AVANT-PROPOS
peuple a vn son territoire trois fois^ envahi, ses frontières successivement réduites à la suite de désastres pareils à ceux de Waterloo, de Sedan et de Metz, il a le droit et le devoir de rechercher, sans parti pris, si, de l'apparition de ces catastrophes surgissant chaque fois au bout de la même période de temps, quinze années environ après les coups d'État de Brumaire et de Décembre qu'exécutèrent les hommes d'une même famille obéissant aux mêmes instincts, adoptant les mêmes formules, il n'y a pas quelque grande loi d'instabilité à déduire.
Au point de vue de l'évolution historique et de la science sociale dont elle est la synthèse, il importe, nous l'avons dit, de ne pas se laisser séduire par ces remarquables individualité, dans l'histoire desquelles les panégyristes prétendent résumer certaines périodes de la vie des peuples, pour la plus grande commodité de la mémoire des écoliers. Il n'est pas admissible que cet homme extraordinaire puisse représenter toute une époque et qu'à l'image du siècle de Louis XIV et de celui de Voltaire, on dise le siècle de Napoléon? Si étonnant que Bonaparte ait été, il restera comme noyé dans un ensemble d'événements autrement grandioses, dans cette Eévolution dont il n'aura été que l'émanation morbide et qu'un produit anormal.
Or, il en est de l'étude de ces météores humains comme de ceux qui traversent l'espace ; il est nécessaire d'examiner les conditions de leur réapparition possible. Et ces conditions, si l'on veut les appré-