‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 136 sur 190 · Mss. Archives étrangères · texte numérisé non relu

Mss. Archives étrangères

M qui sort du port. Nous avons fait porter des fonds « à Tilly, mais nous sommes inquiets, nous craignons « qu'il ne les reçoive pas... » Il ajoutait le lendemain : « •.. Vous jugerez probablement que nous ne « devons plus négocier longuement et tortueuse- « ment avec la finesse italienne. Mettez tout votre « zèle et vos lumières à conduire les affaires génoises « à un terme beureux et prompt. Vous presserez le « ministre de la guerre pour qu'il tourne toute son « attention de ce côté. Si nous avions dix mille « hommes, nous serions à Turin ou à Gènes en « moins de trois semaines. »

Malbeureusement Toulon n'était pas pris, Lyon venait seulement d'être reconquis. Ministre et Comité se trouvaient peu en mesure de faire une pareille démonstration. Et pourtant ces griefs n'étaient pas les seuls. Des plaintes nombreuses avaient eu lieu contre le chargé d'affaires de Gênes, à Paris, M. Mazzucone. On le soupçonnait fort d'avoir été pour quelque chose, avec son collègue de Venise, dans l'envoi des rensei-* gnements qui avaient permis l'enlèvement des agents diplomatiques français, Sémonville,Maret^,Montgueroult et celui de leurs familles *.

Il est vrai que femmes, enfants et soubrettes avaient

1. Hugues-Bernard Marety duc de Bassano^ Dijon, 1763-1839. Fonda en 1789 le Bulletin de V Assemblée nationale; en 1790, à Bruxelles; en 1792, à Londres; rentré en décembre, il repartit pour Londres le 22 janvier 1793; expulsé le 5 février; arrêté, mis en liberté en 1795; secrétaire d'État en 1804, ministre des affaires étrangères, 17 avril 1811; exilé en 1815, rentré en 1820 ; ministre après 1830.

2. Le 31 juillet. Clément de Campon, ambassadeur d'Espagne, à Venise, écrivait au duc d'Âlcinda, ministre à Madrid :

«... J'ai déjà rendu compte à V. E. de la liberté que je pris « d'instruire les inquisiteurs d'État du voyage de M. de Sémon-

été mis en liberté, mais ministres, secrétaires et domestiques furent enfermés et, les diamants, confisqués par le gouverneur du Milanais, Tarchiduc Ferdinand. Quoi qu'il en fût de l'impuissance momentanée de l'armée d'Italie, les déclarations énergiques de Tilly et de Robespierre avaient produit plus d'effet que toutes les notes doucereuses des précédents agents. Le représentant de l'Angleterre, Drake, tenta vainement d'intimider le gouvernement génois. Entre la France et l'Angleterre, le Conseil exécutif n'osa pas hésiter. Le 9 novembre 1793, le ministre plénipotentiaire de Sa Majesté britannique écrivait au petit Conseil ^ : « Il s'agit de savoir si la République de Gênes « veut ou ne veut pas renvoyer de ses États le nommé <c Tilly et tous les autres agents ou suppôts de la « Convention soit-disant nationale,... et la remise « des propriétés de la France à Gênes... sinon le blo- « eus aura lieu et la destruction du commerce de « Gênes sera complète. » Le H, Drake et ses vaisseaux n'en durent pas moins partir, emmenant avec eux

« ville : cet homme ni ses compagnons n*ont pas encore paru. « Il a dû leur être enjoint, dans quelques autres villes de l'État, « de rétrograder, d'après les ordres rigoureux qui avaient été « donnés à cet effet aux divers podestats. Je viens d*être instruit « qull porte avec lui deux millions de diamants qui furent volés « au garde-meuble de la couronne. Le général Salis qui en est « informé, et qui a beaucoup d'influence dans la Valteline, en a « donné avis à plusieurs de nos affidés, en leur indiquant cer- « tains défilés où ils pourront rencontrer ce mauvais sujet et « lui enlever ses papiers et ses diamants.

« L'archiduc de Milan fait, de son côté, tout ce qu'il peut pour « faire réussir ce projet... »

Les agents français furent arrêtés sur le territoire des Grisous, près de Chiavenna, par une troupe de burlendotti^ commandés par un sieur Pozzi, chancelier de l'administration lombarde,

Page 1