‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799, d'après les documents inéditsChapitre 88 sur 185 · Mss. A. N. 28 messidor an V a6 millet l'i · texte numérisé non relu

Mss. A. N. 28 messidor an V a6 millet l'i

190 BONAPARTE A L'ARMÉB D'ITALIE.

son poste. Pour le couvrir, Camot lui avait délivré Tarrété suivant :

Parii, le 8 thermidor an V (16 juillet 1797).

« Le Directoire exécutif approuve que le général Hoche « ait ordonné à 6,000 hommes (fînfanterie, 2,000 hommes « de troupes à cheval, et i ,000 hommes d'artillerie de Tar- « inée de Sambre-et-Meuse, de se rendre dans les départi tements de Touest pour l'expédition d'Irlande.

« Le présent arrêté sera expédié au ministre de la « guerre et ne sera pas imprimé*. »

Pour expédition conforme:

Le président du Directoire exécutif.

Signé : Garnot.

Le 6 août. Hoche écrivait la lettre que Ton sait. Le coup était manqué.

Il n'était que remis. Bonaparte venait d'entrer en ligne. C'était la carte forcée.

Le 24 juin, Barras, Rewbell et La Reveillère lui avaient écrit confidentiellement : « Nous avons vu, « citoyen général, avec une extrême satisfaction, les « témoignages d'attachement que vous ne cessez de « donner à la cause de la liberté et à la Constitution « de l'an III. Vous pouvez compter sur la plus entière « réciprocité de notre part. Nous acceptons avec « plaisir toutes les offres que vous nous avez faites <( pour venir au secours de la République. Elles sont « une nouvelle preuve de votre sincère amour pour « la patrie. Vous ne devez pas douter que nous n'en « ferons usage que pour sa tranquillité, son bonheur

l. Mss. A. N,

ANNfe 1797. - 191

€ et sa gloire ^ »Le 30 juin, Bonaparte recevait cette dépèche en même temps que la nouvelle de la fameuse motion d'ordre de Dumolard, votée par le conseil des Cinq-Cents, et blâmant ses procédés quelque peu irréguliers à Tégard des populations de Fltalie et particulièrement de celle de Venise. Le soir même, il avait pris ses dispositions définitives pour soutenir Barras.

« Le parti que j'ai favorisé au 18 fructidor, disait-il « à Sainte-Hélène, était resté maître de la Répu- « blique. Je Tavais favorisé parce que c'était le mien « et parce que c'était le seul qui pût faire marcher la (( Révolution. Or, plus je m'étais mêlé des affaires, plus « je m'étais convaincu qu'il fallait achever cette Révo- « lution, parce qu'elle était le fruit du siècle et des i< opinions. Tout ce qui retardait sa marche ne servait « qu'à prolonger la crise. » Il s'était expliqué dans le même sens à madame de Rémusat : « On m'a repro- « ché, disait-il, d'avoir favorisé le 18 fructidor. C'est « comme si l'on me reprochait d'avoir soutenu la « Révolution. Il fallait en tirer parti de cette Révolu- « tion et mettre à profit le sang qu'elle avait fait « couler. Quoi! consentir à se livrer sans condition « aux princes de la maison de Bourbon qui nous « auraient jeté à la tête nos malheurs depuis leur « départ, et imposé silence par le besoin que nous « aurions montré de leur retour! Changer notre dra- « peau victorieux contre ce drapeau blanc qui n avait « pas craint de se confondre avec les étendards ehne- « mis; et moi, enfin, me contenter de quelques « millions, et de je ne sais quel duché! Certes, ce

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