‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 165 sur 190 · PIECE N* I · texte numérisé non relu

PIECE N* I

Rapport fait m nam du Comité militaire, par M. Albxândrb Lameth, et DÉCRET nir ^avancement dan$ tétat -major de Varmée.

18 noTembre 1790.

L'utilité et la nécessité de cette classe d'officiers est reconnue ; mais la faveur influait tellement sur leur composition, la justice envers les militaires et l'avantage du service y étaient si peu consultés, que ces places, devenues odieuses au reste de l'armée, perdaient encore en partie leur utilité par l'arbitraire des choix. C'était enfin dans l'état-major de Tannée que s'exerçait principalement l'abus de la faveur. L'état-major, en dehors de la ligne, n'était point assujetti à ses lois, ne formait point corps avec elle et avait une marche particulière d'avancement.

Il faut maiatenant que l'on ne connaisse plus autre chose que la ligne ; qu'elle soit ce qu'elle doit être, c'està-dire l'armée tout entière ; que les adjudants généraux et les aides de camp eu soient immédiatemeat tirés et

ne puissent acquérir de grade qu'en y entrant; que les généraux eux-mêmes y aient tous leurs places marquées.

Les places d'adjudants généraux, par la nature de leur service, ne peuvent être assujetties qu'au choix; mais ce choix sera assujetti aux mêmes lois que pour les autres grades militaires ; il n'altérera pas la proportion déjà établie dans les règles de l'avancement, et donnera au roi uq moyen de concourir à la perfection du service. II ne pourra avoir lieu que sur des sujets qui, admis comme tous le seront à l'avenir, à travers l'épreuve d'un examea sévère, seront parvenus, par la seule ancienneté, au grade de capitaine. Il sera borné, pour les adjudants généraux et les aides de camp réunis, au tiers de la totalité dea places ; enûn, ces officiers sortis de la ligne pour s'exercer dans des fonctions d'un autre genre, y rentrei'ont immédiatement et nn pourront y acquérir un nouveau grade, soit par V ancienneté, soit par le choix, quen reprenant le commandement des troupes.

Grâce à ces dispositions, les officiers qui obtiendront des places d'adjudants généraux auront été, comme tous les officiers de l'armée, admis par des examens qui constateront leur capacité ; ils auront acquis, dans les grades de sous-lieutenants, lieutenants et capitaines, la connaissance du service et des évolutions militaires. Entrés dans rétat-major de l'armée, ils auront puisé de nouvelles études et, dans une carrière plus vaste, des connaissances plus étendues. Appelés sans cesse auprès des généraux pour concerter avec eux les plus grands mouvements des troupes et les seconder dans l'exécution ; chargés de reconnaître des terrains, des positions, de s'assurer des avantages ou des inconvénients qu'ils présentent pour l'attaque, comme pour la défense; employés à reconnaître des postes, des camps, des champs de bataille, à étudier toutes les évolutions pour les marches d'armées, la protection des convois, l'investissement des places, les four-

PIECES A L'APPUI. un

rages, les cantonnements, enfin toutes les opérations de guerre, ils acquerront cet ensemble de connaissances et de talents qui constitue la science du généra]

Après avoir passé quelques années dans l'exercice de ces fonctions importantes, ils seront rappelés, soit par le choix du roi, soit par leur tour d'ancienneté, au commandement d'un régiment; ils parriendront de là au grade d'orficiers généraux.

De tels généraux pourront se flatter d*ètre capables de commander des troupes à la guerre, aucune partie du service ne leur étant étrangère, et ils auront acquis un ensemble de lumières qu'on n'a pu obtenir jusqu'à présent et qu'aucun officier dans les armées étrangères n'est à portée d'acquérir.

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