‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799: d'après les documents inéditsChapitre 41 sur 144 · Des Mazîs^ né à Strasbourg, le 6 septembre · texte numérisé non relu

Des Mazîs^ né à Strasbourg, le 6 septembre

Il était entré en 1783 et venait de l'École de'Rebais. 11 avait une place gratuite. D'une famille noble de Beauce, son père était ancien colonel d'artillerie et neveu d'un inspecteur général de ce corps. Son frère, Gabriel Des Mazis, né en 1755 était entrédans l'artillerie en 1771.

nages que MM. de Rohan^Guéménée, de Marcillac^ de Forbin, de Cheler, de Gastelpers, de Chastenet de Puységur, de Loyne d'Autroche,^ de Saporta, de Montmorency-Laval, etc. ^ Ce fut probablement sous rinfluence de ces sentiments qu'il rédigea an mémoire* sur le luxe inutile des écoles miliiaires? D'après lui « les élèves du roi, tous pauvres « gehtilhommes, ne pouvaient puiser dans l'école, « au lieu des qualités du cœur, que l'amour des senti timents de suffisance et de vanité, tels qu'en « regagnant leurs pénates, loin de partager avec « plaisir' la modique aisance de leur famille, ils rou- « giraient peut-être des auteurs de leurs jours et « dédaigneraient leur modeste manoir. Au lieu d'en- « tretenir un nombreux domestique autour de ces. « élèves, de leur donner journellement des repas à « plusieurs services, de faire parade d'un manège « très coûteux, tant pour les chevaux que pour les^ « écuyers, ne vaudrait-il pas mieux, sans toutefois^ « interrompre le cours de leurs études, les astreindra « à se suffire à eux-mêmes, c'est-à-dire, moins leur <€ petite cuisine, qu'ils ne feraient pas, leur faire « manger du pain de munition ou d'un qui en appro- « cherait; les habituer à battre, brosser leurs habits^ « à nettoyer leurs souliers et leurs bottes, etc. Puis- « qu'ils sont loin d'être riches et que tous sont desti- < nés au service militaire, n'est-ce pas la seule et « véritable éducation qu'il faudrait leur donner?

1. Voir aux pièces à l'appui la liste des élèves qui se sont trouvés à l'École militaire en même temps que Bonaparte.

2. Des extraits de ce mémoire ont été donnés par MM. Bouiv rienne et Libri.

De Coston, t. I, p. 62, 63, etc.

« Assujettis à une vie sobre, à soigner leur tenue, ils « en deviendraient plus robustes, sauraient braver les « intempéries des saisons, supporter avec courage les « fatigues de la guerre et inspirer le respect et un dé- « vouement aveugle aux soldats qui seraient sous « leurs ordres. »

Dans le fait, Bonaparte avait le droit d'être triste. Les nouvelles d'Ajaccio étaient mauvaises. La famille, déjà si nombreuse, s'était encore accrue d'un nouvel enfant, Jérôme né le 15 novembre 1784'. Les diffî- <îultés que rencontrait son père de la part de l'administration, et particulièrement de l'économe séquestre, M. Souiris, pour l'expertise des biens composant la succession Odone, allaient croissant. A bout de patience et pour en finir, Charles se décida à faire de nouveau le voyage de Paris. Joseph, d'ailleurs, devait entrer à Brienne ; il aurait même dû s'y trouver lors de l'ouverture des cours. La maladie du père l'en avait empêché, et, quand ce dernier, profitant d'un semblant d'amélioration dans son état, se mit en route, il était trop tard. Pendant la traversée, Charles eut une rechute grave et, aussitôt débarqué, dut se faire conduire à Montpellier pour réclamer les soins de deux médecins célèbres, MM. Farjon et Lamure. Dans cette ville, d'ailleurs, il n'était pas isolé. Il y retrouvait une amie d'enfance, madame Permon, néeComnène, dont le mari venait de faire une fortune rapide dans l'entreprise des subsistances de l'armée de M. de Rochambeau ^.

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