Journal militaire. Lettre de M. de Bouille
5i ÉTAT DE L'ARMÉE FRANÇAISE.
« mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assem- « blée nationale, et j'y serai fidèle : je ne crains pas <c que Ton provoque avec succès des doutes sur la « sûreté de mes démarches, et il me suffit d'être « intimement pénétré qu'elles ont eu et qu'elles au- « ront toujours pour base, mon attachement et mon « obéissance aux lois. »
A Belfort, le 21 octobre, à la suite d'un repas de corps, les officiers du Royal-Liégeois et des hussards de Lauzun se répandaient dans la ville, un mouchoir blanc au bout de leur épée et aux cris de « Vive le « roil vive les aristocrates I Au diable la nation, la « canaille I » Les soldats ameutés chantaient également le « Ça irai les démocrates à la lanterne et « chaque député l'on pendra 1 » Habitants et membres de la municipalité, arrêtés et insultés, étaient forcés de pousser les mêmes cris^.
Décrétés d'accusation par l'Assemblée, la plupart des officiers, colonel en tête, se sauvèrent et rejoignirent le duc de Broglie et le prince de Gondé.
A Nantes, au moment de hisser le pavillon tricolore, les cris de « Vive le roil vive la nation I » s'étaient élevés de toutes parts. Seuls, les officiers du régiment de Rohan et leur colonel, M. d'Hervilly*, celui qui devait s'illustrer au service de l'Angleterre, refusèrent de s'associer à cette manifestation. Menacés par la foule, ils ne durent leur salut qu'à l'intervention d'un officier député, M. de Menou.