Mss. Voir pièces à Tappui
à son ancien principal de Brienne, le Père Berton, un nouveau mémoire sur l'éducation des jeunes Maniotes, dont il proposait l'imitation, pour corriger les principes relâchés admis dans les écoles militaires françaises. Ce travail était destiné au ministre de la guerre. Le Père Berton lui conseilla le silence. En effet, qu'eût répondu le comte de Ségur, maréchal de France et ministre, à ce cadet de quinze ans? A tout prendre, ces essais dénotaient chez leur auteur l'observation et la comparaison, qualités d'un ordre élevé, nécessaires à ceux qui sont appelés à diriger leurs concitoyens. Il est vrai que, développées dans un tel milieu hétérogène, ces mêmes qualités devaient se fausser et faire naître chez lui des sentiments haineux et non l'idée d'une émulation loyale.
Bonaparte avait pourtant les moyens de se distraire de ses prétendus chagrins. Il allait voir, quai Conli, la belle madame Permon. A Versailles, il était reçu chez M. de Marbeuf, l'évêque d'Autun^ A Saint-Gyr, il retrouvait sa jeune sœur qu'il affectionnait fort.
Élisa était tout son portrait; même décision, même regard perçant, même caractère entier et susceptible et tout aussi peu de dispositions pour l'étude de la langue française. En un mot, trop Corse pour se prêter à la discipline étroite imposée par la méthodique fondatrice, madame de Maintenon, elle fut toujours une élève médiocre, incapable de prétendre au droit de porter le ruban couleur de Jeu ',
1. M. de Marbeuf habitait aussi le palais abbatial de Saint- Germain -des-Prés.