Mss. Archives étrangères. Dépêche du 18 juin
« la guerre, écrit un agent diplomatique étranger*..,
« Le peuple, à Turin, crainl les troupes autricî chiennes. Ces dernières font des patrouilles pour « dissiper toutes les assemblées de trois ou quatre « personnes. Beaucoup d'espions de toutes qualités « courent les cafés et guinguettes, promenades et « traiteurs. On enferme tous les jours des habitants, « dont on n'entend plus parler. Les bons n'osent plus « se montrer. Les paysans des campagnes, malgré « les sermons des prêtres contre les Français, témoi- « gnent de Timpatience de leur esclavage et de leur (( misère.
« Il y a une désertion continuelle dans les troupes « autrichiennes et piémontaises. Les officiers ne sont « pas payés. »
Un autre ajoute : « Le Piémont offre le tableau le « plus pitoyable ; les campagnes sont presque aban- « données par les cultivateurs, que l'impossibilité « de payer leurs loyers et les impôts met au désce espoir.
« Les nobles, assujettis à des taxes qui leur étaient « inconnues, qui s'étendent jusque sur leurs domes- « tiques et les privent non seulement de leur luxe, « mais de leur aisance, désirent presqu'aussi sincè- « rement que le peuple l-a venue des Français.
« Le gouvernement, soupçonneux, fait arrêter « chaque, jour des personnes de toutes les classes. « Les forteresses et les prisons ordinaires regorgent « de victimes. Les troupes, mal vêtues, mal payées, t< sont dans un état déplorable. Le régiment de Sar- « daigne a plus d'une fois manqué de pain. Les dé-