Le 23 août, il y eut encore huit exécutions à Marseille
2. CharHer (Marc-Antoine), né en 1753 à Nabinals (Gévaudan), fils d'un notaire de Mende, officier dans Bourbonnais, député en 1789, chef du mouvement de la Lozère, décrété d'accusation, battit les républicains à Marvejols et à Mende. Pris et condamné à mort le 16 août 1793, exécuté le 17 à Rhodez.
♦^-Lée dès le 24 avril et, dans la nuit du 7 au 8 juin, à une date, où Ton était dans l'impossibilité absolue d "avoir des nouvelles de la séance du 2 juin, des flélégués de Lyon, de Bordeatix, de Nîmes, de Nantes el de plusieurs autres villes, ainsi que des émissaires rovalistes venus de Gênes et de Barcelone se réunissaient au siège du comité central marseillais. Dans cette séance solennelle, on décidait que chaque département dû centre enverrait un bataillon à Bourges. Les bataillons de Marseille, de Nîmes, de Montpellier et des Basses- Alpes devaient remonter le Rh^ne pour y donner la main aux révoltés de Lyon. Le but de la réunion de Bourges n'était pas bien défini. « C'était, « disait le comité,' pour y prendre telle mesure qu'exi- « géraient les circonstances. » En réalité, l'objectif général restait à Paris, où Ton comptait arriver de tous les côtés à la fois, de manière à prêter mainforte aux mécontents de la grande ville, aux déserteurs ainsi qu'aux troupes coalisées.
En attendant, le comité marseillais expédiait à Gênes deux de ses agents, MM. Pierre Laugier et Vance, pour y prendre les mesures nécessaires en vue de l'accaparement des grains. MM. Regny, de Lyon, chargés d'achats de blés pour le compte du gouvernement français, demeuraient alors à Gênes. Ils y avaient pour associés MM. Gravina et Fravega, et pour agents MM. Traversio et Giustinani. En relations avec Drauzon, directeur des vivres de Toulon, Inez, l'inspecteur des approvisionnements, ainsi qu'avec MM. Cezan, Samatan et Abeille de Marseille, ils servaient d'intermédiaires aux chefs de l'émigration et aux Anglais. Cette entente, M. de Nailhac, l'ancien chargé d'affaires ne l'avait pas connue, ou, s'il l'avait connue,
ne rayait pas signalée. Tilly plus clairvoyant en fit part au ministre Desforgues. Celui-ci prévint son collègue de l'intérieur, Garat.
a J'ai lu avec attention, mon cher collègue, répoi:id « ce dernier, la lettre que le citoyen Tilly vous a « écrite de Gênes... J'ai également examiné les pièces « qui y étaient jointes. Je n'ai remarqué dans tout ce « que dit le citoyen Tilly qu'une suite de sa préven- « tion et des assertions que rien ne justifie. Il parait « qu'on a cherché depuis quelque temps à lui donner « des impressions défavorables sur la maison Regny « qui est chargée des achats de grains que je fais faire « en Italie pour le compte de la nation, mais cette « maison qui a donné des preuves de civisme et d'at- « tachement à la Révolution, ne pourrait être privée « de ma confiance que s'il était démontré qu'elle ne « doit plus la mériter.
« Quant aux soupçons que le citoyen Tilly annonce « lui avoir été donnés sur la pureté de mes bureaux, « je ne dois les considérer que comme l'eff'et d'une « malveillance gratuite de la part de ceux qui les lui « ont suggérés ^.. » Or, Tilly n'avait que trop raison. A. quelque temps de là, la tartane Notre-Dame de la Garde ^^ de Marseille, arrivait à Gènes sous pavillon anglais. Prévenu du fait, Tilly fit faire à bord une perquisition. On y saisit des papiers importants, entre autres, une passe de l'amiral anglais, ainsi qu'une lettre de Cezan à ses frères, alors en résidence à Gènes : a Mes chers frères, je suis parti de Marseille le