Mss. A. G. Jugement rendu le 7 avril
(( le rétablissement d'un roi en France et une paix « honteuse par laquelle l'Italie devait être rendue à « ses anciens maîtres. » Et les Directeurs ajoutaient : «... Tous se flattaient d'être bientôt à Paris avec les « émigrés. Condé, le ctef de ceux-ci, était déjà secrè- « teraent en France et avait, à l'aide de ses intelli- « gences, pénétré jusque près de Lyon... » L'assertion était juste. Jusqu'au dernier moment et même pendant la crise de fructidor, la petite cour de Blankenberg avait cru au succès de la partie qui devait so jouer à Paris. « Le 18 fructidor, écrit M. de Tin- « seau au roi, aurait dû tourner contre ceux qui « l'avaient provoqué. Le plan que nous avions conçu « était simple, et à mon avis, infaillible... En voiciles <( bases : gagner la troupe appelée à Paris dont partie « nous était déjà dévouée; convertir les principaux offi- « ciers parmi lesquels nous ne connaissions quAugereau « d' insusceptible d'être ramené ; ces précautions prises, « laisser agir le Directoire. Aussitôt que l'ordre d'en- « vahir les salles des conseils eût été exécuté, Piche- « gru revêtu de son uniforme se mettait à la tête de « la troupe, lui faisait connaître le crime dont on la « rendait l'instrument, s'assurait d'Augereau, sepor- « tait au même instant au Luxembourg, s'emparait « des Directeurs et les amenait au Corps législatif qui « n'eût pas pu s'empêcher de sévir puisqu'ils auraient « été pris en flagrant délit.
« Avec ce moyen, la plupart des députés conspira- « teurs s'y fussent réunis pour écarter tout soupçon. « de complicité. En profitant du premier moment, <( on nommait des directeurs « bien franchement^ « bien chastement royalistes, » Une fois à ce poste, tt toutes les fonctions publiques auraient été confiées
« à des hommes également purs. Chaque jour eût « produit une nouvelle preuve de rinconvenance « de la Constitution. On eût fait réclamer la révi- « sion par les départements. Le Directoire et la « majorité des Conseils n'eussent pas manqué de « l'accueillir ^ »
(( Malheureusement, ajoute tristement M. de Tin- <c seau, la trahison d'Aubry", » l'ancien girondin, l'ancien membre du Comito de Salut public, l'homme de l'agence de Paris « a tout fait manquer... »
Trahison ou non, le gouvernement se trouvait donc, au mois de juin 1797, en présence d'une sorte.de coup d'État latent qui avait la prétention d'être légal. Se trouvait-il suffisamment armé? Garnot le croyait. D'apcès lui, les succès militaires et diplomatiques renaportés, le relèvement du crédit, la crainte, enfin, du retour d'un passé menaçant pour les gens en place, lui paraissaient fournir des moyens de résistance suffisants. Les directoriens étaient d'un avis contraire. Maintenus au pouvoir par le coup de force du 1" prai"