‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799, d'après les documents inéditsChapitre 78 sur 185 · ANN · texte numérisé non relu

ANN

Entre Barras et Bonaparte, Tenlente était aisée. Le marché fut vite conclu. Le lendemain, Bonaparte était convoqué par les directeurs, pour développer en leur présence le plan de campagne qu'il avait conçu.

« Je demande, leur dit-il en guise de péroraison, « huit cent mille livres en espèces pour le premier suc- « ces. J'y périrai ou je vaincrai. Si je m'établis un «moment sur le territoire ennemi, je ne vous deman- « derai plus un écu pour mon armée. »

Heureux les hommes qui ont la bonne fortune de rencontrer des esprits assez ouverts, assez indépendants pour les comprendre I Les lueurs du génie effraient le plus souvent les supérieurs médiocres, comitie la lumière aveugle les gens dont la vue est affaiblie.

Le 19 janvier 1795 S son plan de campagne était définitivement adopté ; le 2 mars, il était nommé général en chef ; le 9, il se mariait ; le 11, il était en route et, le 22, à son poste de combat.

Les opérations, — Ainsi donc, armée bonne, militairement parlant, terrain suffisamment connu, conditions politiques favorables, liberté d'action complète, tels étaient les éléments de succès qu'allait avoir entre les mains ce militaire de génie.

Et quel génie ! le plus merveilleux, le plus complet qui se puisse voir. Bonaparte en effet a la saine appréciation du terrain ; il possède ce coup d'oeil net et rapide sans lequel on ne fait rien de bien en cam- * pagne, ce don d'ubiquité de l'esprit, grâce auquel on

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