‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 117 sur 190 · Mss. Archives de la guerre. Dépêche du 29 août · texte numérisé non relu

Mss. Archives de la guerre. Dépêche du 29 août

9. Mss. Archives de !a guerre. Dépêche du S9 août 1793, datée

de Gotignac, près Brignoles.

ANNÉE 1793. tnQ

« Révolution. Le temps de Findulgence est passé. Il m faut guillotiner ou s'attendre à Tétre.

« Notre avant-garde occupe La Vallette; le quar- « tier général est à SoUiès.

« ... La grande inquiétude, c'est le sort réservé « par les Anglais au port de Toulon. Notre escadre « est perdue. Nos arsenaux, les plus beaux de la « République seront la proie des flammes. Ce sera « une perte incalculable, c'est TrogofiF, le contrent amiral, qui a été Tâme de cette insigne trahison « avec le général Brunet. Frappez donc aussitôt ces « têtes coupables.,. »

La même vigueur se manifestait partout. C'était le 27 que les troupes avaient quitté Marseille; le 29, Tavant^garde, conduite par Mouret, occupait Olioulles. A peine installée, elle fut repoussée par des forces supérieures, composées d'Anglais et d'Espagnols ^. L'échec était sérieux. Olioulles a une réelle importance militaire. Située sur la rive droite de la Reppe, à cheval sur la route de Marseille à Toulon, elle commande également les communications vers la Seyne et le petit Gibraltar. La reprise immédiate de ce point fut donc décidée en conseil* et les troupes, concentrées dans ce but au Beausset. Le 7 septembre,

1. La colonne alliéeétâît sous les ordres du capitaine Ëlphinston. Le capitaine Montelro commandait les Espagnols, le capitaine Montcrif les Anglais. Les alliés eurent dans cette affaire un officier et trois soldats tués, un sergent et douze hommes blessés.

2. 11 y eut un conseil de guerre auc[uel assistèrent les représentants. Le 6 septembre, Barras écrivait de Marseille à Robespierre Taîné : « Je suis à Marseille avec Fréron, depuis le 3. « Je pars le 7 pour les postes de la gauche et de là à Nice. Ricord « et Robespierre doivent être à Nice. »

Le 13 septeivbre, ils s'y trouvaient tous.

Tattaque eut lieu. Les alliés ne tinrent pas. « Cette

« Journée n'a coûté qu'un homme à la liberté, écrit

« Albitte, deux ont été blessés, et de ce nombre est

« le chef d'artillerie Dommartin. Une balle Ta atteint

« au moment où il pointait une pièce de huit qui

« faisait un grand ravage au milieu des ennemis.

c< Nous étions à ses côtés, et en tombant il n'a poussé

« qu'un cri, celui de Vive la Républiquel Au même

(c instant nous Tavons promu au grade de chef de

« brigade. Nous espérons que le conseil exécutif

« s'empressera de lui en expédier le brevet, d'autant

« plus que c'est un sujet distingué et rempli de

« talents ^ »

Réglementairement, Perrier *, le capitaine en second

de Dommartin eût dû prendre la place de son chef hiérarchique. Il n'en fut rien. Perrier n'était pas là;

ce fut Bonaparte qu'on nomma. Salicetti et Gasparin tenaient leur promesse. En agissant ainsi, ils répondaient au désir même du ministre qui venait d'écrire à Robespierre, à propos de la demande de Bonaparte d'aller à l'armée du Rhin : « Voiez (sic) le « citoyen Buonaparte. Sa proposition est celle d*un « patriote. S'il a des moyens, profitez-en pour l'avan- « cer. » Sur ce point, le doute est impossible. Le 20 vendémiaire, Gasparin et Salicetti écrivaient au Comité de Salut public : «... Vous verrez par la lettre « que nous adressait hier le citoyen Buonaparte, « capitaine d'artillerie qui était destiné pour l'armée

1. Doynmartin fut confirmé dans son grade de chef de brigade, le 23 septembre 1793; le chef de brigade du 59«, Pellapra fut fait général de brigade, le môme jour. Mss. Archives de la guerre.

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