‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799: d'après les documents inéditsChapitre 43 sur 144 · Voir pièces à l'appui. Mss. Archives nationales · texte numérisé non relu

Voir pièces à l'appui. Mss. Archives nationales

3. Mss. Archives de la guerre. — Voir aux pièces à l'appui l'acte de décès et le procès-verbal d'autopsie.

Cliarles fut inhumé dans la chapelle de la communauté de rObservunce. Au rétablissement du culte^ cette chapelle fut donnée aux protestants. Aujourd'hui, une imprimerie y est installée. Depuis lors, le corps de Charles Bonaparte a été trans^ féré à Saint-Leu.

Charles Bonaparte vis-à-vis des conquérants de son pays, quelque peu d'ordre qu'il eût eu dans ses affaires, il n'en, avait pas moins montré une grande ténacité pour améliorer le sort des siens. Evidemment, le point de vue sous lequel il s'était placé pour arriver à la fortune pouvait paraître faux. Il s'était fait l*humble serviteur des puissants du jour et des ennemis de sa patrie. Il avait rêvé de donner à ses enfants une position et une éducation qui n'étaient pas en rapport avec leur situation de fortune. Il n'avait réussi qu'à en faire des incompris et des aigris.

Pour Joseph, cette mort ruinait tous ses projets, il retourna avec Fesch à Aix où il passa quelques jours chez les Isoard^. D'Aix, il alla rejoindre sa mère. Beaucoup d'affaires ébauchées restaient à régler. Napoléon était à l'École Militaire, Élisa à St-Gyr, Lucien à Brienne, et madame Lœtitia se trouvait seule à Ajaccio avec quatre enfants, Louis, Pauline, Caroline et Jérôme, âgé de trois mois. En sa qualité de seul garçon en âge de raison et libre, Joseph se voyait dans l'obligation de prendre en main la conduite de la maison et de chercher à se créer une situation. En attendant qu'il l'obtînt, le grand-oncle, l'archidiacre Lucien fut nommé tuteur par tous les membres de la famille '.

Bonaparte ressentit vivement la perte qu'il venalB

1. Isoard (Joachim Jean Xavier d') né à Aix, le 23 octobre 1766, nnort à Paris le 8 octobre 1839 ; placé au séminaire d'Aix, rejoi* gnit le comte de Provence à Vérone en 1792, rentra en 1795, fit partie des bandes royalistes, se sauva après le 18 fructidor, ren^ tra après brumaire, nommé auditeur de rote en 1803, cardinal le 25 juin 1827, pair de France le 24 janvier 1839, succéda à soa ami Fesch, le U juin 1839.

de faire. Ses lettres à rarchidiacre < et à sa mèie sont très dignes.

Paris, le S 9 mars 1785.

« Ma CHéRE MÈRE,

« C'est aujourd'hui que le temps a un peu calmé les premiers transports de ma douleur, que je m'empresse de vous témoigner la reconnaissance que m'inspirent les bontés que vous avez toujours eues pour nous. Consolezvous ma chère mère, les circonstances l'exigent. Nous redoublerons nos soins et notre reconnaissance, et heureux si nous pouvons, par notre obéissance, vous dédommager un peu de l'inestimable perte d'un époux chéri. Je termine, ma chère mère ; ma douleur me l'ordonne, en vous priant de calmer la vôtre. Ma santé est parfaite, et je prie tous les jours que le ciel vous en gratifie d'une semblable. Présentez mes respects à Zia Geltrude, Minana Saveria, Minana Fesch, etc.

« P. S. La reine de France est accouchée d'un prince, nommé le duc de Normandie, le 27 de mars, à 7 heures du soir.

Votre très humble et affectionné fils,

NAPOLEONE de BUON APARTE. »

Cette idée de songer à la naissance du duc de Normandie est bizarre. Il ne pensait alors qu'à la Corse, dont il étudiait Thistoire avec une ardeur fébrile. Le reste du temps, il l'employait à lire et à relire les ouvrages de Jean-Jacques. Solitaire comme le philosophe genevois, il voyait en noir cette société française, qui se présentait si mal à lui sous l'aspect de ces cade^, fils de famille, insultant à sa misère par leurs propos et leur dédain. Ce fut alors qu'il adressa

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