Mss. A. G. 26 fructidor an V (12 septembre
« notre patrie? On peut dire de Paris ce que Cassius « disait de Rome : qu'importe quon l'appelle reine y « lorsqu'elle est, sur les bords de la Seine, l'esclave de « Vor de Pitt? »
La proclamation était digne de la dépêche : « Sol- « dats, nous célébrons le 1" vendémiaire, l'époque la « plus chère aux Français; elle sera un jour bien « célèbre dans les annales du monde.
« C'est de ce jour que date la fondation de la Ré- « publique, l'organisation delà grande nation; et la « grande nation est appelée par le destin à étonner « et consoler le monde.
« Soldats, éloignés de votre patrie et triomphants « de l'Europe, on vous préparait des chaînes; vous « l'avez su, vous avez parlé : le peuple s'est réveillé, (( a fixé les traîtres et déjà ils sont dans les fers.
« Vous apprendrez par la proclamation du Direc- « toire exécutif, ce que tramaient les ennemis de « la patrie ,iles ennemis particuliers du soldat, etspé- « cialement des divisions de l'armée d'Italie.
c< Cette préférence nous honore : la haine des traîtres^ « des tyrans et des esclaves sera dans l'histoire notre « plus beau titre à la gloire et à Vimmortalité, »
Quant à la moralité de cette triste aventure, Bonaparte la tirait lui-même dans ce dernier paragraphe de la lettre à son digne acolyte, le citoyen ïalleyrand^:
«... Tous les grands événements ne tiennent jamais