‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 23 sur 190 · Rapport du comité militaire · texte numérisé non relu

Rapport du comité militaire

2. Louis-Charles, comte dHervilly^ né à Paris en 1755, mort à Londres le 14 novembre 1795, colonel à vingt-sept ans en 1782^ maréchal de camp en 1792, déserteur, blessé m()rtellement à Tallaire de Quiberon.

Partout, dans les garnisons comme sur les bâtiments de guerre, des scènes du môme genre avaient lieu. Quelles en étaient les causes? « Elle est dans la « Révolution, disaient les commissaires du roi^ La « ville de Nancy était, le 14 juillet 1789, par sa situa- « tien politique, bien éloignée des changements qui « se préparaient. Ses habitants avaient presque tous « à regretter ou des privilèges ou des abus. Une no- « blesse nombreuse, un parlement, une chambre des « comptes, d'autres tribunaux en grand nombre, un « bailliage, une chambre des eaux et forêts, une « chambre consulaire, une juridiction prévôtale, une « intendance^ toutes les combinaisons de la fiscalité : « bureau de domaine, bureau des fermes; un cha- « pitre noble, richement doté, un commerce fécondé « par une exception, et pour garnison une troupe « aussi privilégiée que le régiment du Roi, voilà ce qui « peuplait la capitale de la Lorraine d'hommes des- « tinés aux regrets du passé et aux alarmes de Tave- « nir. Le peuple seul n'avait point de privilèges.

« Le régiment du Roi, stationné depuis sept ans à « Nancy, y avait acquis domicile. Officiers et soldats, a tous avaient leurs relations, leurs habitudes ; cette « paix n'était troublée que par les querelles quelque- « fois éclatantes entre les officiers du régiment du « Roi et les habitants.

« Ds se faisaient un jeu d'insulter, de provoquer « pendant le jour, de poursuivre et de battre pendant « la nuit, les jeunes citoyens de Nancy. Ces disposi- « tions ne préparaient pas les esprits à l'égalité éta- « blie par les lois nouvelles. Celles-ci, en frappant

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