Devenu bibliothécaire à la Malmai«o
3. Ami de Danton, confident de Salicetti dans les affaires du !•' prairial, secrétaire de Bonaparte, en 1796.
fesseur de mathématiques ; Dupré, maître d'écriture ; Daboral, maître d'écriture ; Pichegru *, surveillant et répétiteur ; Hanté et sa femme, concierges.
Bonaparte fut mis en huitième. Il y montra les mêmes qualités d'intelligence et les mêmes défauts de caractère qu'à Autun. Tout dépaysé, au milieu de jeunes gens, de goûts si divers, divisés entre eux par catégories de fortune 'et de position sociale, il reprit vite ses habitudes de solitude et de sauvagerie.
Sans ami, sans appui; sans argent, à des centaines de lieues de sa famille, plus isolé encore qu'à Autun où, du moins, il avait un confident naturel, son frère, Fenfant se replia sur lui-même, vivant d'une existence toute d'imagination, de rêveries et de souvenirs.
Ce fut dans ces dispositions d'esprit qu'il acheva sa première année d'études, ne se doutant guère, le 13 décembre 1779, fête de la sainte Luce, qu'à une autre extrémité de la France se mariait à un brillant capitaine du régiment de la Sarre, au vicomte de Beauharnais, cette Joséphine Tascher de la Pagerie^ destinée à devenir sa femme.
L'année 1780 se passa à peu près tranquille pour les deux exilés. Joseph fit sa sixième, Bonaparte sa septième. Leur père, rentré en Corse, dès la fin de mai 1779, avait ressenti les premières atteintes du mal qui devait l'emporter. Toujours en course, acca-
1. Pichegru^ le futur général en chef. Parmi les élèves qui aC trouvèrent en rapport avec le jeune Bonaparte, et qui eurerti plus tard quelque notoriété, on est en droit de citer : Fauvelet dfe Bourrienne, Gudin, Pougin des Ilets, Montarby de Dampierre, de Comminges, de Gastries, Laugier de Bellecourt, Desmazy, Phélippeaux, tué à Saint-Jean d'Acre, Lelieur de Ville-sur-Arce, émigré, qui rencontre Bonaparte à Bàle, en 1797.
%, Mss. Voir pièces à l'appui.
blé d*affaires, formant des projets plus grandioses les uns que les autres, il ne voyait rien lui réussir. Et la famille augmentait toujours. Le 20 octobre 1780 \ madame Lœtitia lui avait donné un nouvel enfant, Paula-Maria Bonaparte (la future belle Paulette de Préron et de Leclerc).
L'année suivante, le S avril, Bonaparte écrivait* :
« Mon père,
<c Si vous ou mes protecteurs ne me donnent pas les moyens de me soutenir plus honorablement dans la maison où je suis, rappelez-moi près de vous, et sur-le-champ. Je suis las d'afficher l'indigence, et d'y voir sourire d'insolents écoliers, qui n'ont que leur fortune au-dessus de moi, car il n'en est pas un qui ne soit à cent piques audessous des nobles sentiments qui m'animent. Eh quoi I monsieur, votre fils serait continuellement le plastron de quelques paltoquets qui, fiers des douceurs qu'ils se donnent, insultent en souriant aux privations que j'éprouve! Non, mon père, non. Si la fortune se refuse absolument à l'amélioration de mon sort, arrachez-moi de Brienne, donnez-moi, s'il le faut, un état mécanique. A ces offres, jugez de mon désespoir. Cette lettre, veuillez le croire, n'est point dictée par le vain désir de me livrer à des amusements dispendieux; je n'en suis pas du tout épris. J'éprouve seulement le besoin de montrer que j'ai les moyens de me les procurer comme mes compagnons d'étude.
« Votre respectueux et affectionné ûls.
a BUONAFARTB. w