‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799: d'après les documents inéditsChapitre 84 sur 144 · Uttre de Bonaparte à M. de Buttafaoco, 23 janvier · texte numérisé non relu

Uttre de Bonaparte à M. de Buttafaoco, 23 janvier

f2H BONAPARTE EN CORSE.

de Paris, Je gouverneur, M. le général de Barrin prétendit s'opposer à cette formation ainsi qu'à toute réunion d'hommes en armes. Ce fut le signal d'une lutte qui dura deux jours et qui se termina par le triomphe des indigènes. Le chef de la révolte était un ancien compagnon de Paoli, M. Achille Murati « le conqué- « rant de Capraja, qui porta la désolation jusque a dans Gènes, a dit Bonaparte, et à qui il ne manqua « pour être un Turenne que des circonstances et un « théâtre plus vaste ^ »

C'était, pour ainsi dire, au bruit de la protestation de Bonaparte et de ses amis qu'on avait pris les armes à Bastia. La veille du mouvement, l'adresse des Ajacciens était parvenue à Murati.

Cette fois, il ne s'agissait plus de contresigner une requête, il fallait expliquer les causes du conflit sanglant qui venait d'éclater. Les patriotes de Bastia décidèrent l'envoi à Paris de plusieurs de leurs concitoyens . pour remettre à leurs commettants le manifeste d'Ajaccio et le mémoire justificatif des événements de Bastia et de l'Ile-Rousse. Trois des nouveaux capitaines de la garde nationale, MM. Jean-Baptiste Galeazzani, Paul Murati et Jean- Baptiste Quesco, furent chargés de cette mission. Ils arrivèrent à Paris le 20 novembre.

Le gouvernement français se trouvait alors assez embarrassé de la conduite à tenir vis-à-vis de sa récente conquête. A l'annonce des mouvements survenus dans l'île, la sérénissime République de Gênes avait paru manifester la crainte de voir la France impuissante à conserver sa nouvelle province, et l'An-

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