‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799, d'après les documents inéditsChapitre 89 sur 185 · Mss. A. N. 6 messidor an V (24 juin · texte numérisé non relu

Mss. A. N. 6 messidor an V (24 juin

« nest pas un rôle difficile que celui de Monk; il m'eût « donné moins de peine que la campagne d'Egypte et « que le 48 brumaire; mais y a-t-il une expérience « pour les princes qui n'ont jamais vu le champ de « bataille. A quoi de bon le retour de Charles II a-t-il « conduit les Anglais, si ce n'est à détrôner encore « Jacques? Il est certain que j'aurais bien su, s'il l'eût « fallu, détrôner une seconde fois les Bourbons, et le « meilleur conseil, qu'il y eût eu à leur donner, eût « été de se défaire de moi. »

L'aveu est clair; il est incomplet. Ses dépêches et le rapport du comte d'Antraigues le confirment. « En « cette circonstance, écrit ce dernier à son royal « correspondant, le 15 septembre 1797, Bonaparte a « été forcé de prendre le parti d'une des deux factions « qui divisaient la France. Il a choisi celle de Barras; « c'est tout naturel. Mais il détruira Barras ou l'asser- « vira.

« Pour cela, il veut être toujours à la tête d'une « grosse armée, dans un pays où il domine et ce pays « est l'Italie. Il n'en sortira jamais que pour marcher « sur Paris.

« Il veut la guerre ou une paix détestable.

« Barthélémy qui l'avait pénétré voulait, avec Garce not, lui arracher ce prétexte de faire la paix. De là « est venue sa fureur et leur perte. Il y allait de son « existence... »

D'Antraigues voyait juste. Le 30 juin, Bonaparte, avons-nous dit, avait pris son parti. Le même jour, il avertissait confidentiellement Barras de son concours absolu et adressait au Directoire sa fameuse dépêche en réponse à l'interpellation Dumolard.

« Je reçois à l'instant, citoyens Directeurs, la

« motion d ordre de Duraolard (23 juin 1797), il s'y «, trouve la phrase suivante :

« Que plusieurs anciens, ayant depuis élevé des « doutes sur les causes et la gravité de ces violations « criminelles (Venise) du droit des gens, Thomme « impartial ne fera point un reproche au Corps légis- « latif d'avoir accordé sa croyance à des déclarations « aussi précises, aussi solennelles et garanties avec « autant de chaleur par la puissance executive.

« Cette motion a été imprimée par ordre de TAs- « semblée ; il est donc clair que cette phrase est con- « tre moi.

« J'avais le droit, après avoir conclu cinq paix et « donné un coup de massue à la coalition, sinon à des « triomphes civiques, du moins à vivre tranquille et « à la protection des premiers magistrats de laRépu- « blique. Aujourd'hui, je me vois desservi, persécuté, « décrié par tous les moyens honteux que leur poli- « tique apporte à la persécution.

« J'aurais été indifférent à tout ; mais je ne puis « pas l'être à cette espèce d'opprobre dont cherchent « à me couvrir les premiers magistrats de la Répu- « blique.

« Après avoir mérité dans ma dernière démarche « de bien mériter de la patrie, je n'avais pas le « droit de m'entendre accuser d'une manière aussi « absurde qu'atroce. Je n'avais pas le droit d'attente dre qu'un manifeste signé par des émigrés et soldé « par l'Angleterre, acquit au conseil des Cinq-Cents « plus de véracité que le témoignage de quatre-vingt f< mille hommes, que le mien !

« Eh quoi I nous avons été assassinés par des traî- « très : plus de quatre cents hommes ont péri, et les

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