‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799, d'après les documents inéditsChapitre 93 sur 185 · Mss. A. G. 9 thermidor an V (27 juillet · texte numérisé non relu

Mss. A. G. 9 thermidor an V (27 juillet

2. Augereau (Charles-Pierre-François), duc de Castiglione, né à Paris, rue Moufifetard, le 21 octobre 1757, mort des suites d'une hydropisie de poitrine, en 1816.

Il était fils de Pierre Augereau, domestique, et de Marie-Joseph Kresline,'f$on épouse.

Engagé volontaire; maître d*armes en Suisse; engagé dans les troupes napolitaines; volontaire en 1792; en Italie, à partir de 1795; commandant la 17« division militaire à Paris, au 11 fructidor; député aux Cinq-Cents; prit part à Brumaire; maréchal de France et duc de Castiglione, le 18 mai 1804; trahit l'empereur en 1814; nommé pair de France, le 4 juin 1814; abandonna les Bourbons ; chassé par l'empereur, rejeté par tout le monde, il se retira dans sa terre de la Uoussaye. {les fourgons d' Augereau sont restés légendaires,)

Son frère, le baron, fut lieutenant général et chevalier de Saint-Louis

204 BONAPARTE A L'ARMEE DMTAMB,

Le pauvre homme n'avait pas besoin de cette faveur inattendue pour se rendre ridicule. Grisé par le choix dont il venait d*être l'objet et qu'il attribuait à son seul mérite, Augereau se voyait déjà directeur, dictateur, que sais-je ? Dès le IS août, il traitait Bonaparte d'égal à égal, et se permettait de lui donner des ^ conseils. « y^a?' provoqué, lui écrivait-il, et obtenu la « suppression de l'armée des Alpes. Taî développé à « Barras le système des révolutionnaires et j'ai été « nommé sur le champ commandant de la 17* divi- « sion militaire. La destitution de toutes les autorités « civiles et militaires est définitivement arrêtée. « Songez soigneusement que le salut de la Répu- « blique est dans nos mains et que notre pureté et « notre courage, dirigés par la pureté d'opinions et « d'actions, sont seuls capables de la sauver du pré- « cîpice affreux au l'ont plongée les agents du trône « et de l'autel. » Bonaparte ne soufflait mot ; il laissait son lieutenant s'enferrer de lui-même « .... Augereau « en est très piqué, lui disait Lavalette. » Bien plus, le bravache en était arrivé à critiquer son chef: «... Bo- « naparte, allait-il répétant dans les salons du Direc- « toire, se fait beaucoup de tort par ses éloges donnés « à Bernadotte et Sérurier. // est imprudent d'avoir « envoyé Bernadotte, Il sait bien quil ny a que lut « et moi qui puissent sauver la République et que je « puis seul le mettre au fait de ce qui se passe. Au faity « qu^il fasse ce qu'il voudra, je ne lui écrirai plus. »

Ces propos étaient d'un sot. En envoyant Bernadotte le 9 août, sous prétexte de porter les drapeaux, Bonaparte avait voulu prévoir le cas où Augereau se

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