Mss. Ardiives de la guerre
% Mss. Bladame Bonaparte à rintendant, 19 novembre 1788,
Et de quel ton? Dans quel style? Cette fois, il n'y a plus de monseigneur, plus d'obséquiosité. On sent que la révolution est proche, que Tannée 1789 est là, avec son terrible inconnu du lendemain.
« Monsieur, dit-il, pardonnez si jusqu*au centre des « plaisirs^ je viens vous importuner de mes affaires. « Depuis trois ans que Ton nous a promis des indem- « nités pour cause de la résiliation de notre contrat « d'établissement d'une pépinière de meurters^ depuis « trois ans que le procès-verbal en a été dressé et que « vous avez eu la bonté de l'envoyer à la cour, nous « nen attandons cependant pas parler.
« Ce retardement produit le tord le plus éminant à « nos affaires que cet entreprise a beaucoup déi^engé... « vous êtes convenu de la justice de nos prétentions « et je solicite aujourd'hui votre bonté enfin que « comme protecteur de la justice vous daigniez voua « la faire rendre.
« Vous savez. Monsieur, que l'année dernière nous « n'avons délivré que quatre à cinq mille arbres tan- « dis que nous en avions dix mille bon à être transit plantés» Cette année nous n'en avons délivré que « quelque centaine et cependant le roi devait encore « en prendre dix mille cela fait de cultivation qui « nous ruine et je ne puis vous discimuler que la « pépinière est aujourd'hui dans le plus mauvais « ordre.
« Il faut cependant prendre un parti et il n'est pas « juste que nous en soyons encore la victime... J'en-- « tend la réponse que vous me ferez l'honneur de me « faire et tout aussitôt je prendrai mes mesures en « concéquence... Il faut bien jouer le tout ou rien lors- « qu'il n'y a pas d'autre parti à prendre.
« Je suis charmé que cette circonstance me procure « l'occasion de me renouveller à votre souvenir^. »
Fort heureusement pour Bonaparte, M. de la Guillaumye prit, comme la fois précédente, cette mercuriale en bonne part. Il se contenta de répondre à ce lieutenant de dix-neuf ans, si mal élevé et si hardi :
« Les plaisirs au centre desquels vous voulez bien « me placer n'étant que les affaires de ma généralité, « j'y ferai volontiers entrer celui de solliciter pour « vous une décision auprès du ministre. »
L'affaire en resta là. Les événements marchaient avec une rapidité foudroyante. Tous les esprits étaient préoccupés de la prochaine réunion des États généraux. Cette émotion gagnait la province et l'armée. Des germes d'indiscipline se manifestaient dans les garnisons. A Avesnes, le 7 février, les hommes du régiment Royal-Liégeois s'étaient mutinés, à propos de l'interdiction que leur avait faite le lieutenantrcolonel, M. de Sauve, de sortir de la ville, pour se promener. Le colonel dut céder. Ce n'était que le début.
A Seurre, une émeute grave venait également d'éclater. Elle avait été occasionnée par l'annonce d'achats considérables de blés faits à Gray par les sieurs Gayet et Morlot, de Lyon, On cria à Taccaparement. Les deux négociants furent tués par la populace. A cette nouvelle, le gouverneur de la province*, M. le marquis de Gouverne t, fit partir une compagnie du régiment de la Fère. En l'absence du capitaine de Coquebert et du lieutenant en premier, M. fiennet de