien plus faciles. Mais le plus « sûr et peut être l'unique moyen de les détacher est « d'aller en avant. Ce cabinet ressemble à celui de « Naples. 11 est dominé par la passion pour TAutri- « che et pour l'Angleterre. La peur peut seule le « ramener.
c( Je pense donc que l'Empereur vise à la Bavière « et qu'on ne peut compter sur le roi de Prusse pour