CHAPITRE VII
BONAPARTE A PARIS S â6o«inbre 1797 — 4 mai 1700.
Bonaparte quitte Milan, le 17 novembre .1797. — Il se rend an congrès de Ras- (adt. — Son voyage. — Il ne s'arrête pas à Ofifenbourg, quartier général d'Augerean. — Mécontentement de ce dernier. — Arrivéeà Rastadt.— Arrivée à Paris, 5 décembre 1797. — Bonaparte vient s'installer dans l'hôtel de sa femme, rueGhantereine, no 6.
Changements survenus depuis dix-huit mois dans la position de la famille BuiKiparte.
Joseph Bonaparte. — Ses déplacements depuis l'entrée de Bonaparte en campagoe. — Son voyage en Corse. — 11 est nommé résident dans le duché de Parme, 27 mars 1797. — Il est élu au conseil des Cinq-Cents, le 11 avril, pais ambassadeur à Rome, le 15 mai. — > Son retour a Paris dans le courant du mois de janvier 1798. — Mariage de Bernadotte.
Lucien Bonaparte. — Ses vicissitudes comme commissaire des guerres. — Son voyage à Milan. — Son retour à Marseille. — Bonaparte cherche à l'empêcher de se rendre à Paris. — Il l'envoie en Corse. — Lettre de Christine Bonaparte à son beau-frère, 1er août 1797. — Lucien se fait élire aux Cinq- Cents. — Irrégularité de cette nomination. ~ Protestation. — Lucien s'installe déGnitivement à Paris avec sa femme, au mois de janvier 1798. — Son attitude politique. — Ses discoors. ~ Sa- correspondance avec madame Récaniier.
Louis Bonaparte. — Il sert en Italie en qualité d'aide de camp du général en chef.— Il est nommé capitaine, le 21 août. — • Ses états de service. -> Inexactitudes étranges de ce document. — Louis passe de l'artillerie dans la cavalerie, en qualité de capitaine au S« régiment de hussards. — Retour dé Louis à Paris. — Il accompagne son frère en Ligypte et revient en France, le 1 1 mars 1 799. — > Ses réclamations pour son grade de chef d'escadrons. — Il est nommé chef d'escadrons, le 2 août 1799. — Ilestà Paris au moment du 18 brumaire.
Jérôme Bonaparte. — 11 est au collège de Juilly.
Madame Lœtilia Bonaparte. — Elle quitte Marseille au mois de mai 1797, se rend à Milan, puis à Home et à Ajaccio*
Élisa Bonaparte, — Sou mariage civil avec Paschal Bacciochi, le le' mai 1797.
^Son mariage religieux à Monbello. En 1798, elle est à Paris et s'y trouve en brumaire.
Pauline Bonaparte. — Ses amours avec Fréron. — Refus de Bonaparte d'y prêter la main. — Départ de Pauline pour Milanen janvier 1797. — Rup ture définitive avec Fréron. — Pauline épouse le général Leclerc.
Caroline Bonaparte. — Elle accompagne sa mère pendant cett€ période.
Joséphine Bonaparte. — Nature de ses relations avec Bonaparte. — Sa correspondance. — Plaintes de Bonaparte. — Voyage de Joséphine en Italie."— Son séjour dans cette contrée. — Sa rentrée en France, le 19 décembre 1797.
Eugène Beauharnais. — Il est nommé aide de camp de Bonaparte, le 30 juin 1 797. — Ses missions.
Fesch. — Fonctions de Tonele Fescb. — Il devient l'intendant de la famille. -> Ses pérégrinations. — Situation difficile de Bonaparte à Paris. — Jalousies
- qu'il suscite. — Son altitude douteuse. — Ses projets. — Il demande à partir pour l'Egypte. —Ses propositions sout acceptées. — Son départ pour Toulon le 4 mai 17981.
Le 17 novembre 1797, Bonaparte quittait Milan pour se rendre au congrès de Rastadt. Il passa la nuit à Turin, traversa les Alpes au mont Genis, puis gagna directement Baie par Ghambéry, Bei*ne et Soleure. A Offenbourg, quartier général d'Augereau, il ne daigna même pas s'arrêter. Celui-ci, par parenthèse, se montra fort marri de ce peu de courtoisie. « C'est un mau- « vais tour, lui écrivait-il, que vous avez joué à un « de vos anciens lieutenants, qui, s'il avait été prévenu « de votre passage, n'aurait certainement pas été privé « du plaisir de vous embrasser. » Mais Augereau était de ceux qui ne comptent pas. On s'en sert et on les paye ; c'est plus que suffisant,
1. Événements pnndpaiLx. — 10 décembre 1797, réception solennelle de Bonaparte à Paris ; 20 décembre, fête ; 28 décembre, Bonaparte est nommé membre de l'Institut; 31 décembre, la rue Chantereine est nommée rue de la Victoire; 4 janvier 1798, adoption du système continental ; 1" mars, le congrès de Rhstadt; 2 mars, prise de Fribourg, de Soleure, de Morat ; 5 mars, prise de Berne; 16 mars, réunion de Genève à la France; 4 mai, départ de Bonaparte pour l'expédition d'Egypte.
Schérer, ministre de la guerre, du 23 .iuillet 1797 au 21 février
218 BONAPXaTB A PARIS.
Le 25 novembre, Bonaparte était à Rastadt; il y fit une entrée solennelle, en voiture attelée de huit chevaux et escortée par un détachement de hussards autrichiens. Un très bel appartement lui avait été réservé. Dès le lendemain, il entrait en conférence avec Gobentzel, rendait compte au Directoire de ses démarches et repartait tout aussitôt pour Paris. Il y arriva le 5 décembre et vint s'installer dans la petite maison de sa femme, au n» 6 de la rue Ghantereine *.
Que de changements depuis dix-huit mois I Le général obscur, le stipendié de Barras du 13 vendéniaire, revenait en triomphateur, hautain avec tout le monde, mesurant ses paroles et ses gestes , observant tout, choses et gens.
Que de changements aussi dans sa famille, et qu'il semblait déjà loin le temps où les siens vivaient au jour le jour des maigres secours accordés par la Convention I
Le citoyen Joseph^ Tex-petit commissaire des guerres de Tarmée de Carteaux, le mari de Tune des filles de Tancien, marchand Glary, était devenu le citoyen ambassadeur, le représentant de la République française à Rome.
Dès le début des opérations de l'armée d'Italie, Joseph, alors installé à Gênes depuis près d'un an, pour affaires de commerce et autres, était venu rejoindre son frère à son quartier général. Au lendemain de ses premiers succès contre les Piémontais, il partit pour Paris, en compagnie du fidèle Junot.
1. Le 31 décembre, par suite d'une attention délicate de la municipalité oarisienne, la rue Ghantereine devenait rue de la Victoire.
Il avait mission d'expliquer au Directoire les motifs pour lesquels le jeune général avait cru devoir traiter si rapidement avec les Sardes. C'était pour lui un moyen de prendre pied dans les affaires diplomatiques et d'obtenir rapidement ce consulat tant convoité.
A ce voyage, Joseph fit la connaissance de sa bellesœur, la citoyenne Joséphine. Pour un Corse, qui pour la première fois fréquentait les salons parisiens et se trouvait en contact avec ce monde de femmes quelque peu mélangé, l'impression dut être étrange. En tous cas, elle ne semble pas avoir été à l'avantage de sa parente, car depuis lors, malgré sa bonhomie naturelle, Joseph a toujours conservé vis-à-vis d'elle un air de contrainte, dont Lucien constate souvent l'existence dans ses Mémoires.
Ce fut même pour mettre fin à certains bruits d'inconséquences commises qu'il engagea le général à rappeler sa femme et qu'il partit avec elle dans les derniers jours du mois de juin 1796,
Au mois d'août, Joseph débarquait à Bastia avec le général Gentili et reprenait, cette fois en maître, le chemin de la maison paternelle qu'il avait quittée si brusquement au moment du conflit avec Paoli. Il y était encore au mois de décembre. « La paix avec « Parme est faite, lui écrit Bonaparte, le 10 décem- « bre; j'attends à chaque instant la nouvelle que tu « es promu à la place de Parme. Reviens le plus tôt « possible; ne te mêle point ou peu des affaires de « Corse; mets en ordre nos affaires domestiques, sur- « tout notre maison d'habitation, que je désire à tout « événement voir dans une situation propre et digne « d'être habitée; il faut la remettre comme elle était.
« en y joignant l'appartement d'Ignazzio ; fais « les petits arrangements pour que la rue soit plus « habitable.
« J'attends Fesch et Paulette à Milan dans quinze « jours. »
En janvier, Joseph était auprès de son frère. Il avait emmené avec lui le jeune Arrighi que Salicetti, par habitude sans doute, venait de nommer d'office sous-lieutenant d'une compagnie franche du Liamone.
En mars, Joseph quittait Léoben pour retourner à Milan. Il y trouvait sa nomination de résident près la cour de Parme ^ Mais, à force de courir, l'appétit s'était ouvert, parait-il, car le poste de Parme ne parut plus suffisant à l'ex-commissaire des guerres. Il venait d'être élu membre du Conseil des Cinq-Cents. Il réclama. Le 6 mai, il obtenait la place de résident à Rome, et le IS mai, celle d'ambassadeur près de. la même cour.
Au mois de juin, il se trouvait à son poste. Lafamille l'avait accompagné. Il resta à Rome jusqu'au moment où éclata l'émeute dans laquelle le général Duphot trouva la mort. Le mois suivant, il s'intallait définitivement à Paris, dans l'hôtel qu'il avait acheté, rue du Rocher. Il y était encore en brumaire ; seulement les acquisitions s'étaient accrues, le citoyen Joseph avait maison de campagne et maison de ville. Sa belle-sœur, Bernardine-Eugénie-Désirée Glary, précédemment destinée à l'infortuné Duphot, avait épousé le général Bernadotte^. La tante de sa femme, la tante Victoire,
1. Mss. A. N. 7 germinal an V (27 mars 1797). Le brevet est signé Lacroix,
2. Bei'iiadotte (Jean-Baptiste), né à Paris, le 26 janvier 17C3.
comme on l'appelait, habitait place Vendôme. En un mot, Joseph était devenu une sorte de personnage. IJ tenait un salon politique et traitait de puissance a puissance avec les autorités du jour.
Lucien Bonaparte, Tex-Brutus avait eu une existence plus mouvementée encore. Après vendémiaire, son frère le général s'était vu dans la nécessité de l'éloigner de Paris et de Marseille pour plus d'une raison.
Lucien avait la prétention de ne vouloir pas mettre ses opinions politiques au goût de celles adoptées par le général en chef de l'armée de Tintérieur. Il était devenu compromettant et fort enclin à la dépense. On le nomma commissaire des guerres à l'armée du Nord.
Lors de son mariage, il habitait une petite maison ^ rue de la Lune, n" 3, à Sceaux.
Voici l'acte de mariage :
a Aujourd'huy, 30 thermidor de l'an sixième de la République française (17 août l')98), à 7 heures du soir, pardevant moi, Etienne Bouvet, agent municipal de la commune de Sceaux- L'unité... sont comi^B.rus Jean-Baptiste Bernadotte^ âgé de 35 ans, général divisionnaire des armées de la République, demeurant actuellement en cette commune... et Bernardine-Eugénie-Désirée Clary, âgée de 18 ans, fille mineure de défunt François Clary, négociant à Marseille et de Françoise-Rose Sonis, ses père et mère, résidant actuellement à Gênes, lesquels futurs conjoins étaient accompagnés de Antoine MoHn^ âgé de 26 ans, capitaine au 10« régiment de
chasseurs à cheval, François Desgranges, cinquante ans, notaire public, Joseph Bonaparte, âgé de trente ans (?), membre du conseil des
Cinq-Cents, fondé de pouvoir de la citoyenne Françoise-Rose
Sonis, Justinienne- Victoire Sonis, âgée de 50 ans, propriétaire, Lucien Bonaparte, âgé de 26 ans, membre du Conseil des Cinq- Cents, demeurant actuellement à Pr.iis, rue du Rocher, ainsi
que son frère Joseph.
Lucien quitta Marseille dans les premiers jours do 1 année 1796. A peine à Bruxelles, il se brouilla avec Tordonnateur de la division, refusa de se rendre à Anvers, se sauva, traversa TAllemagne, se rendit à Munich, et vit Bonaparte à Milan. Il n'en reçut pas fort bon accueil, paraît-il, car, le 19 juin, il écrivait de Marseille à son ami Fréron. « Toujours en course depuis « mon départ de Paris, j'arrive avant hier à Marseille « et mon premier soin est de décrire, je suis dans les « bras de ma famille et mon bonheur pour être parfait <' n'a plus besoin que d'être partagé par les personnes « qui me sont chères, fai grande envie d'aller à Paris « vous voir et terminer quelques affaires qui nCintéres- « sent beaucoup,,, j'ai vu Napoléon à Milan, mais si « occupé qu aucune nouvelle de famille (c'est-à-dire « celle relative à Pauline) n'a été discutée entre « nous... »
La vérité était que ce pauvre Lucien se trouvait fort embarrassé pour s'expliquer. Il avait voulu parler à Bonaparte de sa promesse d'autoriser le mariage de Paulette avec Fréron. Il n'avait même pas été écouté. Bien plus , il avait été invité à ne pas retourner à Paris. Il n'obéit pas, il faut croire, car le 9 août, son frère, furieux, écrivait à Garnot :
« Un de mes frères, commissaire des guerres, à Mar- « séille, s'est rendu à Paris sans permission. Ce jeune « homme joint à quelque esprit une très mauvaise « tête; il a eu toute sa vie la fureur de se mêler de « politique. Dans un moment où il me paraît qu'un « grand nombre de personnes désirent me faire du « tort et que l'on emploie toute l'intrigue pour accré- « diter des bruits aussi bêtes que profondément « méchants, je vous prie de vouloir bien me rendre le
« service essentiel de lui faire ordonner de se rendre « sous vingt-quatre heures à son armée. »
Le 25 octobre, il ajoutait : J'ai reçu, mon cher « Directeur^ votre lettre du 17 vendémiaire. Vous « aurez vu, par la seule lecture de la lettre de mon « frère (Lucien), combien ce jeune homme a la tête « exaltée.
« 11 s'est compromis en 93 plusieurs fois, malgré « les conseils réitérés que je n'ai cessé de lui donner. « Il voulait faire le jacobin^ de sorte que si, heureu- « sèment pour lui, les dix-huit ans qu'il avait alors « n'étaient son excuse, il se trouverait compris avec « le petit nombre d'hommes, opprobre de la nation»
« Son séjour à Marseille serait dangereux, non « seulement pour lui, mais même pour la chose « publique. Les intrigants ne manqueraient pas de le « circonvenir ; d'ailleurs, ses anciennes liaisons dans « ce pays-là, sont très mauvaises. La Corse étant « libre aujourd' hui, \ous m'obligeriez beaucoup en lui « donnant l'ordre de s'y rendre, puisque sa tête ne lui « permet pas de rester à l'armée du Rhin. Il serait, « dans ce pays-là, utile à la République.
« Je vous demande bien pardon de vous entrece tenir de ces petites tracasseries domestiques; mais « lorsque je vois que l'on me fait souvent parler, agir « et écrire au gré des différentes factions ; quand je « vois qu'un homme qu'on a assassiné à Lyon, on le « fait tout de suite passer pour un de mes envoyés « ou parents, homme dont je n'ai jamais entendu « parler, je conçois que je dois porter quelque sur- <S veillance à la conduite politique des personnes qui « me tiennent de près. »
Lucien obéit. Il était à Ajaccio en février. Sa femme
a24 rONAPÀRTE A rARiS.
l'accompagnait. Elle accoucha dans cette ville de son troisième enfant. Le 1" août, elle profitait de cet événement pour écrire à son beau-frère : « Permettez- « moi de vous appeler du nom de frère.
« Mon premier enfant est né dans une époque ou « vous étiez irrité contre nous. Je désire bien qu'elle « puisse vous caresser bientôt, afin de vous indèm- « niser des peines que mon mariage vous a causées.
« Mon second enfant n'est pas venu au jour. Fuyant <( Paris, d'après votre ordre, j'ai avorté en Alle- « magne.
« Dans un mois, j'espère vous donner un neveu. « Une grossesse heureuse et bien d'autres circon- « stances me font espérer que ce sera un neveu. Je « vous promets d'en faire un militaire ; mais je désire « qu'il porte votre nom et que vous soyez son parrain. « J'espère que vous ne refuserez pas à votre sœur.
« Je vous prie d'envoyer votre procuration à Bac- « ciochi, ou à qui bon vous semblera. La marraine « sera maman. J'attends cette procuration avec impa- « tience.
« Parce que nous sommes pauvres, vous ne nous « dédaignerez pas ; car, après tout, vous êtes notre « frère; mes enfants sont vos seuls neveux, et nous « vous aimons plus que la fortune. Puissé-je un jour « vous témoigner toute la tendresse que j'ai pour <( vous. »
« Votre sœur bien affectionnée,
« Christine Bonaparte. »
« P. S, Je vous prie de ne pas m'oublier auprès tt de votre épouse que je désirerais bien connaître. « A Pans, ou me disait que je lui ressemblais beau-
« coup. Si VOUS VOUS rappelez ma physionomie, « VOUS devez pouvoir en juger. G. B. ^ »
Que répondit Bonaparte? Lucien ne le dit pas.
Les événements marchaient. Le 18 fructidor venait d'avoir lieu. Lucien, plus agité que jamais, s'était fait nommer député aux Cinq-Cents. Par quel procédé ? Il est assez difficile de le deviner. Né en 1775, il n'avait que vingt-deux ans; or, il en fallait vingt-cinq pour être éligible. Se servit-il de ce fameux acte de naissance, à l'aide duquel il s'était marié à Saint- Maximin? Tout est possible de la part des membres de cette famille.
Mais cette cause d'inéligibilité n'était pas la seule. Lucien Bonaparte et son frère Joseph se trou* vaient quelque peu accusés de complicité de baraterie.
Un bâtiment, naviguant sous pavillon marocain, avait été pris près des côtes de Toscane par un corsaire Corse, le Patriote,Les matelots avaient été tués, la prise vendue cent quatre-vingt mille francs et répartie entre les armateurs, dont les deux Bonaparte. Pour légitimer la prise, il avait fallu déclarer forban le bâtiment marocain, puisque cette puissance n'était pas en guerre avec la France. A cet effet, on avait dû produire des pièces et des témoignages fictifs devant le tribunal d'Ajaccio. Il y eut même jugement, et, pour expliquer toute l'aff'aire, le directeur du service maritime de correspondance entre la France et la Corse, le citoyen Sapey, dut fournir au Conseil des explications plus ou moins satisfaisantes. Toujours est-il que l'élection de Lucien fut validée, et que dans